Construction : le rebond du logement neuf ne suffit pas à relancer la filière

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Après plusieurs mois de ralentissement, la filière construction affiche enfin quelques signaux encourageants. Les mises en chantier de logements progressent fortement et les autorisations repartent à la hausse. Pourtant, cette amélioration ne suffit pas à masquer les difficultés qui persistent dans de nombreux segments du secteur. Travaux publics, entretien-rénovation, matériaux, emploi et dynamique des entreprises continuent de témoigner d’une conjoncture fragile.

La dernière note de conjoncture du GIE Réseau des CERC met en lumière cette reprise encore inégale, où quelques indicateurs repassent au vert tandis qu’une grande partie de la filière demeure confrontée à un environnement économique difficile.


Le logement neuf retrouve des couleurs, mais la reprise reste fragile

Le principal motif d’optimisme provient du marché du logement neuf. À fin mai 2026, les autorisations de construire progressent de 10 % sur trois mois, tandis que les mises en chantier enregistrent une hausse spectaculaire de 47,2 % par rapport à la même période de l’année précédente.

Sur douze mois glissants, près de 300 000 logements ont été commencés, un niveau en amélioration même s’il reste inférieur aux standards observés avant la crise.

Le rapport souligne d’ailleurs que « le décollage des mises en chantier se poursuit en mai », avec une progression de 52 % sur le seul mois de mai par rapport à mai 2025.

Cette dynamique reste toutefois à relativiser. Les indicateurs de commercialisation montrent que le marché demeure sous tension. Au premier trimestre, les réservations de logements par les particuliers restent quasiment stables (-0,1 %), mais les mises en vente chutent de 31,3 %, signe que les promoteurs restent prudents dans le lancement de nouvelles opérations.

Les réservations en bloc auprès des investisseurs institutionnels reculent également de 5,8 %, tandis que les annulations repartent légèrement à la hausse.

Autrement dit, les chantiers redémarrent, mais le marché immobilier neuf n’a pas encore retrouvé un fonctionnement pleinement dynamique.

Travaux publics et rénovation : des difficultés qui persistent

En parallèle, les autres grands segments de la construction continuent d’évoluer dans un environnement plus dégradé.

Dans les travaux publics, les indicateurs restent orientés à la baisse. Les montants facturés diminuent de 8 % sur les trois derniers mois à fin mai, tandis que les marchés conclus reculent de 27,1 %, un niveau particulièrement faible qui alimente les inquiétudes sur l’activité des prochains mois. Les heures travaillées poursuivent également leur repli.

Le constat formulé par le GIE Réseau des CERC est sans ambiguïté : « Malgré des tendances déjà baissières, la conjoncture continue de se détériorer dans les Travaux Publics. »

Le marché de l’entretien-rénovation, longtemps considéré comme un amortisseur de la crise du neuf, n’échappe pas non plus au ralentissement. Son activité recule de 2,6 % au premier trimestre 2026, aussi bien dans le logement que dans les locaux non résidentiels.

Les carnets de commandes demeurent relativement stables, mais ils s’établissent désormais à 13,3 semaines, soit près d’une semaine de moins qu’un an auparavant.

Les matériaux, l’emploi et les entreprises confirment une reprise encore incomplète

Les indicateurs situés en amont et en aval de la chaîne de production confirment également que la reprise reste partielle.

La production de béton prêt à l’emploi poursuit son recul avec une baisse de 3,4 % sur trois mois, tandis que celle des granulats diminue de 2,9 %. Même si les derniers mois montrent un ralentissement de cette baisse, les volumes produits restent inférieurs à ceux de l’année précédente.

Le marché de l’emploi demeure lui aussi sous pression. À la fin du premier trimestre 2026, la construction compte 1,585 million de salariés, soit une diminution de 1,3 % sur un an.

L’emploi intérimaire se contracte davantage encore, avec une baisse moyenne de 4,8 % au premier trimestre, traduisant la prudence des entreprises face à un environnement économique toujours incertain.

Enfin, la dynamique entrepreneuriale apparaît contrastée. Les créations de micro-entreprises progressent de 18,6 % sur trois mois, mais les créations d’entreprises classiques reculent de 7,1 %.

Dans le même temps, près de 4 000 défaillances d’entreprises ont été enregistrées au premier trimestre, en hausse de 4,6 % par rapport à la même période de 2025.

Une amélioration encore trop limitée pour parler de véritable reprise

Au-delà du rebond observé dans le logement neuf, la photographie dressée par le GIE Réseau des CERC reste celle d’une filière qui avance à des rythmes très différents selon les segments.

Les autorisations de construire et les mises en chantier renouent avec une dynamique plus favorable, mais la commercialisation demeure fragile, les travaux publics continuent de s’enfoncer, l’entretien-rénovation recule et plusieurs indicateurs économiques restent orientés à la baisse.

Ces évolutions traduisent une stabilisation progressive de certains marchés plutôt qu’un véritable changement de cycle. Pour les professionnels de la construction, les prochains mois seront déterminants afin de vérifier si le redressement du logement neuf parvient à diffuser plus largement à l’ensemble de la filière.


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Consulter ici la CONJONCTURE NATIONALE & INTERRÉGIONALE DE LA FILIÈRE CONSTRUCTION – N° 143 – 9 juillet 2026