Entre le 20 et le 23 avril 2026, la Banque des Territoires, à travers plusieurs de ses dirigeants dont Antoine Saintoyant, a conduit une série de déplacements aux Antilles–Guyane, articulée autour de visites de terrain, de signatures de conventions et de rencontres avec les acteurs locaux. De la Martinique à la Guadeloupe, en passant par Saint-Martin et la Guyane, cette tournée s’inscrit dans une succession de séquences mêlant visites de terrain, signatures et rencontres avec les acteurs locaux.
Prise dans son ensemble, la séquence révèle une logique d’intervention qui dépasse la juxtaposition de projets. Elle suggère une stratégie d’investissement multi-sectorielle, déployée au plus près des territoires, et articulée autour de plusieurs axes : logement, aménagement, filières économiques, énergie et attractivité.
Martinique : un territoire au cœur du dispositif
Avec un déplacement de plus de 48 heures, la Martinique constitue le point central de la tournée. Plusieurs séquences s’y enchaînent, illustrant la diversité des champs d’intervention de la Banque des Territoires.
Logement : le chantier Maison Rouge, vitrine d’une production en cours

Au Marin, la visite du chantier de la résidence Maison Rouge donne à voir la traduction concrète des financements mobilisés. Ce programme immobilier, porté par FPB Holding et acquis en VEFA par le bailleur social Ozanam, associe logements pour gendarmes, logements pour jeunes actifs et logements intermédiaires, dans une logique de mixité et d’intégration urbaine.
Quatorze mois après la pose de la première pierre, le chantier mobilise une part significative de la filière BTP locale et s’inscrit dans un programme plus large d’extension de la commune.
Pour Antoine Saintoyant, cette opération illustre directement le rôle de la Banque des Territoires : « nous sommes une banque d’intérêt général qui transforme l’épargne des Français en projets de territoire », en mobilisant notamment les ressources issues du Livret A pour financer des opérations durables, en outre-mer comme dans l’Hexagone .
Au-delà du projet lui-même, la séquence met en évidence un modèle d’intervention reposant sur des partenariats étroits entre promoteurs privés, bailleurs sociaux et financeurs publics. Le programme Maison Rouge, qui combine logements de différentes catégories, s’inscrit ainsi dans une logique de réponse concrète aux besoins du territoire tout en participant à une dynamique urbaine plus large.
Pour Fabrice Belliard, dirigeant de FPB Holding, cette opération illustre la capacité du territoire à mobiliser l’ensemble de son écosystème : plusieurs centaines d’acteurs du BTP interviennent directement sur le chantier, auxquels s’ajoutent les projets publics et privés en périphérie, créant « une dynamique territoriale exceptionnelle » .
SIMAR et SOAME : structurer le territoire via les opérateurs locaux

Autre temps fort, la rencontre avec deux filiales du groupe Caisse des Dépôts : la SIMAR et la SOAME. Ces structures occupent une place centrale dans la production de logements sociaux et l’aménagement urbain en Martinique.
La SIMAR, premier bailleur social de l’île, gère un parc important de logements et accompagne des milliers de ménages. La SOAME, quant à elle, intervient comme aménageur, avec des missions couvrant la construction, le conseil et le portage foncier.

La signature d’une convention triennale avec la SIMAR marque une étape importante, en fixant un cadre d’accompagnement sur plusieurs années. Elle illustre la volonté de structurer l’action dans le temps, en s’appuyant sur des opérateurs locaux déjà bien implantés. Comme le souligne Antoine Saintoyant, ces structures « incarnent la capacité du Groupe à déployer, sur un même territoire, ingénierie d’aménagement et production de logements sociaux », traduisant une approche intégrée du développement territorial .
La visite de site conjointe avec la SOAME vient compléter cette séquence, en mettant en lumière la capacité à articuler ingénierie, production et financement autour de projets opérationnels.
Infrastructures : le Grand Port Maritime au cœur des enjeux de résilience

Autre séquence structurante du déplacement en Martinique, la signature d’un partenariat avec le Grand Port Maritime vient élargir le périmètre d’intervention vers les infrastructures stratégiques. Avec plus de 95 % des flux de marchandises transitant par le port, celui-ci constitue un point névralgique pour l’approvisionnement de l’île et le fonctionnement de son économie.
Dans ce contexte, la sécurisation et l’adaptation des installations deviennent des enjeux majeurs, d’autant plus que le site est directement exposé aux risques climatiques, notamment les cyclones, les submersions marines et l’érosion du littoral.

