LA REUNION. Le BTP confirme son regain d’activité au premier trimestre 2026

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L’économie réunionnaise a poursuivi sa dynamique de reprise au premier trimestre 2026. Selon les dernières tendances conjoncturelles publiées par l’IEDOM, le climat des affaires s’améliore de nouveau et plusieurs indicateurs témoignent d’un regain d’activité dans l’île.

Parmi les secteurs qui tirent cette croissance, le bâtiment et les travaux publics occupent une place de premier plan, portés notamment par la progression des projets immobiliers. Cette embellie s’accompagne toutefois de nouvelles inquiétudes. La hausse brutale des prix de l’énergie observée au printemps et les tensions géopolitiques internationales pourraient rapidement peser sur les coûts des entreprises et sur leurs perspectives d’activité.


Une économie réunionnaise qui prolonge sa reprise

Au premier trimestre 2026, l’indicateur du climat des affaires atteint 103,8 points, en hausse de 1,6 point par rapport au trimestre précédent. Il se maintient ainsi au-dessus de sa moyenne de longue période pour le deuxième trimestre consécutif.

L’IEDOM résume la situation en soulignant que « l’économie réunionnaise s’inscrit encore dans le prolongement de la reprise engagée en 2025 ». Cette amélioration se traduit par une activité plus soutenue dans la plupart des secteurs et par une progression globale des effectifs salariés.

Le marché du travail continue également de s’améliorer. Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A recule de 5,9 % sur le trimestre pour s’établir à 110 520 personnes.

Dans le même temps, les exportations de l’île progressent fortement, avec une hausse de 27,2 % portée notamment par le sucre brut, les produits sucriers et le rhum.

Autre élément favorable : jusqu’à la fin du mois de mars, l’inflation reste particulièrement contenue à La Réunion. Les prix à la consommation demeurent stables sur un an, alors qu’ils progressent de 1,7 % au niveau national.

source : IEDOM

Le bâtiment et les travaux publics parmi les secteurs les plus dynamiques

Dans ce contexte globalement favorable, le BTP figure parmi les secteurs les plus performants du trimestre. L’IEDOM indique que « les secteurs du BTP, de l’industrie et de l’agriculture se distinguent par une activité dynamique ».

Les entreprises du bâtiment bénéficient d’un environnement plus porteur qu’au cours des derniers trimestres. Les carnets de commandes restent bien orientés et les prévisions d’investissement demeurent positives.

Les trésoreries se redressent progressivement tandis que les délais de paiement tendent à se réduire, deux signaux généralement associés à une amélioration de la santé financière des entreprises.

L’emploi dans le secteur présente également des signes encourageants. Si les effectifs reculent encore légèrement sur un an (-0,9 %), ils progressent de 0,3 % par rapport au trimestre précédent, traduisant un regain de confiance des entreprises.

Cette évolution confirme que le secteur de la construction participe pleinement à la reprise économique observée sur l’île depuis plusieurs mois.

Les projets immobiliers repartent à la hausse

L’une des données les plus marquantes du rapport concerne l’immobilier. Les projets immobiliers progressent de 17,6 % sur un an, avec une dynamique particulièrement forte dans le neuf.

Cette hausse constitue un soutien important pour l’ensemble de la filière construction. Promoteurs, entreprises de gros œuvre, artisans, bureaux d’études ou encore fournisseurs de matériaux bénéficient directement de l’augmentation des opérations programmées.

Dans un contexte où le logement demeure un enjeu majeur à La Réunion, cette progression des projets immobiliers représente également un indicateur avancé de l’activité future du secteur.

Elle pourrait contribuer à maintenir un niveau d’activité soutenu au cours des prochains mois, à condition que les conditions économiques restent favorables.

Des signaux d’alerte apparaissent déjà pour les entreprises

Malgré ces résultats encourageants, plusieurs indicateurs invitent à la prudence.

Le principal facteur d’inquiétude concerne la flambée des prix de l’énergie provoquée par la crise au Moyen-Orient.

Alors que les prix étaient restés relativement stables jusqu’à la fin mars, la situation a brutalement changé en avril. Les prix de l’énergie ont bondi de 23,3 % en un mois et le litre de supercarburant sans plomb est passé de 1,54 euro à 1,96 euro.

Cette hausse affecte directement les entreprises dont l’activité dépend fortement du transport, des engins de chantier ou de la logistique.

Pour le BTP, où les coûts de déplacement et d’approvisionnement occupent une place importante, une augmentation durable du prix des carburants pourrait rapidement se répercuter sur les coûts des opérations.

Les chefs d’entreprise interrogés par l’IEDOM anticipent ainsi de fortes hausses de leurs prix de vente au cours du trimestre suivant. Dans le même temps, les défaillances d’entreprises repartent à la hausse.

À fin mars, 1 146 entreprises réunionnaises étaient en situation de défaillance, soit davantage que le pic observé en 2025.

La consommation des ménages reste également peu dynamique. Les immatriculations de véhicules particuliers neufs reculent de 7,5 % sur un an et les dossiers de surendettement progressent de près de 29 %, illustrant la fragilité persistante d’une partie de la population.

Une reprise qui entre dans une phase de vigilance

Le premier trimestre 2026 confirme que l’économie réunionnaise demeure engagée sur une trajectoire de reprise. L’activité progresse dans la plupart des secteurs, le chômage recule et le BTP bénéficie d’un contexte plus favorable, soutenu notamment par la hausse des projets immobiliers.

Pour autant, l’environnement économique s’est nettement complexifié depuis le printemps. Entre hausse des prix de l’énergie, tensions géopolitiques et progression des défaillances d’entreprises, les prochains mois seront déterminants pour mesurer la capacité de l’économie réunionnaise à préserver cette dynamique.

Pour le secteur du bâtiment, la question n’est plus seulement celle de la reprise, mais de sa capacité à résister à un contexte devenu beaucoup plus incertain.


La Réunion

Consulter ici les tendances conjoncturelles au 1er trimestre 2026 de La Réunion