Les collectivités territoriales ont consacré 53,4 milliards d’euros au BTP en 2025, soit une hausse de 3 % sur un an. Après ce record, leurs prévisions budgétaires reculent de 8 % en 2026, tandis que le volume de travaux pourrait chuter de 10,8 %.
Selon l’étude du Réseau des CERC publiée en septembre 2026 à partir des données de la DGFiP, les dépenses BTP des collectivités ont atteint un nouveau sommet en 2025. Ce montant, qui couvre la France métropolitaine et les DROM, dépasse de 1,5 milliard d’euros celui de 2024 et de 10 milliards la moyenne annuelle observée depuis 2008.
Une progression réelle limitée à 1,8 %
La hausse de 3 % mesurée en euros courants doit néanmoins être nuancée par l’évolution des coûts de la construction. Après correction de l’effet des prix, les dépenses BTP des collectivités n’ont progressé que de 1,8 % en volume en 2025.
Les dépenses représentent désormais 776 euros par habitant, contre 756 euros en 2024 et une moyenne de 652 euros entre 2008 et 2025. Mais cette moyenne historique équivaudrait à environ 760 euros aux prix de 2025.
Le niveau atteint l’an dernier apparaît donc beaucoup moins exceptionnel une fois l’inflation prise en compte.
Les Travaux publics ont concentré 27,4 milliards d’euros de dépenses, soit 51,2 % du total, avec une progression de 2,2 %. Le Bâtiment a représenté 26 milliards d’euros, soit 48,8 % de la commande publique locale, et affiche une croissance plus soutenue de 3,8 %.
Près de 70 % des dépenses portées par le bloc communal
Les communes restent les premières donneuses d’ordre du BTP territorial. Elles ont assuré 42,4 % des dépenses réalisées en 2025, en hausse de 7 % sur un an. Les groupements à fiscalité propre ont représenté 27 % du total, avec une progression de 8,1 %.
À eux seuls, les communes et les intercommunalités concentrent ainsi 69,4 % de la commande publique locale.
Leur poids explique pourquoi l’évolution de leurs programmes d’investissement influence directement les carnets de commandes des entreprises du Bâtiment et des Travaux publics.
Les autres catégories de collectivités affichent des trajectoires plus contrastées. Les dépenses des régions ont progressé de 0,8 %, tandis que celles des syndicats ont diminué de 1,4 %.
Le recul le plus marqué concerne les départements, dont les dépenses BTP ont chuté de 12,4 % en 2025.
Un retournement attendu en 2026
La dynamique devrait s’inverser en 2026.
Les collectivités ont inscrit 77,6 milliards d’euros de dépenses BTP dans leurs budgets, soit une diminution de 8 % par rapport aux prévisions établies pour 2025.
Ces 77,6 milliards d’euros ne doivent pas être comparés directement aux 53,4 milliards effectivement dépensés en 2025. Le premier chiffre correspond à des crédits budgétaires programmés, alors que le second mesure les dépenses réellement exécutées.
Une partie des travaux inscrits aux budgets peut être reportée, modifiée ou ne pas être réalisée pendant l’exercice.
Le Réseau des CERC évoque « une baisse marquée des prévisions en cette année d’élections municipales ».
Les années de renouvellement des exécutifs locaux sont généralement marquées par l’achèvement des opérations du mandat précédent, puis par une phase d’attente avant le lancement de nouveaux programmes.
Le lien avec le calendrier électoral doit toutefois être interprété avec prudence. L’étude présente la fin du cycle municipal comme un facteur probable du ralentissement, sans lui attribuer à elle seule la totalité de la baisse annoncée.
Les communes réduisent leurs prévisions de 12,6 %
Le retournement attendu provient principalement des communes. Après avoir accru leurs dépenses de 7 % en 2025, celles-ci prévoient de réduire leurs budgets BTP de 12,6 % en 2026.
Les prévisions des régions et des groupements à fiscalité propre reculent chacune de 5,8 %.
Les syndicats anticipent une baisse plus limitée de 3,4 %. Les départements constituent la seule catégorie de maître d’ouvrage à maintenir leurs budgets, avec une légère progression de 0,3 %.
Les deux branches du secteur seront concernées. Les crédits programmés pour le Bâtiment diminuent de 7,3 %, à 39,5 milliards d’euros. Les Travaux publics subissent une contraction plus marquée de 8,6 %, à 38,1 milliards, soit leur niveau prévisionnel le plus faible depuis 2021.
Le volume de travaux pourrait chuter de 10,8 %
La baisse pourrait être encore plus marquée en volume. Après prise en compte de l’évolution des prix, le Réseau des CERC anticipe une chute de 10,8 % du volume de travaux en 2026, qui retrouverait ainsi son plus bas niveau depuis 2015.
Le taux de réalisation des budgets BTP a pourtant progressé à 63,3 % en 2025, avec 61,1 % pour le Bâtiment et 65,5 % pour les Travaux publics. Une part croissante des crédits programmés se transforme donc effectivement en travaux.
Si le taux de 2025 se maintenait, les 77,6 milliards d’euros prévus en 2026 représenteraient environ 49,2 milliards de dépenses effectives, soit 4,2 milliards de moins qu’en 2025. L’étude estime ainsi qu’« il serait très improbable de connaître une hausse effective en 2026 ».
Pour les entreprises, le recul des programmes communaux constitue le principal signal de vigilance.
L’étude inclut les DROM dans son total national, mais ne fournit aucune ventilation pour la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique ou La Réunion. Les effets sur les marchés ultramarins devront donc être évalués à partir des budgets propres à chaque territoire.










