Les défaillances continuent de progresser dans la construction ultramarine. À fin juin 2026, 696 procédures ont été recensées sur douze mois, soit une hausse de 6,3 %. Une évolution qui contraste avec le recul observé à l’échelle nationale. En Martinique, la situation est plus marquée encore, avec une hausse de 71 % des procédures dans le secteur.
Les entreprises d’Outre-mer restent confrontées à une progression soutenue des défaillances. Entre juillet 2025 et juin 2026, l’IEDOM et l’IEOM ont comptabilisé 3 040 redressements et liquidations judiciaires, contre 2 645 un an plus tôt. La hausse atteint ainsi 14,9 %, contre 5,1 % pour la France entière.
Dans ce contexte, la construction demeure particulièrement exposée. Le secteur totalise 696 défaillances sur douze mois, contre 655 à fin juin 2025, soit une progression de 6,3 %. Il constitue ainsi le premier secteur ultramarin en nombre de procédures, devant le commerce et la réparation automobile, qui en comptent 577.
Une évolution inverse à celle observée au niveau national
La trajectoire en Outre-mer contraste avec celle constatée dans l’ensemble de la France. Sur la même période, les défaillances dans la construction sont passées de 14 720 à 14 483, soit un recul de 1,6 %.
La progression observée dans les Outre-mer montre toutefois des signes de ralentissement. Au premier trimestre 2026, le nombre de défaillances dans la construction augmentait encore de 9,1 % sur un an, contre +6,3 % au deuxième trimestre.
Cette évolution intervient alors que la plupart des secteurs ultramarins enregistrent eux aussi davantage de procédures. Les transports et l’entreposage affichent notamment une hausse de 47,2 %, les activités immobilières de 38,2 % et le commerce et la réparation automobile de 24,1 %. Seuls l’agriculture, la sylviculture et la pêche enregistrent une diminution.
En Martinique, les défaillances de la construction bondissent de 71 %
La situation est particulièrement marquée en Martinique. Toutes activités confondues, 577 défaillances ont été recensées sur douze mois, contre 487 à la même période en 2025, soit une augmentation de 18,5 %. Au premier trimestre, cette progression n’était encore que de 8,5 %.
Mais c’est surtout la construction qui retient l’attention. Selon l’IEDOM, le nombre de procédures y a augmenté de 71 % sur un an.
Cette poussée intervient dans un environnement déjà fragile pour les entreprises du bâtiment martiniquaises. Dans son rapport annuel économique consacré à 2025, publié fin juin, l’IEDOM indiquait que les entreprises du secteur demeuraient en difficulté, malgré l’espoir d’un rebond de l’activité en 2026. L’Institut décrivait plus largement une économie martiniquaise stabilisée mais sans véritable nouvel élan.
Les autres territoires présentent également des évolutions contrastées. Toutes activités confondues, les défaillances augmentent de 40 % en Guyane, de 29 % en Guadeloupe et de 17,7 % à La Réunion.
Au-delà des variations trimestrielles, le niveau atteint dans les Outre-mer reste élevé. À fin juin 2026, les 3 040 défaillances enregistrées toutes activités confondues se comparent à une moyenne de 1 920 au deuxième trimestre sur la période 2010-2019, selon les séries présentées par l’IEDOM-IEOM.
Source : IEDOM – Les défaillances des entreprises ultramarines – 2ème trimestre 2026
Les données portent sur les redressements et liquidations judiciaires.L’IEDOM rappelle qu’une défaillance ne correspond pas nécessairement à une cessation définitive d’activité, une entreprise placée en procédure collective pouvant poursuivre son activité.









