La CERC Guadeloupe a mis à disposition une fiche de caractérisation des déchets issus du BTP en Guadeloupe, élaborée à partir d’une étude de gisement fondée sur des données 2024. L’outil doit permettre aux professionnels de mieux identifier les différents flux, leurs conditions de gestion et les solutions disponibles sur le territoire.
Cette publication met surtout en évidence une situation contrastée. Si certains déchets peuvent être recyclés ou préparés localement pour être valorisés, d’autres restent confrontés à des débouchés limités, voire inexistants en Guadeloupe.
Le bilan 2024 de l’Observatoire régional des déchets et de l’économie circulaire recense 28 686 tonnes de déchets inertes professionnels collectées en déchèteries publiques et professionnelles et lors d’opérations collectives.
Il fait également état de 15 000 tonnes de déchets du BTP collectées chez les distributeurs, un chiffre qui couvre uniquement la partie bâtiment, et de 23 614 tonnes de déchets du BTP valorisées, correspondant aux déchets inertes du bâtiment hors carrière.
Des débouchés très variables selon les matériaux
Les déchets inertes figurent parmi les flux disposant des possibilités de valorisation les plus concrètes. Béton, briques, tuiles, céramiques, terres, cailloux ou gravats peuvent, lorsqu’ils sont correctement séparés, être orientés vers des plateformes de traitement.
Ils peuvent notamment servir à produire des granulats recyclés utilisables en remblais ou dans les travaux routiers. Le béton isolé des autres gravats peut également être recyclé.
Pour les métaux, le schéma repose davantage sur une préparation locale. Les métaux ferreux sont regroupés et conditionnés en Guadeloupe avant leur expédition vers des filières de recyclage matière. Les métaux non ferreux, notamment l’aluminium ou le cuivre, suivent également une logique de tri et de conditionnement sur le territoire avant valorisation extérieure.
Les possibilités apparaissent en revanche plus limitées pour les bois issus des chantiers. Les bois de classes A et B sont aujourd’hui majoritairement orientés vers l’installation de stockage de déchets non dangereux. Certains sous-flux, comme les palettes, disposent de débouchés, mais la CERC relève que « ces conditions ne sont pas réunies pour la majorité des bois de classes A et B » lorsqu’il s’agit de développer leur valorisation.
Même constat pour une partie des plastiques. Certains sous-flux de PEHD peuvent être valorisés localement, mais les déchets typiques du bâtiment, comme les tuyaux, gaines ou goulottes, ne disposent pas à ce jour de débouché local de valorisation. À défaut, ils peuvent rejoindre le flux des encombrants.
Pour le verre plat issu du bâtiment, la situation est encore plus contrainte. La fiche fait état d’une « orientation vers l’enfouissement en l’absence de débouché spécifique ». Elle recommande parallèlement de ne pas mélanger le verre aux gravats afin de ne pas dégrader la qualité du flux minéral.
65 % de valorisation visés en 2026
Ces constats interviennent alors que 2026 constitue une échéance importante pour la politique régionale de gestion des déchets du BTP. Le Plan régional de prévention et de gestion des déchets fixe un objectif de 100 % de captage des déchets non dangereux dès 2026 et de 50 % pour les déchets inertes, avant un passage à 60 % en 2032.
En matière de valorisation, la cible est fixée à 65 % en 2026, puis 70 % en 2032.
La nouvelle cartographie de la CERC permet ainsi de mieux distinguer les flux pour lesquels des solutions existent déjà de ceux nécessitant encore une structuration des filières.
L’enjeu dépasse désormais le seul tri sur les chantiers : pour plusieurs matériaux, l’atteinte des objectifs régionaux dépendra aussi de la capacité à développer des débouchés de valorisation et des solutions de reprise adaptées aux contraintes du territoire.









