Rénovation de l’habitat : l’Anah a généré plus de 8 milliards d’euros de travaux en 2025

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La rénovation du parc privé confirme son rôle de moteur pour l’activité du bâtiment. Dans son rapport d’activité 2025, l’Agence nationale de l’habitat (Anah) met en évidence une évolution de ses priorités, avec des financements davantage orientés vers les rénovations d’ampleur, les copropriétés, l’habitat dégradé et l’adaptation des logements au vieillissement.


Une activité qui continue de soutenir le secteur du bâtiment

Les chiffres publiés par l’Anah illustrent l’importance économique prise par la rénovation de l’habitat privé.

En 2025, l’Agence a accompagné la rénovation de 379 428 logements, mobilisé 4,39 milliards d’euros d’aides et généré 8,05 milliards d’euros de travaux, contribuant ainsi à soutenir ou créer 84 750 emplois dans la filière.

Ces résultats traduisent le rôle désormais structurant des dispositifs de l’Anah pour l’ensemble des acteurs de la rénovation.

Au-delà des volumes financiers, ils témoignent également d’un changement d’approche : les aides sont de plus en plus orientées vers des projets complets, intégrant plusieurs postes de travaux et répondant simultanément aux enjeux de performance énergétique, de confort, de sécurité et de valorisation du parc existant.

Comme le souligne le rapport, « partout sur le territoire, les projets accompagnés ont gagné en ambition, en performance et en qualité », une évolution rendue possible par le renforcement de l’accompagnement des ménages et des acteurs locaux.

Les rénovations d’ampleur deviennent la norme

La principale évolution du bilan 2025 réside dans la progression des rénovations globales. L’Anah a financé 120 306 rénovations d’ampleur, soit une hausse de plus de 30 % par rapport à l’année précédente.

Ces opérations, qui visent une amélioration significative de la performance énergétique des logements, bénéficient d’une aide moyenne de 40 429 euros par projet.

À l’inverse, les aides destinées aux travaux ponctuels poursuivent leur recul. Le nombre de dossiers MaPrimeRénov’ « par geste » diminue, tandis que les financements se concentrent davantage sur des rénovations intégrant plusieurs postes de travaux et un accompagnement technique renforcé.

Cette évolution modifie progressivement la nature des chantiers. Les opérations deviennent plus complexes, mobilisent davantage de corps de métier et nécessitent une ingénierie plus importante, qu’il s’agisse des études préalables, de l’accompagnement des ménages ou de la coordination des travaux.

Les copropriétés prennent une place croissante dans les investissements

Autre enseignement majeur du rapport : la montée en puissance des copropriétés dans les politiques de rénovation.

En 2025, 82 135 logements en copropriété ont bénéficié d’une aide de l’Anah, pour un montant de 789,1 millions d’euros. Le nombre de logements rénovés progresse de 49 % en un an, tandis que les aides augmentent de 46 %.

Cette dynamique repose principalement sur MaPrimeRénov’ Copropriété, mais également sur le renforcement des dispositifs destinés aux copropriétés fragiles ou en difficulté. Le rapport rappelle qu’environ 1,5 million de logements sont aujourd’hui situés dans des copropriétés nécessitant un accompagnement spécifique.

Pour les professionnels du bâtiment, cette évolution ouvre des perspectives importantes sur des marchés où les interventions sont souvent plus techniques et concernent des programmes de rénovation énergétique, de réhabilitation structurelle ou d’amélioration du confort des occupants.

L’habitat dégradé reste une priorité

L’Anah poursuit également son action en faveur de la résorption de l’habitat indigne.

Le rapport fait état de 18 338 logements rénovés en 2025 dans ce cadre, représentant 276 millions d’euros d’aides aux ménages, auxquels s’ajoutent des financements destinés aux collectivités pour les opérations de résorption de l’habitat insalubre.

Cette politique s’appuie notamment sur la montée en puissance de Ma Prime Logement Décent, ainsi que sur de nouveaux outils issus de la loi relative à l’habitat dégradé.

Le développement du diagnostic structurel, de la plateforme Signal Logement ou encore de l’observatoire national du bâti fragile illustre cette volonté de renforcer les moyens d’intervention face aux situations les plus complexes.

Comme le rappelle Ikram Aissat, chargée de mission lutte contre l’habitat indigne et quartiers anciens à l’Anah : « La résorption de l’habitat indigne repose sur un engagement ferme et une volonté forte des pouvoirs publics. Les collectivités locales, les directions départementales des territoires et l’Anah siège agissent ensemble au quotidien pour recréer une offre de logements confortables et décents. »

Adapter les logements au vieillissement devient un marché structurant

Le rapport met également en avant la progression des dispositifs consacrés à l’adaptation des logements.

Grâce à MaPrimeAdapt’, 36 740 logements ont été aménagés en 2025 pour accompagner le maintien à domicile des personnes âgées ou en situation de handicap. L’Anah a mobilisé 219,9 millions d’euros d’aides, soit une hausse de 6 % par rapport à 2024.

L’Agence rappelle qu’un Français sur trois aura plus de 60 ans d’ici 2040, un constat qui explique l’importance croissante accordée aux travaux d’accessibilité, à la sécurisation des logements et au développement de l’habitat inclusif.

Au-delà des enjeux sociaux, cette évolution ouvre de nouveaux débouchés pour les entreprises spécialisées dans les aménagements intérieurs, l’accessibilité ou encore les rénovations combinant adaptation et performance énergétique.

Une rénovation plus ambitieuse qui redessine les marchés

Le bilan 2025 de l’Anah confirme une évolution de la politique de rénovation de l’habitat vers des projets plus globaux, plus techniques et davantage accompagnés.

Les financements privilégient désormais des opérations combinant performance énergétique, réhabilitation du parc existant, adaptation des logements et lutte contre l’habitat dégradé.

Pour la filière du bâtiment, cette orientation conforte la montée en puissance des rénovations d’ampleur, qui mobilisent des compétences techniques renforcées et une coordination accrue entre les différents acteurs.

La rénovation du parc existant s’affirme ainsi comme un moteur durable de l’activité du secteur.


Anah

Consulter ici le rapport d’activité 2025 de l’Anah