La Martinique consomme aujourd’hui quasiment autant d’énergie qu’il y a 10 ans. Derrière cette stabilité apparente, les nouvelles données régionales publiées par le Service des données et études statistiques (SDES) révèlent toutefois plusieurs évolutions significatives.
Le transport continue de concentrer l’essentiel des consommations énergétiques du territoire, tandis que les énergies renouvelables progressent progressivement dans le mix local. Dans le même temps, la dépendance aux produits pétroliers et aux importations énergétiques demeure particulièrement marquée.
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Une consommation énergétique quasiment stable depuis dix ans
En 2024, la consommation finale d’énergie de la Martinique s’établit à 4 896,3 GWh. Dix ans plus tôt, elle atteignait déjà 4 895,7 GWh. Cette stabilité globale masque toutefois des évolutions contrastées selon les secteurs d’activité.
Le secteur résidentiel affiche ainsi une progression sensible de sa consommation. Celle-ci est passée de 667,7 GWh en 2014 à 814 GWh en 2024. À l’inverse, le secteur tertiaire enregistre un recul sur la période, passant de 796,4 GWh à 677,4 GWh.
L’industrie représente quant à elle 269,2 GWh de consommation finale en 2024, tandis que l’agriculture et la pêche totalisent 128,7 GWh.
Le transport demeure le principal défi énergétique du territoire
Comme dans de nombreux territoires insulaires, le transport reste de loin le premier poste de consommation énergétique.
En 2024, il représente 3 006,9 GWh, soit près de 61 % de l’ensemble de la consommation finale de la Martinique. À lui seul, ce secteur consomme davantage d’énergie que les secteurs résidentiel, tertiaire, industriel et agricole réunis.
Cette situation illustre le poids de la mobilité routière dans l’équation énergétique martiniquaise. Elle met également en évidence l’importance des politiques de décarbonation des transports, du développement des mobilités alternatives et de l’électrification progressive du parc de véhicules pour réduire la dépendance aux énergies fossiles.
Les bâtiments concentrent une part importante des usages énergétiques
Si le transport domine largement les consommations, le parc bâti constitue également un levier majeur de maîtrise de l’énergie.
En additionnant les consommations du résidentiel et du tertiaire, les bâtiments représentent près de 1 500 GWh d’énergie finale en 2024. Cette consommation correspond à environ 30 % de la demande énergétique du territoire.
Ces chiffres rappellent l’importance des opérations de rénovation énergétique, de l’amélioration de la performance des bâtiments existants ainsi que de l’intégration de solutions bioclimatiques dans les constructions neuves.
Dans un contexte de hausse des températures et d’augmentation des besoins de confort, les enjeux liés à l’efficacité énergétique du bâti demeurent particulièrement stratégiques pour la Martinique.
Le solaire poursuit sa progression dans la production renouvelable
Les statistiques mettent également en évidence l’évolution du mix énergétique local.
La production primaire d’électricité renouvelable atteint 115,7 GWh en 2024 contre 83,9 GWh en 2014. Le photovoltaïque constitue désormais la principale source de production électrique renouvelable du territoire avec 92 GWh produits en 2024.
L’éolien contribue pour sa part à hauteur de 23,7 GWh.
La progression est encore plus marquée pour les énergies renouvelables thermiques. Leur production est passée de 311,5 GWh en 2014 à 920,4 GWh en 2024, traduisant une montée en puissance progressive des ressources renouvelables dans le système énergétique martiniquais.
Parallèlement, la consommation de combustibles renouvelables dans les centrales électriques a fortement augmenté, atteignant 741,9 GWh en 2024 contre 216,2 GWh dix ans auparavant.
Une dépendance aux importations qui reste élevée
Malgré les progrès observés dans les énergies renouvelables, la Martinique demeure fortement dépendante des approvisionnements extérieurs.
Le solde des échanges énergétiques atteint 7 522,9 GWh en 2024. Les produits pétroliers conservent également une place prépondérante dans la consommation finale avec 3 287 GWh consommés au cours de l’année.
Dans le même temps, les centrales thermiques classiques continuent d’assurer l’essentiel de la production électrique du territoire avec 1 441,1 GWh produits en 2024.
Ces données montrent que la transition énergétique est engagée, mais que le système énergétique martiniquais repose encore largement sur des ressources importées et des combustibles fossiles.
Les données régionales 2024 confirment que les principaux leviers de la transition énergétique martiniquaise se situent à la fois dans les transports, les bâtiments et le développement des énergies renouvelables.
Si certaines évolutions sont déjà visibles, notamment dans la progression du solaire et des combustibles renouvelables, la réduction de la dépendance aux énergies fossiles demeure un enjeu majeur pour les années à venir.
Source : Données régionales de production et de consommation finale de l’énergie – Publié le 14/04/2026









