GUADELOUPE. près de 58 % de demandes supplémentaires en 5 ans, un parc à réajuster

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Fin 2025, la Guadeloupe compte 16 491 demandes actives de logement social. Leur nombre a progressé de près de 58 % en cinq ans, tandis que la structure du parc ne correspond pas toujours aux typologies aujourd’hui recherchées, notamment sur les T2.


Une demande qui s’est fortement accélérée

La pression sur le logement social s’installe dans la durée en Guadeloupe. Fin 2025, 16 491 ménages sont en attente d’un logement, contre 15 816 un an auparavant. La progression annuelle atteint 4,3 %, mais c’est surtout l’évolution depuis 2021 qui retient l’attention : en cinq ans, le volume de la demande a augmenté de près de 58 %.

Cette accélération était déjà visible dans le précédent fascicule territorial de l’Union sociale pour l’habitat. Les demandes actives étaient passées de 10 449 fin 2021 à 12 864 en 2022, puis à 14 963 en 2023.

La demande reste par ailleurs fortement concentrée. Cap Excellence rassemble 8 337 dossiers, soit plus de la moitié des demandes guadeloupéennes. L’intercommunalité concentre aussi le plus grand volume de logements sociaux du territoire, avec 20 579 unités.

Mais la montée du nombre de dossiers ne suffit pas à expliquer les tensions. La composition des ménages et les logements recherchés montrent aussi que le parc doit progressivement s’ajuster.

Des petits ménages face à un parc surtout composé de T3

La taille moyenne d’un ménage demandeur est de 1,9 personne. Près d’une demande sur deux émane d’une personne seule, tandis que les familles monoparentales avec enfants représentent 40 % des dossiers. Plus de la moitié des demandeurs ne disposent par ailleurs pas de leur propre logement ; 36 % sont notamment hébergés chez un parent ou un enfant.

Cette structure était déjà très marquée en 2023 : les personnes seules représentaient alors 47 % des demandeurs et les familles monoparentales 41 %, soit 88 % des dossiers à elles deux.

Les motifs exprimés confirment la recherche de logements mieux adaptés. 37 % des demandeurs déclarent vivre dans un « logement trop petit », proportion qui monte à 39 % parmi les primo-demandeurs.

Ce besoin se retrouve directement dans les typologies demandées.

Au 1er janvier 2025, la Guadeloupe compte 40 044 logements sociaux. Les T3 constituent la moitié du parc, alors qu’ils représentent 32 % de la demande. Le décalage est beaucoup plus net sur les T2 :

  • T2 : 37 % de la demande, contre 14 % du parc ;
  • T3 : 32 % de la demande, pour 50 % du parc ;
  • T4 : 16 % de la demande, contre 29 % du parc.

L’USH souligne ainsi le besoin « d’augmenter la production de logements T2 » pour mieux répondre à la demande. Le constat était déjà presque identique en 2023, lorsque les T2 représentaient 36 % des logements recherchés mais seulement 13 % du parc.

La rotation ne suffit pas à corriger le décalage

Le taux de rotation du parc atteint 10,7 % en 2025. Cette mobilité permet à une partie des logements de revenir chaque année à l’attribution, mais elle ne corrige pas nécessairement le décalage entre les typologies disponibles et celles qui sont aujourd’hui les plus recherchées.

L’enjeu n’est pas uniquement typologique. 79 % des demandeurs se situent sous le plafond de ressources LLTS, tandis que leurs ressources mensuelles moyennes atteignent environ 1 265 euros par unité de consommation.

Autrement dit, la programmation doit conjuguer deux contraintes : produire davantage de petites typologies, en particulier des T2, tout en maintenant des niveaux de loyers compatibles avec les ressources des ménages.


En 2025, le taux de succès des demandes s’établit à 15,5 % en Guadeloupe. Dans un contexte où la demande a progressé de près de 58 % en cinq ans, l’adaptation du parc devient donc aussi déterminante que son volume.


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Source : USH / La demande de logement social en Outre-mer – Edition 2026