Réparer les maisons endommagées, mieux prévenir les risques naturels et accompagner les futurs projets de construction. À Mayotte, plusieurs orientations annoncées par le Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) pour 2026 ont déjà donné lieu à des réalisations.
Parmi elles figure le manuel HODI consacré à la réparation des maisons mahoraises maçonnées, désormais disponible pour les habitants et les artisans.
Des outils pour mieux reconstruire après les cyclones
Élaboré à partir des diagnostics réalisés après le cyclone CHIDO, cet outil propose des solutions pour traiter notamment les infiltrations d’eau et les fissures dans les éléments de structure. Il s’inscrit dans la continuité du premier guide HODI, consacré aux recommandations de reconstruction.
Le CAUE a également diffusé trois vidéos de sensibilisation à la construction en zone à risques, accessibles depuis juin 2026 en français et en shimaoré. Elles abordent les risques naturels, les inondations et mouvements de terrain, ainsi que les principes de construction parasismique et paracyclonique.
Ces publications concrétisent une partie de la feuille de route présentée dans le rapport d’activités 2025 du CAUE de Mayotte. Au-delà de la réparation des bâtiments, l’organisme entend développer une approche plus globale de l’habitabilité, en tenant compte des contraintes climatiques, des usages locaux et de la qualité des logements.
Cette orientation doit notamment se traduire par l’édition du guide Construire sa maison à Mayotte. Le document annoncé vise à aborder les formes urbaines adaptées aux réalités sociales et climatiques du territoire, l’insertion des habitations dans leur environnement et la prise en compte des modes de vie mahorais. Sa publication effective reste toutefois à confirmer.
Des logements aux projets des collectivités
L’accompagnement des communes et intercommunalités constitue un autre axe important des perspectives 2026. Le CAUE prévoit de renforcer son intervention en amont des projets structurants, notamment pour articuler les plans locaux d’urbanisme intercommunaux (PLUi) avec le schéma d’aménagement régional (SAR), faciliter la compréhension des réglementations et mieux intégrer la prévention des risques naturels.
L’accueil envisagé d’architectes résidents dans les communes doit également contribuer à identifier les potentiels de développement et à définir des orientations territoriales à plus long terme.
Le rapport prévoit par ailleurs une coordination accrue avec les services de l’État et l’EPRDM, ainsi qu’un accompagnement de la formation des artisans du BTP.
La formation et la prévention au cœur des actions
La transmission des compétences occupe aussi une place dans ce programme. Le CAUE souhaite développer des formations ciblées pour les élus et les professionnels, tout en poursuivant ses actions pédagogiques auprès des jeunes et ses coopérations avec les écoles d’architecture.
Les échanges entre professionnels se sont déjà poursuivis cette année. Selon le calendrier des tables rondes publié par le CAUE, une rencontre du 26 février 2026 a notamment porté sur les risques climatiques et la reconstruction, tandis qu’une autre, le 25 juin, était consacrée aux outils pédagogiques d’accompagnement à la reconstruction et au manuel HODI.
Cette dynamique s’étend également à l’échelle de l’océan Indien. Le CAUE de Mayotte figure parmi les partenaires de la Biennale internationale d’architecture tropicale 2026, organisée à La Réunion du 3 au 6 novembre. Alors que cette quatrième édition s’achève ce vendredi, une table ronde du CAUE consacrée à l’urbanité et à l’habitabilité insulaires figurait au programme du 3 novembre.
Entre outils de reconstruction, conseil aux collectivités et formation des acteurs locaux, les orientations du CAUE cherchent ainsi à inscrire la prévention des risques dans les pratiques de construction et d’aménagement.










