La conjoncture se dégrade dans les travaux publics en France métropolitaine. Entre janvier et juillet 2026, les travaux réalisés ont reculé de 7,4 % en volume et les marchés conclus de 25,5 %, avec des répercussions désormais visibles sur l’emploi.
Selon le bulletin publié le 7 septembre par la Fédération nationale des travaux publics (FNTP), l’activité diminue depuis février. Menée auprès de 2 100 entreprises, l’enquête fait état d’une contraction des travaux, des commandes, des heures travaillées et des effectifs, aggravée par la hausse des coûts de production.
Une activité en baisse depuis février
En juillet 2026, les travaux réalisés diminuent de 1,4 % en valeur par rapport à juillet 2025.
Le recul atteint toutefois 7,2 % en volume, une fois neutralisée l’évolution des prix. L’écart entre les deux indicateurs témoigne du poids croissant des coûts dans les montants facturés par les entreprises.
Entre janvier et juillet 2026, l’activité recule de 3,3 % à prix courants et de 7,4 % à prix constants. La contraction atteint même 8,5 % en volume sur les trois derniers mois comparés à la même période de 2025. Sur douze mois glissants, la diminution s’établit à 4,8 %.
La FNTP juge la baisse cumulée comparable à celle observée en 2022, avec une différence notable : le recul en volume s’accompagne cette fois d’une diminution de l’activité en valeur. La hausse des prix ne suffit donc plus à maintenir le chiffre d’affaires du secteur.
Les marchés conclus chutent de 25,5 %
Les prises de commandes constituent le signal le plus préoccupant du bulletin. Les marchés conclus plongent de 35,5 % en volume en juillet 2026 par rapport à juillet 2025. Le recul atteint 33,8 % sur les trois derniers mois et 25,5 % depuis le début de l’année.
La dégradation est également visible à plus long terme, avec une baisse de 19,7 % sur douze mois glissants.
La FNTP indique que les commandes sont revenues à un niveau comparable à celui atteint au plus fort de la crise sanitaire. L’appréciation des entreprises sur leurs carnets de commandes se situerait au plus bas depuis 2016, crise sanitaire comprise.
« Les prises de commandes s’assèchent et retombent à un niveau d’étiage. »
L’écart entre le recul des travaux réalisés, limité à 7,4 % depuis janvier, et celui des marchés conclus, qui atteint 25,5 %, fragilise les perspectives.
Les chantiers actuellement exécutés soutiennent encore une partie de l’activité, mais la raréfaction des nouveaux contrats pourrait réduire le volume de travaux disponible dans les prochains mois.
L’intérim absorbe le premier choc
Le ralentissement commence également à se répercuter sur l’emploi. Le nombre total d’heures travaillées par les ouvriers permanents et les intérimaires diminue de 10 % en juillet sur un an. La baisse atteint 6,9 % entre janvier et juillet, puis 5,1 % sur douze mois glissants.
L’intérim enregistre l’ajustement le plus brutal.
Les heures réalisées par les travailleurs intérimaires chutent de 31 % en juillet par rapport au même mois de 2025 et de 9 % par rapport à juin. Depuis le début de l’année, le recul atteint 20,6 %.
Les salariés permanents ne sont plus épargnés. Leurs heures travaillées diminuent de 5,2 % en juillet sur un an et de 4,1 % depuis janvier. Les effectifs ouvriers reculent parallèlement de 2,7 % sur les sept premiers mois de l’année et de 3,1 % par rapport à juillet 2025.
La contraction de l’intérim reste beaucoup plus forte que celle des emplois permanents, ce qui montre que les entreprises réduisent d’abord leur recours à la main-d’œuvre temporaire. L’érosion des effectifs ouvriers indique néanmoins que l’affaiblissement de l’activité commence à toucher plus durablement l’emploi.
Les coûts creusent le recul en volume
L’index général TP01, qui mesure l’évolution des coûts de production des travaux publics, augmente de 7,6 % en juin 2026 sur un an.
La progression atteint 7,4 % sur les trois derniers mois et 4,2 % en cumul depuis janvier. Les données relatives aux coûts s’arrêtent à juin, contrairement aux autres indicateurs disponibles jusqu’à juillet.
La hausse du TP01 contribue à expliquer la différence entre l’activité exprimée à prix courants et celle calculée en volume. Les entreprises doivent ainsi composer avec une diminution des commandes et des travaux réalisés, alors que leurs coûts demeurent orientés à la hausse.
La FNTP estime que la faiblesse des carnets de commandes laisse présager des mois difficiles et considère que « 2027 s’annonce déjà difficile ».
La Fédération redoute également que de nouvelles contraintes budgétaires sur les collectivités, dans le prochain projet de loi de finances, fragilisent l’investissement local et prolongent le ralentissement des travaux publics.

Source : FNTP – Bulletin mensuel de conjoncture – Juillet 2026









