Travaux publics : la contraction se confirme au premier semestre 2026

0
travaux publics

Le ralentissement se confirme dans les Travaux Publics. Au premier semestre 2026, l’activité recule de 7,1 % en volume sur un an, tandis que les marchés conclus chutent de 23,3 %, selon le dernier bulletin de conjoncture de la Fédération Nationale des Travaux Publics (FNTP). L’enquête porte sur un échantillon de 2 100 entreprises de France métropolitaine. Pour la Fédération, les différents indicateurs dessinent désormais une même tendance. Son bulletin de juin résume la situation en quelques mots : « la contraction s’installe ».


L’activité des Travaux Publics recule de 7,1 %

En juin, l’activité des Travaux Publics est restée quasiment stable en valeur par rapport au même mois de 2025. Une fois l’évolution des coûts prise en compte, le constat change : la production diminue de 6,7 % en volume sur un an.

Sur l’ensemble des six premiers mois de 2026, le recul atteint 7,1 %, après un deuxième trimestre consécutif de baisse.

Les coûts restent parallèlement orientés à la hausse. L’index TP01, qui mesure l’évolution des coûts de production dans les Travaux Publics, progresse de 3,6 % sur la période janvier-mai 2026 par rapport aux cinq premiers mois de 2025. En mai seul, sa hausse atteint 7,4 % sur un an.

Les nouvelles commandes décrochent davantage

Le signal le plus marqué concerne toutefois les marchés conclus. Ils diminuent de 23,3 % en volume au premier semestre. En juin, leur recul atteint même 30,1 % par rapport à juin 2025.

Cette contraction des nouvelles commandes est nettement supérieure à celle des travaux déjà réalisés. Pour la FNTP, cette évolution laisse présager « la poursuite des difficultés dans les prochains mois ».

Le manque de demande devient également plus fréquent : 56 % des entreprises interrogées déclarent y être confrontées, contre une moyenne de longue période de 36 %. L’écart atteint ainsi 20 points.

L’emploi et les heures travaillées sous pression

Le ralentissement se retrouve enfin dans les indicateurs d’emploi. Sur le premier semestre, les heures totales travaillées diminuent de 6,4 %. Le recul atteint 3,9 % pour les heures des ouvriers permanents et 18,5 % pour l’intérim, tandis que les effectifs ouvriers baissent de 2,5 %.

Les fortes chaleurs ont accentué le phénomène en juin : les heures chômées pour intempéries ont atteint un niveau près de quatre fois supérieur à celui d’un mois de juin habituel.

Les heures totales travaillées ont ainsi reculé de 8,8 % sur un an. La dégradation observée sur l’ensemble du semestre montre toutefois que l’effet climatique n’explique pas, à lui seul, le ralentissement.

La visibilité reste limitée pour la seconde moitié de l’année. En juillet, le solde d’opinion des entreprises sur leur activité à trois mois est tombé à son niveau le plus bas depuis 2015, hors crise sanitaire.