Les acteurs du logement social réunionnais ont déposé une motion à la Préfecture pour alerter sur la baisse annoncée des financements de la Ligne budgétaire unique. Selon les projections avancées, les crédits pourraient tomber à 27 millions d’euros en 2026, avec des conséquences directes sur la construction neuve, la réhabilitation et la commande du BTP.
Aux côtés des autres signataires, l’ARMOS-oi a participé à cette mobilisation face à une baisse annoncée de 45 % de la LBU. Dans un territoire où plus de 50 000 ménages sont en attente d’un logement, les acteurs du secteur alertent sur un risque de rupture dans la programmation des opérations.
Des crédits qui pourraient tomber à 27 millions d’euros en 2026
À La Réunion, la trajectoire présentée par les signataires fait apparaître une rupture nette. Les crédits, supérieurs à 85 millions d’euros en 2024, ont atteint 78,5 millions d’euros en 2025. Ils pourraient chuter à 27 millions d’euros en 2026.
Cette contraction intervient alors que les besoins restent élevés sur le territoire. Plus de 50 000 ménages seraient actuellement en attente d’un logement, tandis que le besoin annuel est estimé à 5 700 logements.
Pour les acteurs du secteur, la question dépasse donc le seul niveau des crédits disponibles. La baisse annoncée pourrait réduire fortement la capacité à programmer de nouvelles opérations et à poursuivre les interventions sur le parc existant.
De 1 900 à 400 logements neufs : la production sous pression
Les projections avancées donnent la mesure du risque opérationnel. La production de logements neufs LLS et LLTS pourrait passer de 1 900 unités prévues à seulement 400.
Le même recul est redouté pour la réhabilitation. Alors que 1 675 logements étaient concernés par les prévisions, seuls 278 pourraient finalement être réhabilités dans le scénario présenté par les acteurs mobilisés.
Ces chiffres traduisent un risque direct pour la continuité des opérations. Des programmes pourraient être ralentis, reportés ou annulés, avec un décalage croissant entre les besoins identifiés et les capacités de production.
Une menace qui dépasse le seul logement social
L’alerte concerne également l’ensemble de la filière construction. Selon les données avancées dans le cadre de la mobilisation, le logement social représente plus de 30 % de la commande du BTP à La Réunion.
Une contraction durable des financements pourrait donc peser sur le volume d’opérations mises en chantier, mais aussi sur les programmes de réhabilitation. Pour les entreprises, l’enjeu porte directement sur la visibilité de la commande et la continuité de l’activité liée aux programmes portés par les bailleurs sociaux.
C’est dans ce contexte que les signataires réclament le maintien intégral de la LBU, au minimum à son niveau voté, ainsi que son renforcement.
Ils demandent également une programmation pluriannuelle lisible et sécurisée, une véritable concertation avec les acteurs locaux et la réalisation d’une étude d’impact économique et social avant toute décision budgétaire.
Les acteurs mobilisés souhaitent enfin être reçus en urgence par le Premier ministre.
L’ARMOS-oi, qui fédère les sept bailleurs sociaux de La Réunion — SEDRE, SEMAC, SEMADER, SHLMR, SIDR, SODEGIS et SODIAC — inscrit cette démarche dans une mobilisation collective pour préserver la capacité de production et de réhabilitation du logement social sur le territoire.
Source : ARMOS-oi









