Érosion côtière : 27,6 % du front de mer en recul ou déjà aménagé

0
érosion côtière

La mise à jour 2026 de l’indicateur national de l’érosion côtière révèle que 27,6 % du front de mer français est soit en recul, soit équipé d’ouvrages destinés à contenir l’érosion. Sur les plages, cette proportion atteint 50,1 %.

L’érosion côtière ne concerne pas uniquement les portions du rivage où un recul est aujourd’hui mesurable. Elle touche également des secteurs déjà équipés de murs, de perrés, d’épis ou de brise-lames pour fixer le trait de côte et limiter les mouvements sédimentaires. Cette réalité ressort du nouvel indicateur établi par le Cerema pour le ministère chargé de la Transition écologique. L’étude couvre les côtes de l’Hexagone, de la Corse et des départements et régions d’outre-mer. Elle retrace leurs évolutions depuis les années 1950 jusqu’à 2020.


Une observation du littoral considérablement affinée

La version 2026 repose sur 126 363 profils générés tous les 50 mètres le long du front de mer. Le précédent indicateur, élaboré entre 2015 et 2018, s’appuyait sur 21 683 profils espacés de 200 mètres.

Le Cerema ne compare plus seulement deux positions du trait de côte. La nouvelle méthode mobilise au moins quatre relevés correspondant aux périodes 1950, 2000, 2010 et 2020. Une position intermédiaire autour de 1975 est également utilisée lorsque les données sont disponibles.

Cette approche permet d’étudier plusieurs séquences. Elle apporte une lecture plus précise des phases de recul, d’avancée ou de stabilité. Les données produites par les observatoires locaux ont aussi été intégrées après harmonisation avec la méthode nationale.

Sur les 89 565 profils naturels exploitables entre 1950 et 2020, le constat reste proche de celui du premier indicateur. Au total, 19,8 % sont en recul, contre 12,2 % en avancée. Les 68 % restants présentent une évolution dite non perceptible, comprise entre −0,1 et +0,1 mètre par an.

Les mouvements les plus rapides demeurent minoritaires. Les reculs supérieurs à 1,5 mètre par an représentent 2,1 % des profils étudiés.

Les plages concentrent les principales dynamiques

Les falaises et les côtes rocheuses représentent 49 % du front de mer analysé. Les plages en constituent 38 %, devant les côtes d’accumulation vaseuse, qui comptent pour 9 %. Les 4 % restants correspondent aux secteurs portuaires.

La situation apparaît nettement plus mobile sur les plages. Parmi les 49 055 profils qui y sont localisés, 28 % ont reculé entre 1950 et 2020. Dans le même temps, 19 % ont avancé. La proportion de profils en recul se limite à 5 % sur les côtes rocheuses et à 7 % sur les côtes vaseuses.

L’analyse des périodes successives montre surtout que ces trajectoires sont rarement linéaires. Près de 49 % des profils de plage passent au moins une fois d’une situation d’érosion à une situation d’accrétion, ou inversement. Seuls 17 % restent continuellement en érosion et 11 % en accrétion.

Ces variations invitent à manier les moyennes historiques avec prudence. Une tendance calculée sur plusieurs décennies peut masquer des changements rapides liés aux tempêtes, aux opérations de rechargement ou à la réalisation d’aménagements.

Près de 21 000 ouvrages recensés

La mise à jour de l’indicateur s’accompagne d’une nouvelle cartographie nationale des ouvrages et aménagements littoraux.

Le Cerema en recense 20 871, dont 19 346 restent visibles sur les orthophotographies les plus récentes. Les 1 525 autres sont considérés comme disparus ou ne sont plus identifiables sur les images.

Environ 70 % des ouvrages observables sont des structures longitudinales qui fixent le trait de côte.

Cette catégorie comprend notamment les murs, les perrés et certaines digues. Les structures transversales représentent les 30 % restants. Le recensement dénombre près de 2 400 épis et environ 300 brise-lames non portuaires construits pour lutter contre l’érosion.

Le Cerema élargit ainsi son analyse au-delà des seuls secteurs naturels actuellement en recul.

En additionnant ces derniers aux portions du littoral déjà protégées ou aménagées, 27,6 % de l’ensemble des profils sont concernés par les enjeux d’érosion côtière. Cette part atteint 50,1 % sur les plages.

La présence d’un ouvrage ne permet toutefois pas de mesurer son efficacité. L’étude ne détermine pas non plus quelle aurait été l’évolution du rivage en l’absence de protection.

Des dynamiques contrastées en Outre-mer

Dans les DROM, les évolutions non perceptibles restent majoritaires, mais les profils diffèrent. À Mayotte, elles représentent environ deux tiers des secteurs analysés. La Guyane se distingue par une part plus élevée de profils en avancée, sous l’influence des bancs vaseux amazoniens. L’étude y est toutefois limitée à Cayenne et Rémire-Montjoly.

En Guadeloupe et en Martinique, cette relative stabilité côtoie des portions en recul, en avancée ou bordées d’ouvrages. La Réunion présente davantage de profils en recul que Mayotte, mais aussi une proportion importante de données manquantes.

Ces dynamiques ont déjà des effets sur la planification locale. La liste des communes exposées a été établie par le décret n° 2022-750 du 29 avril 2022. Elle comprend désormais 18 communes martiniquaises, 14 guadeloupéennes, 8 mahoraises, 5 réunionnaises et 5 guyanaises dont l’urbanisme et la politique d’aménagement doivent être adaptés au recul du trait de côte.


érosion côtière

Consulter ici l’indicateur national de l’érosion côtière – Rapport d’étude Juillet 2026