Friches : jusqu’à 155 000 hectares à reconvertir en France

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Plus de 20 000 friches, représentant 61 000 hectares, sont répertoriées dans Cartofriches. Dans son bilan au 1er juillet 2026, le Cerema estime que ce gisement pourrait atteindre jusqu’à 155 000 hectares à l’échelle nationale.

Face à la raréfaction du foncier, ces espaces déjà artificialisés constituent une réserve stratégique pour construire sans étendre l’urbanisation. La France consomme encore en moyenne 21 000 hectares d’espaces naturels, agricoles et forestiers par an depuis 2011.

Définie par la loi Climat et Résilience du 22 août 2021, une friche désigne un bien inutilisé qui nécessite des travaux avant de pouvoir être réemployé. Elle peut être d’origine industrielle, commerciale, résidentielle ou ferroviaire.


Un gisement de 61 000 hectares déjà localisé

Au 1er juillet 2026, le service Cartofriches recense 20 250 friches, représentant une superficie cumulée de 61 000 hectares. En avril 2025, l’inventaire comptait 15 000 sites sur 60 000 hectares.

Cette progression résulte principalement d’un meilleur recensement des petites emprises, et non de l’apparition de milliers de nouvelles friches. Deux tiers des sites inventoriés mesurent ainsi moins de 0,5 hectare.

Les friches se répartissent principalement entre :

  • l’habitat, qui représente 41 % des sites ;
  • l’industrie, avec 19 % des sites, mais 47 % des surfaces ;
  • le commerce, qui concentre 10 % des sites.

Le Cerema indique également que 71 % des friches se trouvent en zone urbanisable. Leur reconversion peut donc généralement être envisagée sans modifier le zonage du plan local d’urbanisme, même si des études, des travaux de démolition ou de dépollution et une viabilisation restent parfois nécessaires.

À l’échelle de la France, le potentiel réel serait bien supérieur aux surfaces déjà localisées. Le Cerema l’estime entre 115 000 et 155 000 hectares, sur la base des données les plus consolidées.

Cette fourchette reste une estimation, alors que les 61 000 hectares correspondent aux sites effectivement enregistrés dans Cartofriches.

Le logement domine en nombre, l’industrie en superficie

Le Cerema a étudié les possibilités de reconversion de 13 200 friches actuellement sans projet. Pour chaque site, un indice de mutabilité évalue les usages envisageables en fonction de sa localisation, de sa configuration et de son environnement.

Le logement ressort comme la première destination potentielle par le nombre de terrains concernés. Parmi les friches analysées :

  • 32 %, soit 4 200 sites couvrant 1 400 hectares, présentent un potentiel privilégié pour le logement ;
  • 26 %, soit 3 400 sites sur 970 hectares, affichent un potentiel résidentiel élevé, avec d’autres usages possibles comme le tertiaire ou les équipements publics.

Au total, 58 % des friches sans projet, soit 7 600 sites et 2 370 hectares, pourraient ainsi être mobilisées pour produire des logements.

Cet enjeu est d’autant plus important que 48 % des friches recensées se trouvent en zone tendue pour l’habitat, contre 33 % en avril 2025. Cette progression traduit toutefois surtout l’amélioration du recensement dans les secteurs concernés.

L’industrie occupe moins de sites, mais concentre des surfaces beaucoup plus importantes. Le Cerema identifie :

  • 15 % des friches, soit 2 000 sites et 14 100 hectares, comme prioritairement mobilisables pour l’industrie ;
  • 20 %, soit 2 600 sites représentant 18 360 hectares, comme présentant un potentiel industriel élevé.

Au total, 4 600 friches couvrant 32 460 hectares pourraient accueillir des activités industrielles. Certains de ces terrains présentent également des possibilités pour le tertiaire ou pour des installations photovoltaïques au sol.

Les 7 % de sites restants représentent 1 000 friches et 5 000 hectares. Ils pourraient être reconvertis pour accueillir des équipements publics, des activités tertiaires ou des installations photovoltaïques.

La reconversion ne se limite cependant pas à la construction. Quelque 3 200 friches, couvrant 2 400 hectares, présentent également un fort potentiel de gain écologique, selon la méthode développée par l’Office français de la biodiversité et le Cerema.

Selon les caractéristiques du site, une opération peut donc intégrer une renaturation totale ou partielle.

Un quart des friches locales déjà engagé dans un projet

Parmi les terrains signalés par les observatoires locaux, 25 % font déjà l’objet d’un projet de reconversion.

Ces opérations concernent 3 600 friches et une superficie de 9 300 hectares. Pour le Cerema, ces résultats montrent que les recensements menés localement sont suivis « d’actions opérationnelles, via les collectivités ou des porteurs de projets privés ».

Cartofriches répertorie également 1 700 anciennes friches récemment transformées, représentant 2 700 hectares. Parmi elles, 760 ont été reconverties pour accueillir de l’habitat, 200 des activités économiques, 80 des activités commerciales, 50 des opérations de renaturation et 110 des programmes mixtes.

Le passé du site continue toutefois de peser fortement sur sa nouvelle destination. Plus de 80 % des projets conservent un type d’activité proche de celui initialement présent.

Le Cerema observe néanmoins des créations de logements ou des programmes mixtes sur d’anciennes emprises industrielles et commerciales.

Les observatoires locaux au cœur de la reconversion

La consolidation de l’inventaire repose aujourd’hui sur 31 observatoires locaux créés par des collectivités ou des services déconcentrés de l’État. Ces structures ont permis d’identifier 14 750 des 20 250 friches enregistrées dans Cartofriches, soit près des trois quarts du total.

Le Cerema complète ces informations avec des données nationales issues notamment des bases relatives aux anciens sites industriels et aux sols pollués, des candidatures au Fonds vert et des projets accompagnés par UrbanVitaliz.

Quelque 9 500 terrains potentiellement en friche sont également accessibles sur la plateforme, mais ils n’ont pas encore été vérifiés et ne sont pas intégrés au décompte des sites confirmés.

Pour les territoires ultramarins, où le foncier constructible est souvent contraint et les espaces naturels particulièrement sensibles, l’identification des terrains déjà artificialisés peut constituer un levier majeur pour le logement, les équipements et l’activité économique.

Le bilan ne fournit aucune donnée détaillée pour les Outre-mer, où le développement d’observatoires locaux reste indispensable pour identifier et reconvertir les friches.


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Consulter ici L’INVENTAIRE NATIONAL DES FRICHES : ÉTAT DES LIEUX ET ENJEUX – bilan annuel au 1er juillet 2026