Réunie le 5 juin dernier, l’organisation Guadeloupe Économique a lancé un appel pressant aux pouvoirs publics face à la dégradation de la situation du secteur du bâtiment et des travaux publics.
Dans un communiqué publié le 8 juin, les représentants du monde économique évoquent une « crise sans précédent » susceptible de menacer « la survie de nombreuses entreprises, des milliers d’emplois et la réalisation des projets structurants du territoire ».
Signé notamment par la CCI des Îles de Guadeloupe, l’Union des Entreprises de Guadeloupe (UDEG), la FRBTP, la CPME, l’UMIH ou encore l’Ordre des Experts-Comptables de la région Guadeloupe, le texte appelle l’État, les collectivités et les donneurs d’ordre publics à engager « sans délai » un dialogue avec les professionnels du secteur.
Une crise d’approvisionnement qui fragilise les chantiers
Au cœur des inquiétudes figure la fermeture d’une carrière considérée comme essentielle à l’approvisionnement du marché local. Selon les signataires, cette situation a profondément désorganisé la filière.
« Les entreprises sont désormais contraintes de s’approvisionner à l’extérieur de la Guadeloupe », souligne le communiqué, entraînant des « surcoûts considérables liés au transport, à la logistique et aux délais d’acheminement des matériaux indispensables à la poursuite des chantiers ».
Les organisations économiques estiment que cette situation exceptionnelle bouleverse l’équilibre financier de nombreux marchés en cours. Elles regrettent que « de nombreuses collectivités et maîtres d’ouvrage publics refusent à ce jour de prendre en compte ces surcoûts exceptionnels », alors même qu’ils pèsent directement sur l’activité des entreprises.
Selon Guadeloupe Économique, les conséquences sont déjà visibles : dégradation des trésoreries, difficultés d’exécution des commandes, ralentissement des opérations et menaces sur l’emploi local.
Le ralentissement des permis de construire également pointé du doigt
Le communiqué met également en lumière un second facteur de fragilisation : le ralentissement de la délivrance des permis de construire.
Les signataires relient notamment cette situation aux difficultés rencontrées en matière d’alimentation en eau potable et d’assainissement. Conséquence directe, « de nombreux projets de logements, d’équipements et d’investissements privés » se retrouvent retardés, contribuant à la baisse du nombre de chantiers lancés sur le territoire.
Pour les représentants économiques, la combinaison de ces retards administratifs, de la hausse du coût des matériaux et des difficultés d’approvisionnement « fragilise l’équilibre économique de nombreuses opérations » et menace la réalisation de plusieurs projets structurants pour la Guadeloupe.
Un appel à des mesures exceptionnelles
Face à cette situation, Guadeloupe Économique demande la mise en place rapide de mesures adaptées. L’organisation appelle notamment à « la reconnaissance des surcoûts réels liés à l’approvisionnement extérieur », à « l’adaptation des marchés publics en cours lorsque les conditions économiques ont été profondément modifiées » ainsi qu’à la préservation des emplois et du tissu économique local.
Les signataires plaident également pour la sécurisation des investissements jugés indispensables au développement du territoire.
Rappelant que « le BTP constitue un pilier majeur de l’économie guadeloupéenne », les représentants économiques alertent sur les conséquences potentielles d’une absence de réaction rapide. « Sans réaction rapide des pouvoirs publics, c’est l’ensemble de la filière qui risque de s’enfoncer dans une crise aux conséquences économiques et sociales majeures pour la Guadeloupe », préviennent-ils.
En conclusion de leur communiqué, les organisations réunies au sein de Guadeloupe Économique lancent un « cri d’alerte » et appellent à « une mobilisation collective et responsable de tous les acteurs ».