Le partenariat engagé vise à accompagner une transformation progressive du port autour de plusieurs axes, parmi lesquels la transition énergétique, avec le développement de solutions renouvelables et l’électrification des usages, mais aussi la résilience des infrastructures, à travers l’adaptation des quais et des équipements aux évolutions du trait de côte. Une attention particulière est également portée aux milieux naturels, avec des actions liées à la préservation de la biodiversité et à la qualité des eaux.
Pour Bruno Mencé, président du directoire du Grand Port Maritime de la Martinique, « dans un territoire où plus de 95 % des flux passent par le port, notre responsabilité est de garantir la continuité d’activité tout en adaptant les infrastructures aux effets du changement climatique ». Une orientation partagée par la Banque des Territoires, qui souligne, par la voix d’Antoine Saintoyant, la nécessité d’accompagner « des infrastructures durables et résilientes », en cohérence avec les enjeux propres aux territoires insulaires.
Filière pêche : vers une structuration économique progressive

Le 22 avril au matin, la délégation poursuit sa visite avec la signature d’une convention avec le Collectif Pêche Martinique (COPEM). Ce partenariat vise à financer une nouvelle phase d’étude consacrée à la valorisation et à la transformation des produits de la pêche.
Dotée de 43 k€, cette seconde phase s’inscrit dans la continuité d’un premier accompagnement de 74 k€, qui avait permis de poser les bases du projet : définition du modèle économique, structuration juridique, conception d’un prototype de navire et organisation de la filière .
Pour Hugo Coco, président du COPEM, cet accompagnement marque une évolution importante pour le secteur : « grâce à l’appui de la Banque des Territoires, nous passons d’un métier difficile et précaire à une activité structurée et porteuse d’avenir ». Une transformation qui repose à la fois sur la montée en compétence des acteurs, l’amélioration des outils de production et une meilleure valorisation des produits .
L’enjeu dépasse la seule activité halieutique. Il concerne la capacité du territoire à structurer une filière économique locale et à réduire sa dépendance aux importations, dans une logique de souveraineté alimentaire.
Anses-d’Arlet : un projet d’aménagement au service du quotidien
Aux Anses-d’Arlet, la signature d’un prêt de 1,7 M€ pour la construction d’un parking illustre une autre dimension de l’intervention : l’aménagement du quotidien. Ce projet, d’un montant global de près de 2 M€, vise à répondre à des problématiques concrètes de stationnement, particulièrement en période d’affluence touristique.

Pensé comme un levier d’organisation du centre-bourg, l’équipement doit permettre d’apaiser les circulations, de limiter le stationnement sauvage et de soutenir les activités locales. Il intègre également des aménagements durables, comme la végétalisation, l’éclairage LED et des bornes de recharge pour véhicules électriques.

Pour Antoine Saintoyant, ce type d’opération traduit une approche pragmatique de l’aménagement : « des solutions concrètes pour améliorer le quotidien des habitants, tout en intégrant des aménagements durables ». Une vision partagée par le maire Eugène Larcher, qui y voit « une réponse concrète aux attentes des habitants et des visiteurs », ainsi qu’un premier jalon dans une stratégie plus large de développement du territoire .
La déambulation dans la commune permet d’ancrer le projet dans son environnement réel, en mettant en perspective les enjeux d’une destination touristique qui doit concilier attractivité, qualité de vie et développement durable.
Saint-Martin : reconstruire en intégrant de nouveaux standards
À Saint-Martin, la visite conduite par la directrice du réseau de la Banque des Territoires s’inscrit dans la continuité de la reconstruction engagée après le passage de l’ouragan Irma en 2017. Deux projets structurants jalonnent cette séquence qui illustrent chacun, à leur échelle, une évolution des standards de construction et d’aménagement :
- la reconstruction du collège 900
- la rénovation du Beach Hôtel

Gisèle Rossat-Mignod sur Linkedin
Le collège 900, financé à hauteur de 4 M€, remplace les infrastructures détruites et s’inscrit dans une logique de montée en capacité et en qualité. Conçu pour accueillir jusqu’à 900 élèves, l’établissement intègre des dispositifs adaptés aux contraintes climatiques du territoire, notamment en matière de résistance aux événements extrêmes. Il intègre également des équipements visant à améliorer sa performance environnementale, comme les panneaux solaires ou les systèmes de récupération des eaux de pluie .
Au-delà de la reconstruction des bâtiments, ces choix techniques traduisent une attention particulière portée à l’anticipation des risques. Les projets intègrent dès leur conception des critères de résilience, en réponse à l’exposition du territoire aux aléas climatiques, avec une volonté d’inscrire les équipements dans la durée.
Dans le même temps, la rénovation du Beach Hôtel, financée à hauteur de 10 M€, participe à la relance du secteur touristique. L’opération vise non seulement à remettre en état les infrastructures existantes, mais également à rehausser le niveau de prestation et à intégrer des aménagements plus durables.
L’intervention conjointe sur un équipement public et une infrastructure touristique met en lumière une approche élargie de la reconstruction, où les projets s’inscrivent dans une logique d’amélioration des usages, d’adaptation aux contraintes locales et de montée en qualité des équipements.
Guadeloupe : la géothermie comme levier stratégique
En Guadeloupe, la visite de la centrale géothermique de Bouillante marque un changement d’échelle dans la nature des projets accompagnés. Ici, l’intervention de la Banque des Territoires, aux côtés de Bpifrance, s’inscrit dans une logique industrielle, avec un objectif : renforcer la production locale d’électricité renouvelable et réduire la dépendance aux énergies fossiles.
La séquence du 23 avril s’est déroulée sur site, où Antoine Saintoyant et Hervé Lelarge ont pu constater l’impact du financement conjoint mobilisé en faveur de l’exploitant, filiale du groupe ORMAT. L’opération repose sur un investissement de 3,2 M€ de la Banque des Territoires et un prêt de 22 M€ de Bpifrance, destinés à accompagner une nouvelle phase de développement de la centrale.

