700 000 rénovations par an : entreprises, compétences et financements au cœur du défi

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La troisième Stratégie nationale bas-carbone fixe un objectif de 700 000 rénovations performantes par an entre 2025 et 2030, dont 250 000 rénovations d’ampleur ciblant les logements les moins performants. Après les objectifs techniques assignés au bâtiment, la feuille de route gouvernementale pose aussi la question des moyens nécessaires pour transformer cette ambition en chantiers : compétences, accompagnement des entreprises et capacité d’investissement.


 

Plus de 200 000 personnes à former chaque année pour la transition

La montée en puissance ne repose pas uniquement sur les équipements ou les matériaux. Elle suppose aussi de disposer de professionnels capables de concevoir, coordonner, réaliser et maintenir les nouvelles solutions bas-carbone.

Selon la SNBC-3, plus de 200 000 personnes devront être formées chaque année aux métiers utiles à la transition écologique. Ce besoin concerne l’ensemble des secteurs engagés dans la décarbonation, et non le seul bâtiment. Le document précise néanmoins qu’il s’agira principalement de techniciens et d’ouvriers.

Pour l’État, l’enjeu passe notamment par une meilleure attractivité de ces emplois, la mobilisation des filières économiques et l’adaptation des formations. La stratégie insiste également sur la nécessité de territorialiser les besoins et de faciliter l’accès à la formation.

Dans le bâtiment, cette question accompagne directement le changement d’échelle attendu dans la rénovation. Les opérations performantes mobilisent plusieurs compétences autour de l’enveloppe, de la ventilation, des menuiseries ou encore des équipements énergétiques. La capacité à coordonner ces interventions fera donc partie des conditions de mise en œuvre de la trajectoire annoncée.

Les TPE et PME au centre de la montée en puissance

La SNBC-3 consacre aussi un volet aux entreprises. Elle prévoit d’améliorer la visibilité des aides à la décarbonation et de tenir compte de la taille des structures dans l’application des règles. Un accompagnement spécifique des TPE et PME est explicitement mentionné.

Cette orientation concerne particulièrement un secteur du bâtiment composé de nombreuses petites structures. Pour celles-ci, la transition peut impliquer de nouveaux équipements, des formations, une évolution des méthodes de travail ou encore une adaptation aux exigences environnementales des marchés.

La stratégie souhaite parallèlement mieux intégrer la planification écologique dans les formations destinées aux dirigeants. Elle prévoit également d’« engager une réflexion » sur le renforcement de l’éco-conditionnalité des aides aux entreprises. À ce stade, le document ne fixe toutefois ni nouveau critère obligatoire ni calendrier précis sur ce point.

L’accompagnement des professionnels apparaît ainsi comme un levier à part entière. La hausse du nombre de rénovations ne dépendra pas seulement de la demande des ménages ou des maîtres d’ouvrage : encore faudra-t-il disposer d’entreprises suffisamment nombreuses et en capacité d’intervenir.

80 milliards d’euros d’investissements supplémentaires, tous secteurs confondus

Le troisième enjeu est financier. Selon la SNBC-3, l’atteinte des objectifs de transition écologique nécessiterait 80 milliards d’euros d’investissements bruts additionnels par an en 2030 par rapport à 2024. Cette estimation concerne l’ensemble de la transition bas-carbone et ne constitue donc pas une enveloppe réservée au bâtiment ou à la rénovation énergétique.

La stratégie prévoit de mobiliser conjointement les financements publics et privés. Elle cite notamment les partenariats public-privé, les mécanismes de financement hybride, les certificats d’économies d’énergie ou encore le Label bas-carbone. L’accompagnement financier doit également concerner les ménages, en particulier les plus modestes, les entreprises et les collectivités.

Le résumé officiel ne précise cependant pas quelle part des investissements supplémentaires devra être consacrée au bâtiment, ni comment elle se répartira entre rénovation résidentielle, parc tertiaire ou bâtiments publics. Il ne donne pas davantage de trajectoire budgétaire détaillée pour atteindre les 700 000 rénovations performantes annuelles.

La SNBC-3 fixe donc un objectif de volume, mais sa concrétisation dépendra aussi de la capacité à former, financer et accompagner les entreprises appelées à réaliser les travaux. Une équation qui se posera différemment selon les territoires et qui ouvre directement la question de la déclinaison de cette stratégie dans les Outre-mer.