Logement social : la pression de la demande s’accentue dans les OUTRE-MER

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D. Brooks / Shutterstock

La demande de logement social a continué de progresser en 2025 dans les territoires ultramarins. La hausse atteint 12,1 % en Guyane et 17 % à Mayotte, contre 4,3 % à l’échelle nationale, selon l’édition 2026 des Hlm en chiffres publiée par l’Union sociale pour l’habitat. Les écarts sont également marqués lorsqu’on regarde les capacités d’attribution.

La tension sur le logement social se renforce. À fin 2025, 2,87 millions de ménages disposent d’une demande active en France. Depuis 2013, leur nombre a augmenté de plus de 60 %, bien davantage que la population (+4,6 %) ou le nombre de ménages (+10 %). Dans les Outre-mer, cette progression prend une ampleur particulière dans certains territoires.

Entre fin 2024 et fin 2025, l’évolution de la demande atteint :

  • +17 % à Mayotte ;
  • +12,1 % en Guyane ;
  • +5,3 % en Martinique ;
  • +4,6 % à La Réunion ;
  • +4,3 % en Guadeloupe, soit le même rythme que la moyenne nationale.

L’Union sociale pour l’habitat relève d’ailleurs que « les plus fortes hausses sont enregistrées en Provence-Alpes-Côte d’Azur, en Occitanie ainsi que dans certains DOM (Guyane et Mayotte) ».

À Mayotte, seulement 5 % de taux de succès

L’augmentation du nombre de dossiers ne suffit toutefois pas à mesurer la pression. Le rapport la met en regard du taux de succès, calculé en rapportant le nombre de logements attribués en 2025 au nombre de demandeurs enregistrés à la fin de l’année.

Sur cet indicateur, les situations ultramarines divergent fortement. La Guadeloupe atteint 16 % et la Guyane 15 %, légèrement au-dessus de la moyenne nationale de 14 %. Le taux tombe en revanche à 12 % en Martinique et à La Réunion.

Mayotte se distingue très nettement : le territoire affiche un taux de succès de seulement 5 %, parallèlement à une hausse de 17 % de la demande. Selon l’indicateur retenu par l’USH, cela représente environ une attribution au cours de l’année pour vingt demandes actives fin 2025.

À l’échelle française, la situation reste elle-même tendue : 394 000 logements ont été attribués en 2025, soit environ une demande satisfaite sur sept. Le taux de rotation du parc Hlm a parallèlement atteint son plus bas niveau, à 7 %, contre 10,3 % en 2011, réduisant mécaniquement le nombre de logements qui se libèrent pour de nouvelles attributions.

Un parc social pourtant déjà très présent

La progression de la demande intervient dans des territoires où le logement social occupe déjà une place supérieure à la moyenne française.

En Guyane, 22,9 % des résidences principales relèvent du parc social. La proportion atteint 22,7 % à La Réunion, 19,8 % en Guadeloupe et 19,5 % en Martinique, contre 15,7 % pour la France entière.

L’USH souligne ainsi que La Réunion et la Guyane figurent, avec l’Île-de-France et les Hauts-de-France, parmi les régions où les locataires du parc social représentent plus de 20 % des ménages.

Ces données montrent que la pression ne concerne donc pas uniquement des territoires disposant d’un parc social réduit. En Guyane notamment, la demande augmente de 12,1 % en un an alors que le logement social représente déjà près d’un quart des résidences principales.

Côté production, l’édition 2026 des Hlm en chiffres comptabilise enfin 3 700 agréments de logements sociaux pour les territoires d’outre-mer en 2025, relevant de dispositifs budgétaires distincts de ceux du droit commun métropolitain. Le document ne détaille toutefois pas leur répartition entre les différents territoires d’Outre-mer.


Source : Les Hlm en chiffres – Edition 2026 – Repères n° 174