- Inondations, mouvements de terrain, fortes chaleurs, érosion du littoral… Les conséquences du changement climatique se font sentir avec une intensité croissante sur l’ensemble du territoire français. Face à ces défis, les collectivités sont appelées à adapter leurs infrastructures, leurs politiques d’aménagement et leurs équipements publics, dans un contexte où les besoins d’expertise technique n’ont jamais été aussi importants.
Dans son Rapport d’activité 2025, le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema) réaffirme sa vocation : « Agir pour des territoires adaptés au défi climatique ». Une ambition qui se traduit par une montée en puissance de son accompagnement auprès des collectivités et de l’État.
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Une demande croissante d’ingénierie publique
L’adaptation climatique est désormais un enjeu opérationnel pour les territoires.
Prévenir les risques naturels, repenser les mobilités, rénover les infrastructures, lutter contre les îlots de chaleur ou encore maîtriser l’artificialisation des sols nécessitent des compétences techniques et une capacité d’ingénierie que toutes les collectivités ne possèdent pas en interne.
En 2025, le Cerema a réalisé 2 265 missions directement pour le compte des collectivités et accompagné 520 collectivités adhérentes, illustrant l’importance croissante de cette demande d’appui.
L’établissement compte désormais plus de 1 000 collectivités adhérentes, réparties dans 17 régions et 88 départements.
Dans le rapport, le Cerema rappelle que ses équipes ont « une nouvelle fois prouvé l’importance d’une expertise nationale mutualisée, disponible pour tous les territoires de l’Hexagone et des Outre-mer ».
Une expertise qui apparaît de plus en plus indispensable à mesure que les défis climatiques se multiplient.
Une action qui dépasse largement le conseil technique
L’activité du Cerema ne se limite pas à la production d’études ou de recommandations. L’établissement intervient également en appui opérationnel sur le terrain, notamment dans des situations de crise.
En 2025, ses équipes ont ainsi mené 70 interventions d’urgence à la demande de l’État et des collectivités, notamment après des inondations ou des mouvements de terrain.
Parallèlement, le Cerema développe des outils destinés à aider les territoires à mieux anticiper les effets du changement climatique. L’année 2025 a notamment été marquée par la mise à disposition de l’outil « LCZ », permettant de visualiser la sensibilité aux fortes chaleurs de 12 000 communes françaises.
L’établissement poursuit également son accompagnement sur des enjeux émergents tels que la réutilisation des eaux usées traitées, avec 39 collectivités littorales accompagnées, ou encore la reconquête du foncier, grâce à l’inventaire de plus de 16 000 sites en friche répertoriés dans Cartofriches.
Ces actions traduisent une évolution du rôle du Cerema, qui s’affirme progressivement comme un véritable opérateur de résilience territoriale.
Des infrastructures sous pression face aux aléas climatiques
Le changement climatique interroge également la capacité de résistance des infrastructures et des équipements publics.
Le rapport rappelle que le Cerema a recensé et évalué près de 52 799 ouvrages d’art, dont 35 260 ponts et 17 539 murs, entre octobre 2021 et octobre 2025.
Le Programme national ponts illustre l’ampleur des besoins. En 2025, 403 réparations d’ouvrages d’art ont été financées, représentant 50 millions d’euros de subventions attribuées.
Dans le cadre du Programme national pont travaux, 187 chantiers ont été engagés et 123 achevés, dans 83 départements, aussi bien dans l’Hexagone que dans les territoires ultramarins.
L’adaptation climatique ne relève donc plus seulement des politiques environnementales. Elle devient également une question de résilience des infrastructures, de maintenance du patrimoine public et de capacité à sécuriser les équipements essentiels au fonctionnement des territoires.
Une expertise particulièrement stratégique pour les Outre-mer
Cette montée en puissance de l’ingénierie publique revêt une importance particulière pour les Outre-mer.
Cyclones, inondations, mouvements de terrain, recul du trait de côte ou encore fortes chaleurs exposent les territoires ultramarins à des risques particulièrement élevés.
Les besoins d’adaptation y sont souvent plus urgents, alors même que les contraintes géographiques et les capacités d’ingénierie locale peuvent rendre la mise en œuvre des projets plus complexe.
Le Cerema est aujourd’hui présent dans l’ensemble des bassins ultramarins, à travers ses implantations aux Antilles, en Guyane, à La Réunion et à Mayotte, mais aussi par son accompagnement de collectivités situées à Saint-Martin, Saint-Barthélemy, en Polynésie française, en Nouvelle-Calédonie ou encore à Wallis-et-Futuna.
Le rapport souligne d’ailleurs que l’établissement s’affirme désormais comme « accélérateur de l’adaptation des territoires au changement climatique et amortisseur de crise ».
Cette évolution illustre une réalité de plus en plus évidente : face à l’intensification des risques climatiques, l’ingénierie territoriale devient un levier stratégique de l’action publique.
Pour les collectivités, et tout particulièrement pour les territoires ultramarins, disposer d’une expertise technique capable d’accompagner la conception, l’adaptation et la sécurisation des projets constitue désormais une condition essentielle de la résilience des territoires de demain.










