La demande de logement social continue de progresser en France. Fin 2025, près de 2,9 millions de ménages étaient en attente, un niveau inédit selon le dernier numéro d’USH Statistiques, publié en juin 2026 par L’Union sociale pour l’habitat. Dans le même temps, les attributions ont légèrement augmenté après plusieurs années de recul. Une reprise encore insuffisante pour inverser le déséquilibre entre les besoins exprimés et les logements effectivement attribués.
Une demande record face à des attributions toujours faibles
Au 31 décembre 2025, 2,885 millions de demandes de logement social étaient actives, soit une hausse de 4,3 % sur un an et environ 118 000 demandes supplémentaires. Le rythme ralentit par rapport aux années précédentes, mais la progression reste élevée en volume.
La tendance de long terme est plus marquée encore. Depuis 2016, la demande a augmenté de 47 %, alors que le nombre de ménages en France n’a progressé que de 10 % sur la même période.
En parallèle, près de 394 000 logements ont été attribués en 2025, soit 3 % de plus qu’en 2024. L’amélioration reste toutefois limitée : depuis 2016, le nombre d’attributions a reculé de 19 %. Comme le souligne l’étude, celles-ci, « bien qu’en légère augmentation, se maintiennent à un niveau bas ».

Lecture : Au 31 décembre 2025, 2,89 millions de demandes de logement social sont en attente. Sur
l’année, 394000 logements ont été attribués.
L’USH relie notamment cette situation à la baisse de la rotation dans le parc social. Les locataires rencontrent davantage de difficultés à accéder à d’autres segments du marché, qu’il s’agisse de la propriété ou du locatif libre. Le phénomène intervient également dans un contexte de « baisse tendancielle des livraisons de nouveaux logements », qui limite le renouvellement de l’offre disponible.
Personnes seules et familles monoparentales portent l’essentiel de la hausse
La progression de la demande est principalement alimentée par les ménages reposant sur un seul adulte. Les personnes seules représentent 48 % des demandeurs et les familles monoparentales 25 %.
À elles deux, ces catégories expliquent plus de 80 % de l’augmentation enregistrée en 2025 : 51 % pour les personnes seules et 33 % pour les familles monoparentales. Ces dernières occupent également une place centrale dans la reprise des attributions, puisqu’elles concentrent environ 71 % de leur hausse sur un an.
Le profil des demandeurs témoigne aussi d’une tension qui dépasse les seuls ménages sans activité : 52 % sont en emploi. Pour l’USH, cette situation montre que l’activité professionnelle permet de moins en moins d’accéder à un logement abordable dans le parc privé.
Vingt mois d’attente en moyenne, avec de forts écarts territoriaux
Malgré la légère reprise des attributions, le taux de succès national reste limité à 14 %, contre 25 % en 2016. Les écarts sont importants selon les territoires : il tombe à 6 % en zone Abis et à 9 % en zone A, contre 25 % en zone B2 et 26 % en zone C.
Le délai moyen d’attribution atteint désormais 20 mois au niveau national, contre 19 mois en 2024. Dans certains territoires, il peut aller jusqu’à 50 mois, notamment autour de grandes agglomérations et dans les zones économiquement dynamiques où la demande reste élevée face à une offre limitée.

Lecture : En 2025, le délai d’attribution moyen est de 20 mois au niveau national. Autour des grandes agglomérations telles que Paris, Marseille et Bordeaux, les délais moyens se situent entre 16 et 50 mois.
La cartographie publiée par l’USH en évidence des situations contrastées selon les EPCI, rappelant que la pression sur le parc social et les délais d’accès ne se répartissent pas uniformément sur le territoire.
Source : La demande et les attributions de logement social à fin 2025 – USH Statistiques n°4









