MARTINIQUE. La construction reste fragile malgré des signaux encourageants au T1 2026

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Alors que l’économie martiniquaise poursuit son évolution sur un rythme modéré, le secteur de la construction reste confronté à plusieurs fragilités au premier trimestre 2026. Recul des ventes de ciment, baisse des importations de matériaux et augmentation des défaillances d’entreprises témoignent d’une activité toujours sous tension.

Dans sa dernière note de conjoncture, l’IEDOM relève toutefois quelques signaux plus encourageants pour les mois à venir.


Un climat économique stable mais sans véritable accélération

L’économie martiniquaise ne montre pas de rupture majeure en ce début d’année 2026. L’indicateur du climat des affaires (ICA) demeure stable à 102,4, au-dessus de sa moyenne de longue période fixée à 100.

Selon l’IEDOM, « l’ICA est stable ce trimestre et s’établit à 102,4 », tandis que « l’activité ne montre toujours pas de signaux d’embellie ».

Dans l’ensemble, les chefs d’entreprise jugent le trimestre écoulé légèrement meilleur qu’attendu. Les trésoreries poursuivent leur amélioration et les délais de paiement restent mieux orientés.

Cette situation contribue à maintenir le climat des affaires en territoire positif, même si les anticipations pour le deuxième trimestre apparaissent plus prudentes, notamment en raison d’une hausse attendue des charges d’exploitation.

Le contexte international ajoute également de nouvelles incertitudes. La remontée des cours du pétrole observée à partir de mars commence à se répercuter localement sur les prix de l’énergie et sur les coûts supportés par les entreprises.

Le BTP demeure l’un des secteurs les plus fragilisés

Dans ce contexte, le secteur du bâtiment et des travaux publics continue d’afficher des indicateurs dégradés. L’IEDOM souligne que « la majorité des indicateurs restent mal orientés » et que les soldes d’opinion relatifs à l’activité demeurent négatifs au premier trimestre 2026, même si une légère amélioration est observée.

Les données liées aux matériaux de construction confirment cette situation. Les importations de carrelage reculent de 21,1 % sur le trimestre, tandis que les importations d’éléments métalliques destinés à la construction diminuent de 9,9 %.

Les ventes de ciment suivent la même tendance avec une baisse de 9,7 % par rapport au trimestre précédent.

Ces indicateurs constituent généralement de bons marqueurs avancés de l’activité du secteur. Leur recul traduit un niveau de commandes et de chantiers encore insuffisant pour retrouver une dynamique de croissance durable.

Les défaillances d’entreprises progressent, le BTP en première ligne

Les difficultés du secteur se reflètent également dans la situation financière des entreprises martiniquaises.

À fin mars 2026, le nombre de défaillances d’entreprises atteint 518 en cumul sur douze mois, contre 476 un an plus tôt, soit une hausse de 8,8 %.

Le BTP apparaît comme le secteur le plus exposé, avec 36 défaillances supplémentaires enregistrées sur un an. Il devance le secteur des transports, qui compte 14 défaillances supplémentaires sur la même période.

Cette évolution confirme que les tensions observées depuis plusieurs trimestres dans la construction continuent d’affecter la solidité économique d’une partie des entreprises du secteur.

Des coûts de production sous pression

Les entreprises doivent également composer avec une hausse progressive des coûts. Le document de l’IEDOM souligne les effets du conflit au Moyen-Orient sur les marchés énergétiques, avec une augmentation sensible des prix des carburants à partir de mars.

Le prix du sans-plomb est ainsi passé de 1,67 euro à 1,69 euro le litre en mars, avant d’atteindre 1,86 euro en avril. Le gazole a suivi une trajectoire comparable, passant de 1,60 euro à 1,64 euro puis à 1,95 euro le litre.

Pour les entreprises du BTP, fortement dépendantes du transport de matériaux et de l’utilisation d’engins de chantier, cette évolution représente un facteur supplémentaire de tension sur les marges.

Le secteur doit également s’adapter à la mise en œuvre du Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), que l’IEDOM identifie comme un élément exerçant une pression haussière sur certains prix.

Des perspectives plus favorables pour le deuxième trimestre

Malgré ces difficultés, plusieurs indicateurs avancés laissent entrevoir une amélioration progressive de la situation.

Les perspectives d’investissement apparaissent mieux orientées pour les prochains mois, notamment dans la construction, le tourisme et les services. Les chefs d’entreprise du BTP interrogés par l’IEDOM anticipent également une activité plus favorable au deuxième trimestre 2026.

Parallèlement, le solde d’opinion relatif aux prix de vente poursuit sa progression, signe que les entreprises cherchent à répercuter une partie de leurs coûts sur leurs prestations.

Si le secteur du BTP reste sous pression en Martinique au premier trimestre, les anticipations recueillies par l’IEDOM suggèrent un environnement légèrement plus favorable pour la suite de l’année.

La reprise demeure toutefois à consolider dans un contexte marqué par des coûts de production élevés, un investissement encore hésitant et une hausse persistante des défaillances d’entreprises.


Martinique

Consulter ici les tendances conjoncturelles de la Martinique au premier trimestre 2026