La filière Construction présente un visage contrasté à mi-2026. Si le logement neuf affiche des signaux de redressement, notamment à travers une forte progression des mises en chantier, de nombreux indicateurs demeurent orientés à la baisse. Travaux publics, entretien-rénovation, production de matériaux et emploi continuent en effet d’évoluer dans un environnement dégradé, selon la dernière note de conjoncture publiée par le GIE Réseau des CERC.
Le logement neuf retrouve une dynamique, mais les volumes restent limités
Le principal motif d’optimisme provient du segment résidentiel. À fin avril 2026, les mises en chantier de logements atteignent 79 500 unités, en hausse de 42,6 % sur trois mois et de 15,4 % sur douze mois.
Les autorisations progressent également, avec 100 800 logements autorisés, soit une augmentation de 13,3 % sur trois mois et de 16,6 % sur un an.
Le GIE Réseau des CERC souligne toutefois que « les mises en chantier de logements neufs affichent une forte croissance ces derniers mois, le volume demeure toutefois faible ».
En dépit de cette amélioration, le cumul annuel reste inférieur à 300 000 logements, traduisant une reprise encore fragile après plusieurs années de ralentissement.
Les locaux non résidentiels présentent également une évolution plus favorable, mais à un rythme nettement plus modéré.
Les surfaces mises en chantier progressent de 8,8 % sur trois mois et de 7,6 % sur un an, tandis que les autorisations n’augmentent que de 2,1 % sur trois mois et demeurent en recul de 4,1 % sur douze mois.
La commercialisation et la rénovation restent fragilisées
Malgré le rebond observé dans le neuf, le marché de la commercialisation continue de montrer des signes de faiblesse.
Au premier trimestre 2026, les mises en vente de logements reculent de 31,3 %, tandis que les réservations des particuliers demeurent quasi stables (-0,1 %). Les réservations en bloc, destinées aux investisseurs institutionnels, diminuent de 5,8 %, alors que les annulations progressent de 6,2 %.
Le segment de l’entretien-rénovation reste lui aussi orienté à la baisse. L’activité recule de 2,6 % en volume au premier trimestre, avec une contraction plus marquée dans le logement (-2,8 %) que dans les locaux (-1,8 %).
Les carnets de commandes s’établissent en moyenne à 13,3 semaines, soit près d’une semaine de moins qu’un an auparavant.
Les travaux publics et les matériaux demeurent en difficulté
Du côté des travaux publics, les indicateurs restent nettement dégradés. Les travaux réalisés reculent de 10 % sur trois mois et de 3,5 % sur douze mois.
Les marchés conclus enregistrent une baisse encore plus marquée, à -16,8 % sur trois mois et -13,6 % sur un an. Les heures travaillées hors intérim diminuent également de 4,3 % sur trois mois.
La note de conjoncture souligne d’ailleurs que « les tendances trimestrielles témoignent de replis à deux chiffres pour les deux indicateurs : -10 % pour l’activité et -16,8 % pour les marchés conclus ».
Les opinions des entreprises vis-à-vis de leurs carnets de commandes apparaissent dégradées sur la quasi-totalité du territoire.
L’industrie des matériaux continue par ailleurs de refléter l’essoufflement de l’activité. La production de béton prêt à l’emploi recule de 3,6 % sur trois mois et de 2,3 % sur un an.
Le premier trimestre 2026 constitue ainsi le seizième trimestre consécutif de baisse de la production de BPE. De leur côté, les granulats enregistrent un recul de 4,5 % sur trois mois et de 2,1 % sur douze mois.
L’emploi et les entreprises restent sous pression
Les difficultés de la filière continuent enfin de peser sur l’emploi. À fin 2025, la construction emploie près de 1,59 million de salariés, soit une baisse de 1,2 % sur un an, représentant environ 19 400 postes perdus.
Depuis le point haut atteint fin 2022, le secteur a perdu plus de 60 000 emplois. L’emploi intérimaire poursuit également sa contraction avec un recul de 4,8 % au premier trimestre 2026.
La dynamique entrepreneuriale demeure elle aussi contrastée. Les créations d’entreprises sont essentiellement portées par les micro-entreprises, en hausse de 14,3 % sur trois mois, alors que les créations hors micro-entreprises reculent de 0,4 %.
Parallèlement, les défaillances repartent à la hausse avec près de 4 000 procédures enregistrées au premier trimestre, soit une augmentation de 4,6 % sur un an.

Consulter ici la CONJONCTURE NATIONALE & INTERRÉGIONALE DE LA FILIÈRE CONSTRUCTION – N° 142 – 15 juin 2026









