Les premières Assises de l’économie circulaire dans les OUTRE-MER ouvrent un nouveau chantier de transformation territoriale

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    Le 1er juin, le Sénat a accueilli les premières Assises de l’économie circulaire dans les Outre-mer, organisées par l’Institut national de l’économie circulaire (INEC). Pendant une journée, élus, représentants de l’État, collectivités, entreprises, éco-organismes et associations ont confronté leurs expériences et partagé leurs constats.

    Une conviction s’est rapidement imposée : les modèles de transition écologique conçus pour l’Hexagone atteignent leurs limites lorsqu’ils sont appliqués aux réalités ultramarines.

    Car les territoires ultramarins font face à des contraintes particulières. Insularité ou enclavement, dépendance massive aux importations, marchés de petite taille, rareté du foncier ou encore coûts logistiques élevés complexifient la gestion des ressources et des déchets. À ces difficultés s’ajoute une forte exposition aux effets du changement climatique, des échouages de sargasses aux Antilles aux conséquences des cyclones dans l’océan Indien.

    Les chiffres rappelés au cours des échanges illustrent l’ampleur des enjeux. Plus de 80 % des biens consommés dans certains territoires ultramarins sont importés. Dans les DROM, environ 67 % des déchets sont encore enfouis et certains flux de déchets ne représentent que 14 kg collectés par habitant et par an, contre 51,5 kg dans l’Hexagone. Les coûts de gestion sont, eux aussi, nettement plus élevés.

    Au fil des discussions, l’économie circulaire est toutefois apparue comme bien plus qu’une simple politique de gestion des déchets. Les intervenants y voient un levier de résilience, de souveraineté économique et de développement territorial.

    L’objectif est de mieux valoriser les ressources disponibles, de réduire certaines dépendances et de faire émerger de nouvelles activités économiques ancrées localement.

    Les débats ont également mis en lumière le potentiel d’innovation des territoires ultramarins. De nombreuses initiatives existent déjà.

    Des entreprises développent des solutions de réemploi ou de recyclage, expérimentent de nouveaux matériaux ou structurent des filières locales de valorisation. Mais ces démarches peinent encore à changer d’échelle faute de financements suffisants, d’infrastructures adaptées ou de cadres réglementaires davantage alignés sur les réalités de terrain.

    Le message porté tout au long de cette première édition est resté constant : l’économie circulaire dans les Outre-mer ne peut être pensée depuis Paris ou Bruxelles puis transposée à l’identique. Elle doit être construite à partir des contraintes, des ressources et des capacités d’innovation propres à chaque territoire.

    Ces premières Assises n’ont donc pas constitué un point d’arrivée. Elles ont plutôt marqué le lancement d’un travail collectif de long terme. Une ambition se dessine désormais : faire de l’économie circulaire un véritable moteur de résilience, de souveraineté et de développement durable pour l’ensemble des Outre-mer.


    Série spéciale – Retour sur les premières Assises de l’économie circulaire dans les Outre-mer (1/6)