En Guyane, la valorisation des arbres de petit diamètre ouvre de nouvelles perspectives pour la construction en bois local. Appuyé par les travaux scientifiques de Maëva Leroy, un projet expérimental à Maripasoula explore l’utilisation de ces ressources forestières, de leurs propriétés mécaniques aux techniques d’assemblage nécessaires à leur mise en œuvre.
Avec environ 7,5 millions d’hectares de forêt et plus de 1 800 espèces d’arbres, la Guyane dispose d’une importante diversité de ressources ligneuses. Pourtant, selon un document des Compagnons Bâtisseurs consacré à la construction en bois rond, seules quelque 80 essences sont considérées comme techniquement utilisables, et une trentaine sont exploitées.
Certaines espèces présentent néanmoins un intérêt particulier pour la construction sous forme de bois rond, notamment lorsque leurs troncs mesurent entre 5 et 10 cm de diamètre. Leur utilisation permet d’envisager des éléments structurels conservant leur forme naturelle, sans passer systématiquement par le sciage.
La gaulette, une essence adaptée à la construction en bois rond
Parmi les espèces étudiées, la gaulette (Licania alba) se distingue par ses propriétés mécaniques. Présente dans les forêts guyanaises, elle possède une rigidité élevée et une résistance naturelle aux termites et aux champignons, selon le document des Compagnons Bâtisseurs.
Les recherches de Maëva Leroy, consacrées à la caractérisation et à la valorisation des bois ronds de petit diamètre, ont permis d’examiner le potentiel constructif de 8 essences locales. Ces travaux s’intéressent notamment à leur résistance mécanique, à leur comportement au séchage et à leur durabilité biologique.
L’un des intérêts du bois rond réside dans la conservation des fibres et de leur agencement naturel, qui contribue à ses performances mécaniques. Certaines pièces peuvent ainsi être utilisées après un simple écorçage, sous réserve de sélectionner des bois adaptés et de maîtriser leurs conditions de mise en œuvre.
Cette approche offre une piste de valorisation complémentaire pour les ressources forestières guyanaises, sans se substituer aux filières traditionnelles du bois d’œuvre.
Des techniques d’assemblage adaptées aux caractéristiques du matériau
La construction en bois rond nécessite des assemblages spécifiques, tenant compte de la forme cylindrique des pièces et de leur comportement mécanique.
Plusieurs solutions sont présentées dans le retour d’expérience des Compagnons Bâtisseurs. Le brelage, qui consiste à solidariser les éléments à l’aide de liens, peut employer des matériaux biosourcés traditionnels ou des cordages synthétiques.
Le froissartage, fondé sur des assemblages travaillés dans le bois, constitue une autre possibilité, aux côtés du boulonnage et des connecteurs métalliques.
La maîtrise des fissures représente également un enjeu. Lors du séchage, le retrait du bois peut provoquer des fentes, notamment aux extrémités des poteaux. Pour limiter ce phénomène, le document présente des dispositifs de cerclage métallique et des agrafes anti-fentes.
Ces techniques illustrent l’importance du choix des assemblages dans la conception des structures. Leur efficacité doit toutefois être appréciée en fonction des essences employées, des sollicitations mécaniques et des conditions d’exposition.
À Maripasoula, un projet expérimental pour explorer ces possibilités

À Maripasoula, un projet expérimental auquel s’est associée Maëva Leroy explore l’utilisation du bois rond de petit diamètre dans la construction. Le document des Compagnons Bâtisseurs présente plusieurs modélisations d’une structure couverte, avec des éléments de charpente en bois rond.
En parallèle, le CNRS fait état d’un carbet expérimental équipé de capteurs pour suivre l’humidité et les déformations du bois, afin de mieux comprendre son comportement dans le temps.









