La Société Immobilière de la Guadeloupe prévoit de consacrer 550 millions d’euros à la construction neuve et 335 millions à son patrimoine existant d’ici 2035. Une programmation annoncée dans un territoire où plus de 14 000 demandes de logement sont recensées, selon le bailleur.
Présentée le 30 juillet à l’occasion du bilan annuel 2025, cette trajectoire ouvre une nouvelle séquence pour la SIG. À la tête d’un patrimoine de 19 424 logements, le bailleur entend poursuivre le développement de l’offre tout en renforçant ses interventions sur un parc confronté à d’importants besoins de réhabilitation, d’adaptation et de sécurisation.

Une programmation appuyée sur 79 millions d’euros investis en 2025
L’exercice 2025 donne une première indication du niveau d’activité de la SIG. L’organisme fait état de 79 millions d’euros investis, de 114 logements et commerces livrés ou acquis ainsi que de 221 logements mis en chantier ou acquis. Dans le même temps, 262 réhabilitations ont été lancées et 561 logements réhabilités ont été livrés.
Le bilan apparaît néanmoins plus contrasté du côté de la construction neuve. Dans son rapport annuel, la SIG reconnaît des retards dans les livraisons, imputés notamment à des défaillances de prestataires. Une difficulté qui rappelle que le déploiement du nouveau programme dépendra autant des moyens financiers mobilisés que de la capacité à faire progresser les opérations et à tenir les calendriers.
La construction neuve concentrera la part la plus importante de la programmation annoncée, avec 550 millions d’euros prévus d’ici 2035. La SIG ne précise toutefois pas encore le nombre de logements correspondant à cette enveloppe ni le rythme annuel de production attendu.
« En 2026, la SIG poursuivra également ses engagements en matière de développement de l’offre de logements, de réhabilitation et de renouvellement urbain », indique le rapport.
Le parc existant mobilisera 335 millions d’euros
Le second volet de la programmation porte sur le patrimoine existant, auquel 335 millions d’euros doivent être consacrés. Les interventions devront permettre de rénover les logements, d’améliorer leur confort, d’adapter certains équipements au vieillissement des occupants et de renforcer la sécurité du bâti.
En 2025, la SIG a lancé pour 19,909 millions d’euros de travaux de réhabilitation dans cinq résidences. Aux Citronniers 1, à Saint-François, 8,113 millions d’euros sont consacrés à une opération portant sur 111 logements. À Kalpata, au Raizet, le programme représente 2,621 millions d’euros pour 34 logements. Les trois résidences de Champ Grillé, au Moule, font quant à elles l’objet de 9,175 millions d’euros de travaux.
Ces opérations illustrent la diversité des conditions d’intervention. À Kalpata, le chantier est conduit dans un environnement urbain dense et concerne également des locaux commerciaux en rez-de-chaussée. À Champ Grillé, la SIG intervient sur un ensemble rural composé de maisons individuelles en bande et de logements semi-collectifs. Dans les deux cas, les travaux doivent composer avec l’occupation des sites et le maintien des usages.
Le confortement parasismique parmi les priorités
La prévention du risque sismique constitue l’un des axes structurants de la stratégie patrimoniale. Plusieurs opérations associent déjà réhabilitation lourde et confortement parasismique, notamment aux Barbadines, à Morne Flory, aux Citronniers 1 et à Kalpata.
Aux Barbadines, au Moule, l’opération concerne environ 260 logements et représente 13,2 millions d’euros TTC. À Morne Flory, aux Abymes, le programme porte sur 86 logements pour un montant de 4,76 millions d’euros TTC. Réalisés en site occupé, ces chantiers intègrent des renforcements structurels tout en traitant les toitures, les menuiseries, les installations électriques, la plomberie et les équipements sanitaires.
La poursuite du plan de confortement parasismique figure parmi les principales orientations annoncées pour la période 2026-2036. Une part de l’enveloppe destinée au parc existant devrait ainsi accompagner la sécurisation progressive du patrimoine.
Le renouvellement urbain complète la feuille de route
La stratégie de la SIG dépasse la seule intervention sur les bâtiments. Elle s’inscrit également dans les opérations de renouvellement urbain conduites à Pointe-à-Pitre et aux Abymes.
Dans le cadre du RUCAP, le bilan prévisionnel de la concession d’aménagement atteint désormais 128,3 millions d’euros hors taxes. La SIG intervient notamment comme opérateur d’aménagement sur les secteurs de Bergevin et de Chanzy. Au 31 décembre 2025, le taux de vacance des immeubles concernés par les relogements dépassait 80 %, ouvrant la voie aux premières démolitions à Bergevin à partir de 2026. À terme, 333 logements doivent y être démolis.
À Grand Camp, le bilan financier de l’opération d’aménagement a par ailleurs été actualisé à 93,4 millions d’euros hors taxes. Ces montants correspondent aux bilans des concessions concernées et ne peuvent pas être ajoutés automatiquement aux 885 millions d’euros du plan à moyen terme.
« La rénovation urbaine constitue un enjeu majeur pour le territoire de Cap Excellence », souligne le rapport annuel.
Entre construction neuve, réhabilitation du parc, confortement parasismique et transformation des quartiers, la SIG affiche ainsi une programmation de long terme. Son principal défi sera désormais de convertir progressivement ces enveloppes en opérations engagées puis livrées, dans un contexte toujours marqué par une forte demande de logements et des conditions de réalisation exigeantes.
Consulter ici le rapport annuel 2025 de la Société Immobilière de la Guadeloupe