Exploitée depuis plus de trente ans, la centrale constitue déjà un élément structurant du mix énergétique guadeloupéen. Avec une puissance installée de 15,5 MW, elle couvre près de 10 % des besoins électriques de l’île. Le projet vise désormais une montée en puissance, avec un objectif de 50 MW à horizon 2030, soit environ 20 % des besoins du territoire .
Pour Antoine Saintoyant, la géothermie représente dans les territoires insulaires une solution « durable et compétitive » pour accompagner la transition énergétique, tandis que Bpifrance souligne le potentiel encore sous-exploité de cette filière et la nécessité de sécuriser ce type d’investissements
Guyane : redynamiser le tourisme et valoriser le patrimoine
En Guyane, la séquence s’inscrit dans une logique différente, centrée sur la revalorisation du patrimoine et le développement de l’attractivité locale. À Saint-Laurent-du-Maroni, la Banque des Territoires accompagne la rénovation du Relais Barcarel, une maison issue de la période du bagne, appelée à être transformée en un espace mixte dédié à l’hébergement touristique et aux activités économiques.

Financé à hauteur de 783 366 €, le projet vise à reconvertir une friche urbaine en un lieu structurant pour le centre-ville, dans un contexte marqué par un déficit d’offre d’hébergement pour les séjours courts et les missions professionnelles .
Pour Antoine Saintoyant, cette opération traduit une capacité d’intervention adaptée aux spécificités locales : « le projet du Relais Barcarel illustre la capacité de la Banque des Territoires à répondre aux enjeux spécifiques des régions ultramarines…en faveur de la préservation du patrimoine historique », en s’appuyant sur des acteurs privés et publics pour faire émerger des projets structurants .
Cette intervention s’inscrit dans une dynamique plus large de revitalisation, en lien avec des dispositifs comme Action Cœur de Ville ou le Nouveau Programme National de Rénovation Urbaine, qui visent à renforcer l’attractivité des centres urbains.
Une stratégie d’intervention structurée entre cohésion, transition et souveraineté
Prises dans leur ensemble, les différentes séquences de cette tournée Antilles–Guyane mettent en évidence une logique d’intervention structurée, qui dépasse la diversité des projets présentés. Sur trois jours, la Banque des Territoires mobilise plusieurs leviers — prêts, investissements et conventions — au service d’opérations couvrant un spectre large, du logement à l’énergie, en passant par les filières économiques et l’aménagement urbain.
Un premier axe concerne la cohésion territoriale, à travers le soutien au logement et aux équipements publics. En Martinique, la visite du chantier Maison Rouge s’inscrit dans cette dynamique. Elle se prolonge par la signature d’une convention triennale avec la SIMAR, principal bailleur social de l’île, ainsi que par l’accompagnement de projets d’aménagement, à l’image de celui des Anses-d’Arlet, pensé pour organiser les flux et améliorer le fonctionnement du centre-bourg.
Le deuxième axe porte sur la transformation écologique, avec des opérations intégrant des enjeux énergétiques et environnementaux. En Guadeloupe, le financement de 25,2 M€ accompagne le développement de la centrale géothermique de Bouillante. À une autre échelle, plusieurs projets urbains intègrent également des composantes durables, traduisant une attention croissante portée à l’adaptation des territoires et à la réduction des impacts.
Le troisième axe concerne la souveraineté, qu’elle soit énergétique ou alimentaire. En Martinique, le partenariat avec le Collectif Pêche Martinique s’inscrit dans une démarche de structuration de la filière halieutique, avec des objectifs de valorisation des produits et de réduction de la dépendance aux importations. Cette logique se retrouve également dans les investissements énergétiques, qui visent à renforcer les capacités de production locale dans des territoires insulaires dépendants des ressources extérieures.
Au-delà de ces trois dimensions, la tournée met en lumière un mode d’intervention fondé sur l’articulation de plusieurs leviers complémentaires. La Banque des Territoires intervient à la fois en prêt de long terme, en investissement et en ingénierie, en s’appuyant sur des partenaires locaux identifiés comme porteurs de projets. Les opérations reposent ainsi sur des coopérations entre collectivités, bailleurs, opérateurs privés et institutions, traduisant une approche ancrée dans les dynamiques territoriales.
Entre le 20 et le 23 avril 2026, la Banque des Territoires a enchaîné les séquences aux Antilles–Guyane, au contact direct des projets et des acteurs locaux. Cette présence de terrain confirme une logique d’intervention ancrée, où le financement s’articule avec les dynamiques déjà engagées sur les territoires.









