CLIMESTIM : cibler les surconsommations des bâtiments tertiaires réunionnais

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Développé avec le soutien de l’ADEME, CLIMESTIM estime les besoins de froid et la consommation électrique des bâtiments tertiaires climatisés à La Réunion. Fondé sur les mesures de huit sites, l’outil aide les maîtres d’ouvrage à évaluer différentes actions de performance énergétique.

Climatisation maintenue toute l’année, équipements surdimensionnés ou absence de coupure automatique : CLIMESTIM intègre les dérives d’usage observées dans les bâtiments réunionnais.

Lauréat de l’appel à projets « Bâtiments responsables » 2022, ce moteur de calcul s’adresse principalement aux gestionnaires d’immeubles de bureaux équipés de groupes d’eau glacée ou de systèmes VRV, notamment dans le cadre du décret tertiaire.


Huit bâtiments réunionnais instrumentés

Le moteur de calcul combine mesures de terrain et simulations thermiques dynamiques. À La Réunion, huit immeubles de bureaux situés à Saint-Pierre, Saint-Denis, Sainte-Clotilde, Sainte-Marie et Saint-Benoît ont été étudiés : quatre équipés de groupes d’eau glacée et quatre de systèmes VRV.

Les campagnes ont généralement couvert une année complète, avec un relevé toutes les dix minutes. Elles ont permis de suivre la consommation électrique, la production et la distribution de froid, les unités intérieures et extérieures, la température des locaux ainsi que les conditions météorologiques.

Des marges d’optimisation dans les bâtiments

Les mesures révèlent plusieurs points de vigilance :

  • six bâtiments sur huit sont climatisés toute l’année ;
  • une seule installation à eau glacée dispose d’une gestion technique centralisée ;
  • une seule fonctionne avec une pompe de distribution à débit variable ;
  • deux systèmes VRV ne sont pas automatiquement coupés hors occupation ;
  • trois bâtiments ne possèdent aucune protection solaire.

Le dimensionnement constitue une autre source d’économies. Sur les quatre installations à eau glacée, la puissance disponible varie de 87 à 124 Wf/m² climatisé, alors que la puissance maximale représentative se situe généralement autour de 60 à 70 Wf/m².

Le surdimensionnement atteint ainsi 1,2 à 2,3 selon les sites.

La demande annuelle de froid de ces installations s’échelonne entre 53 et 71 kWhf/m². Pour les systèmes VRV, la consommation électrique varie de 19 kWhe/m²/an sur un site avec coupure hors occupation à 49 kWhe/m²/an sur une installation fonctionnant sans coupure.

Les mesures ne permettent cependant pas de désigner une technologie systématiquement plus performante.

Les consommations moyennes restent proches : environ 30 kWhe/m²/an pour les groupes d’eau glacée, contre 32 kWhe/m²/an pour les VRV. L’avantage observé pour ces derniers sur certains sites repose sur un échantillon trop limité pour être généralisé.

CLIMESTIM permet surtout de tester différents leviers : modification de la température de consigne, arrêt des équipements hors occupation, adaptation de la puissance installée, modulation des pompes ou amélioration des protections solaires.

L’isolation, la couleur des façades et le renouvellement d’air peuvent également être intégrés aux scénarios. Cette présentation améliore la lecture parce qu’elle sépare clairement :

  • la méthode employée ;
  • les anomalies observées ;
  • les données de consommation ;
  • les solutions pouvant être évaluées.

 

Un outil encore à valider plus largement

Confronté aux données des bâtiments instrumentés, CLIMESTIM parvient globalement à restituer leur demande de froid.

L’estimation de la consommation électrique totale apparaît satisfaisante pour les installations à eau glacée, mais moins régulière pour les VRV. La répartition entre production, distribution et émission demeure aussi moins précise que le résultat global.

Le rapport assume cette limite : « À ce stade, l’outil rendu … est fonctionnel mais n’a pas été formellement validé sur des bâtiments extérieurs au projet. »

Une validation élargie nécessiterait de nouvelles données issues de bâtiments réels, idéalement mesurées pendant une année complète. La diffusion de l’outil pourrait également être accompagnée d’un guide ou de formations dédiées.

Les deux versions de CLIMESTIM et leurs notices sont actuellement disponibles sur demande auprès de l’ADEME. Le rapport propose enfin de transposer le moteur réunionnais aux autres départements d’outre-mer confrontés à des climats tropicaux chauds et humides.

Cette extension, qui pourrait être étudiée dans le cadre d’un futur appel à projets OMBREE, reste pour l’heure une perspective.


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Consulter ici le rapport final du projet CLIMESTIM