OUTRE-MER. Le BTP concentre près d’un quart des défaillances d’entreprises en 2025

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défaillances d’entreprises

La fragilité du tissu entrepreneurial ultramarin apparaît une nouvelle fois dans le dernier tableau de bord économique des Outre-mer, publié en avril 2026 par l’IEDOM et l’IEOM. L’étude dresse un panorama des principaux indicateurs économiques et sociaux dans les territoires. Parmi les signaux les plus marquants figure la progression des défaillances d’entreprises en 2025, avec un secteur particulièrement concerné : le bâtiment et les travaux publics.

Selon les données rassemblées dans le rapport, 2 311 entreprises ont fait défaut dans les départements d’outre-mer en 2025, soit une hausse de 15 % sur un an, dont 551 dans le BTP, représentant 23,8 % de l’ensemble des défaillances.

Une hausse sensible des défaillances

Le tableau de bord confirme une dégradation du nombre de faillites d’entreprises dans plusieurs territoires. Dans les seuls départements d’outre-mer, les défaillances atteignent donc 2 311 unités sur l’année 2025.

Le phénomène ne se limite pas à ces territoires : les collectivités d’outre-mer enregistrent également 521 défaillances, en progression de 38,9 % sur un an. À titre de comparaison, la hausse reste beaucoup plus modérée à l’échelle nationale, avec 68 564 défaillances en France entière, soit une progression de 3,5 %.

Les auteurs du rapport rappellent d’ailleurs que les défaillances sont comptabilisées en fonction des procédures collectives engagées : « On dénombre les défaillances en termes d’unités légales…et couvrent les redressements et les liquidations judiciaires. »

Cette définition inclut donc l’ensemble des procédures signalant des difficultés économiques majeures pour les entreprises concernées.

Le BTP parmi les secteurs les plus exposés

Parmi les secteurs touchés, le BTP apparaît comme l’un des plus concernés. Avec 551 défaillances recensées dans les DOM, il représente près d’un quart du total. Seul le secteur des services enregistre davantage de procédures, avec 737 défaillances, soit 31,9 % du total.

Derrière ces deux secteurs viennent le commerce et la réparation automobile avec 414 défaillances, l’industrie et les transports (320) et l’hébergement-restauration (249). L’agriculture reste le secteur le moins touché avec 40 procédures sur l’année.

Ces chiffres traduisent le rôle structurant du BTP dans les économies ultramarines. Dans de nombreux territoires, la construction reste un moteur de l’activité locale, portée par la commande publique, les programmes de logement ou les projets d’infrastructures.

Cette position centrale explique également la forte exposition du secteur aux cycles économiques.

Des économies insulaires plus sensibles aux retournements conjoncturels

Les données présentées dans le tableau de bord doivent également être replacées dans le contexte économique spécifique des Outre-mer.

Les économies ultramarines reposent souvent sur des marchés de petite taille, fortement dépendants des importations et des transferts publics. Cette configuration structurelle limite parfois la diversification économique et expose davantage les entreprises aux variations de l’activité.

Les graphiques du rapport montrent ainsi que les défaillances d’entreprises ont connu des fluctuations marquées au cours des dernières années, notamment à la suite des crises économiques et des phases de ralentissement de l’activité.

Dans ces territoires insulaires ou éloignés, où les coûts logistiques sont élevés et les marges souvent plus faibles, les entreprises apparaissent globalement plus vulnérables aux retournements conjoncturels que dans l’Hexagone.

Un indicateur à suivre pour le secteur de la construction

Pour les acteurs du bâtiment et de l’aménagement, ces données constituent un signal à suivre de près. Le BTP reste un pilier des économies ultramarines, mais il demeure également l’un des secteurs les plus sensibles aux ralentissements économiques, aux tensions sur les coûts ou aux fluctuations de la commande publique.

En dressant un panorama des défaillances d’entreprises, le tableau de bord économique publié par l’IEDOM et l’IEOM rappelle ainsi que la solidité du tissu entrepreneurial constitue un enjeu central pour les territoires ultramarins. Dans ce contexte, l’évolution du secteur de la construction continuera de jouer un rôle déterminant dans la dynamique économique locale.