Face au recul généralisé des marchés du bâtiment, la Fédération française du bâtiment appelle le gouvernement à agir dès le projet de loi de finances pour 2027. L’organisation réclame notamment des mesures pour relancer le logement, préserver la rénovation énergétique et soutenir la trésorerie des entreprises.
Tous les marchés passent dans le rouge
« Le bâtiment est en crise, tous les signaux passent au rouge », a alerté la FFB lors de sa conférence de presse du 15 septembre 2026.
La Fédération prévoit un recul de 0,3 % de l’activité en volume en 2026. Sur quatre ans, la contraction atteindrait 12,3 %, avec près de 60 000 emplois perdus, dont 20 000 en 2026.
Dans le logement neuf, les mises en chantier resteraient sous les 300 000 unités, contre un besoin estimé à 420 000 logements par an. Le recul récent des permis de construire laisse également présager une nouvelle baisse des chantiers en 2027.
Le ralentissement touche désormais l’amélioration-entretien, qui représente 60 % de l’activité du bâtiment. Ce marché a reculé de 3,3 % en volume entre les deuxièmes trimestres 2025 et 2026. La rénovation énergétique diminue de 4,3 %.
Le logement au cœur des attentes
Face à cette situation, la FFB fait du PLF 2027 une échéance déterminante. Elle demande notamment une amélioration du dispositif fiscal Jeanbrun, son ouverture à la maison individuelle neuve et le lancement d’un troisième programme de renouvellement urbain, Anru III.
La Fédération réclame également le maintien du prêt à taux zéro et son extension à l’acquisition de logements anciens en outre-mer. Elle s’oppose par ailleurs à un relèvement de la réduction de loyer de solidarité, qui réduirait les capacités d’investissement des organismes de logement social.
En matière de rénovation énergétique, la FFB souhaite préserver les financements de MaPrimeRénov’, des certificats d’économies d’énergie et du Fonds vert au niveau fixé par la loi de finances initiale pour 2026.
Des entreprises fragilisées
La Fédération alerte enfin sur les marges et les trésoreries, affectées par la hausse des matériaux et les délais de paiement. Près de 12 000 entreprises pourraient connaître une procédure de redressement ou de liquidation en 2026.
La FFB demande notamment un assouplissement des règles du crédit immobilier, la stabilisation du financement de l’apprentissage et une facturation électronique adaptée aux marchés de travaux.
Elle réclame également une pause sur les seuils 2028 et 2031 de la RE2020 et rejette la réforme de la REP bâtiment.
Source : FFB









