Les nouvelles données régionales sur l’énergie publiées le 14 avril 2026 permettent d’observer l’évolution de la production et de la consommation énergétique dans les territoires français.
Pour La Réunion, les statistiques couvrent la période 2013-2024 et mettent en lumière la structure du système énergétique local. Elles confirment notamment une caractéristique bien connue des territoires insulaires : une production énergétique locale encore limitée face à une demande largement alimentée par les importations.
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Une production énergétique locale encore modeste
En 2024, la production d’énergie primaire à La Réunion atteint environ 694 (unité énergétique utilisée dans les statistiques nationales). Cette production provient essentiellement de ressources locales renouvelables. Elle inclut notamment la biomasse et la bagasse issues de la filière canne, mais aussi l’énergie hydraulique et le solaire.
Même si ces filières jouent un rôle important dans le mix énergétique de l’île, leur volume reste relativement modeste. Les données montrent en effet que la consommation primaire totale atteint environ 5 445 en 2024, soit un niveau nettement supérieur à la production locale.
Cet écart traduit la réalité énergétique du territoire : la production interne ne couvre qu’une part limitée des besoins énergétiques.
Des importations au cœur de l’approvisionnement énergétique
Les données régionales mettent également en évidence l’importance des approvisionnements extérieurs. En 2024, les échanges extérieurs d’énergie atteignent près de 9 742, confirmant le rôle central des importations dans l’alimentation énergétique du territoire.
Ces flux concernent principalement :
- les produits pétroliers
- les carburants destinés aux transports
- certains combustibles utilisés pour la production d’électricité.
Cette dépendance énergétique reste une caractéristique structurante de nombreux territoires d’Outre-mer, où les contraintes géographiques et les ressources disponibles limitent les possibilités d’autonomie énergétique.
Le transport, premier poste de consommation d’énergie
L’analyse sectorielle des consommations révèle un autre enseignement majeur : le transport constitue le premier poste de consommation énergétique à La Réunion.
En 2024, ce secteur représente environ 5 817, soit plus de la moitié de la consommation finale d’énergie, qui atteint au total 10 707.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation :
- une forte utilisation de la voiture individuelle
- l’absence de réseau ferroviaire
- une dépendance importante aux carburants routiers.
Ces éléments placent les enjeux de mobilité au cœur des politiques énergétiques territoriales.
Des consommations importantes dans les bâtiments
Les données montrent également le poids énergétique des bâtiments dans l’économie réunionnaise. Le secteur résidentiel consomme environ 2 242, tandis que le secteur tertiaire atteint près de 1 380.
Ces consommations correspondent principalement aux usages liés :
- à l’électricité
- à la climatisation
- à l’éclairage
- aux équipements domestiques et professionnels.
Dans un territoire soumis à des conditions climatiques tropicales, la maîtrise des besoins énergétiques du bâti constitue ainsi un enjeu important, notamment dans le cadre des politiques de performance énergétique et de transition énergétique.
Une base statistique pour analyser les enjeux énergétiques du territoire
Au total, les données régionales couvrant la période 2013-2024 offrent un aperçu détaillé de la structure énergétique réunionnaise. Elles confirment une production locale encore limitée, une forte dépendance aux importations et un système énergétique largement dominé par les carburants et les usages liés à la mobilité.
Ces éléments constituent une base d’analyse précieuse pour comprendre les défis énergétiques auxquels fait face le territoire, dans un contexte de transition énergétique et de développement des énergies renouvelables.
Source : Données régionales de production et de consommation finale de l’énergie – Publié le 14/04/2026









