Construction : le logement neuf rebondit, les Outre-mer à plusieurs vitesses

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La construction neuve confirme un redressement au deuxième trimestre 2026, sans entraîner encore l’ensemble de la filière. 75 100 logements ont été commencés en France, soit une hausse de 26,7 % sur un an. Sur douze mois, le total atteint 296 600 logements, toujours sous le seuil des 300 000. Le Réseau des CERC observe toutefois que « les mises en chantier de logements poursuivent leur hausse à un rythme cependant moins soutenu ». Dans le même temps, les Travaux Publics et l’emploi restent orientés à la baisse. Dans les DROM suivis par le réseau, les évolutions sont également très contrastées d’un territoire à l’autre.


 

Le redémarrage du neuf reste fragile

Derrière l’amélioration des mises en chantier, plusieurs indicateurs invitent à nuancer la reprise. Les autorisations de logements reculent de 7,9 % au deuxième trimestre, même si elles restent en hausse de 9,9 % en cumul annuel.

Sur le marché des locaux non résidentiels, la situation est comparable : les surfaces commencées progressent de 4,9 % au T2, tandis que les surfaces autorisées diminuent de 7,5 %.

La commercialisation du logement neuf reste elle aussi peu dynamique. Au premier trimestre 2026, les réservations des particuliers se stabilisent à -0,1 %, alors que les mises en vente reculent de 31,3 %. Les réservations en bloc destinées aux investisseurs institutionnels baissent quant à elles de 5,8 %.

L’entretien-rénovation ne bénéficie pas davantage du mouvement observé dans le neuf. Son activité recule de 2,6 % en volume au premier trimestre, avec une baisse de 2,8 % dans le logement et de 1,8 % pour les locaux.

Les carnets de commandes représentent en moyenne 13,3 semaines de travail, soit 0,9 semaine de moins qu’un an auparavant.

Des situations très différentes dans les DROM

Les données territoriales montrent surtout qu’une évolution nationale ne peut être transposée uniformément aux Outre-mer.

À La Réunion, les logements commencés progressent de 41,3 % sur douze mois à fin juin, tandis que les surfaces de locaux mises en chantier augmentent de 44,2 %. L’emploi salarié dans la construction recule néanmoins de 1,6 % au premier trimestre.

En Guadeloupe, les logements commencés augmentent de 13,4 % et les locaux de 78,4 %, alors que l’emploi salarié baisse de 5,8 %.

La Guyane présente une configuration différente. Les mises en chantier de logements diminuent de 19,2 %, mais celles des locaux progressent de 52 %. L’emploi salarié y recule de 0,8 %.

En Martinique, enfin, les logements commencés augmentent de 5,9 %, tandis que les surfaces de locaux mises en chantier enregistrent une baisse de 69,9 %.

L’emploi salarié se replie de 0,9 %. Ces indicateurs ne portent pas tous sur la même période : les données relatives aux chantiers couvrent les douze mois à fin juin 2026, tandis que l’emploi salarié est observé à la fin du premier trimestre.

Ces écarts montrent également que logement, bâtiments non résidentiels et emploi peuvent évoluer dans des directions différentes au sein d’un même territoire. Ils appellent donc à regarder la composition de l’activité avant de conclure à une reprise générale du secteur.

Les Travaux Publics restent nettement orientés à la baisse

La situation est plus dégradée dans les Travaux Publics. Les montants des travaux réalisés diminuent de 7,6 % au deuxième trimestre, tandis que les marchés conclus chutent de 27,6 %.

En juin seulement, les prises de commandes reculent de 30,1 %. Le deuxième trimestre marque par ailleurs le quatrième trimestre consécutif de baisse de l’activité en glissement annuel.

Le constat du Réseau des CERC est sans ambiguïté : « Les prises de commandes continuent leur chute ». Les entreprises interrogées font en outre état de carnets de commandes dégradés par rapport à leur tendance de longue période dans l’ensemble des régions observées.

Les matériaux de construction ne signalent pas non plus de redressement généralisé. À fin mai, la production de béton prêt à l’emploi recule de 2,6 % sur trois mois et de 2,8 % sur douze mois.

Pour les granulats, la baisse est plus limitée à court terme, avec -0,4 % sur trois mois, mais atteint 2,2 % sur douze mois.

L’emploi ne suit pas encore le rebond des chantiers

À la fin du premier trimestre 2026, la construction représente environ 1,585 million de salariés, soit une diminution de 1,3 % sur un an. Le Réseau des CERC estime à environ 20 700 le nombre de postes perdus par rapport à la même période de 2025.

L’intérim se contracte davantage encore. À fin mai, les effectifs intérimaires représentent environ 125 600 équivalents temps plein en moyenne sur trois mois, en baisse de 4,9 %. Sur douze mois, le recul atteint 3,3 %.

La dynamique des entreprises reste elle aussi contrastée. Sur douze mois à fin juin, les créations progressent de 6 %, mais cette hausse est essentiellement portée par les micro-entreprises, en augmentation de 11,5 %.

Les créations d’entreprises classiques reculent au contraire de 1,5 %, et même de 8,2 % au deuxième trimestre.


Construction

Source : CONJONCTURE NATIONALE & INTERRÉGIONALE DE LA FILIÈRE CONSTRUCTION -N° 144 – 10 août 2026