BRGM : une année 2025 sous le signe de la croissance et des grands projets

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    En 2025, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) a poursuivi sa montée en puissance. Dans son rapport d’activité, le service géologique national met en avant une activité en forte progression, portée par des projets autour de l’eau, des risques naturels, des ressources minérales, de la géothermie et du numérique. Une dynamique qui illustre la place croissante du sous-sol dans les politiques d’aménagement et de transition écologique.

    Le BRGM fait état d’une hausse de 50 % de son activité en 6 ans, malgré une importante réorganisation interne en 2025. « Ce « bilan » démontre à quel point le sous-sol est revenu au cœur des politiques publiques », souligne sa présidente-directrice générale, Catherine Lagneau, qui estime l’établissement « de plus en plus reconnu et attendu » pour accompagner l’État et les territoires face aux défis climatiques, énergétiques et environnementaux.


    Une activité scientifique toujours plus soutenue

    Le rapport met en avant une production scientifique en progression. En 2025, le BRGM a publié 213 articles scientifiques, participé à 43 projets Horizon Europe, accueilli 137 doctorants et réalisé 230 rapports d’expertise.

    L’établissement a également poursuivi son implication dans les grands programmes nationaux de recherche, tout en renforçant ses collaborations avec les collectivités, les institutions publiques et ses partenaires internationaux.

    Cette activité accompagne des domaines d’intervention de plus en plus variés. Le BRGM intervient aujourd’hui aussi bien sur la connaissance géologique du sous-sol que sur la gestion des eaux souterraines, les risques naturels, les ressources minérales, la géothermie ou encore les services numériques dédiés aux géosciences.

    Des outils pour mieux anticiper les risques et accompagner les décisions publiques

    L’année 2025 a été marquée par le lancement ou l’accélération de plusieurs projets structurants.

    Parmi eux figure l’actualisation de l’Inventaire national des ressources minérales, destinée à améliorer la connaissance des ressources stratégiques du territoire français. Le BRGM a également engagé un inventaire des ressources géothermiques profondes afin de soutenir le développement de cette énergie renouvelable.

    Le rapport souligne également la mise en service de la nouvelle version de MétéEAU Nappes, destinée au suivi des eaux souterraines, ainsi que le développement de la plateforme CoCliCo, un outil d’aide à la décision consacré aux risques côtiers.

    Autre projet majeur : le Référentiel géoscientifique national, présenté comme un futur socle numérique destiné à rassembler les connaissances sur le sol et le sous-sol français.

    À terme, il doit permettre d’intégrer des données sur la géologie, les ressources en eau, les risques naturels, les ressources minérales ou encore la géothermie afin d’améliorer la planification et l’aménagement des territoires.

    Le BRGM entend également consolider son rôle de référent national des données géoscientifiques grâce au développement de sa Plateforme numérique intégrative, appelée à renforcer l’accès aux connaissances et aux services numériques.

    Les Outre-mer au cœur de plusieurs projets

    Le rapport consacre plusieurs développements aux territoires ultramarins, où le BRGM poursuit des travaux sur des problématiques très diverses.

    À Mayotte, les recherches se poursuivent sur la crise sismo-volcanique déclenchée en 2018. Une étude publiée dans la revue Nature met notamment en évidence un réservoir magmatique situé à environ 23 kilomètres sous l’île, susceptible d’être lié à la formation du volcan sous-marin Fani Maoré.

    À La Réunion, les équipes travaillent notamment sur les phénomènes de ruissellement, les ravines et l’identification des secteurs pouvant être désimperméabilisés afin de favoriser l’infiltration des eaux pluviales.

    En Guyane, le territoire fait partie des cinq secteurs retenus pour la nouvelle campagne d’inventaire des ressources minérales, avec des opérations de prélèvements et d’analyses destinées à mieux connaître le potentiel géologique local.

    Le BRGM a également signé, en novembre 2025, un accord-cadre de 3 ans avec le ministère chargé des Outre-mer afin de renforcer les actions communes autour des ressources en eau, des risques naturels, de la connaissance du sous-sol et de la résilience des territoires.

    De la recherche aux applications industrielles

    Au-delà de ses missions scientifiques, le BRGM poursuit également le développement de solutions destinées au monde économique.

    Le rapport cite notamment la création de la start-up CaliCO2, issue de travaux de recherche menés par l’établissement, qui développe un procédé breveté de captage et de décarbonation du CO₂ destiné aux sites industriels.

    Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à transformer les résultats de la recherche en applications opérationnelles, avec le soutien de BRGM Invest et des différentes filiales du groupe.

    Une croissance qui s’accompagne de nouveaux défis financiers

    Si l’année 2025 confirme la dynamique de développement du BRGM, le rapport met également en évidence plusieurs points de vigilance.

    Le résultat consolidé du groupe reste positif, à 1,9 million d’euros, mais les investissements ont dépassé 25 millions d’euros, entraînant une baisse de la trésorerie. L’activité internationale et les commandes enregistrées en France ont par ailleurs reculé par rapport à une année 2024 particulièrement dynamique.

    Le BRGM estime néanmoins disposer d’une base solide pour poursuivre son développement. Pour 2026, l’établissement entend accélérer le déploiement de ses grands projets, notamment autour du Référentiel géoscientifique national, de la transition énergétique, de la connaissance des ressources du sous-sol et de l’accompagnement des politiques publiques.

    Comme le résume Catherine Lagneau dans son éditorial, « C’est en étant audacieux que le BRGM confirmera son rôle d’acteur indispensable de la transition écologique et énergétique, de la résilience des territoires et de la souveraineté nationale. »


    Source : rapport d’activité 2025 du BRGM