Les communes de GUADELOUPE retrouvent des marges pour investir

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Les finances des communes guadeloupéennes montrent des signes d’amélioration après plusieurs années marquées par la crise sanitaire et le ralentissement des investissements publics.

Dans son « Observatoire des communes de Guadeloupe 2025 », l’Agence française de développement (AFD) met en évidence une progression de l’autofinancement, une baisse de l’endettement et un retour progressif des dépenses d’équipement. Mais derrière cette amélioration globale, les fragilités structurelles restent nombreuses, notamment autour des charges de personnel et des écarts entre collectivités.


Une situation financière qui se redresse progressivement

En 2024, les communes de Guadeloupe disposent du niveau de recettes de fonctionnement le plus élevé parmi les DROM, avec 1 866 euros par habitant. Ces recettes reposent principalement sur la fiscalité et les concours de l’État, qui représentent à eux seuls 92 % des ressources de fonctionnement. L’octroi de mer continue notamment de jouer un rôle central dans l’équilibre budgétaire des collectivités locales.

Cette dynamique permet aux communes de reconstituer progressivement leurs marges financières. L’épargne nette atteint ainsi 92 euros par habitant en 2024, contre des niveaux parfois négatifs quelques années auparavant. Pour les collectivités, cet indicateur reste essentiel : il conditionne leur capacité à financer de nouveaux équipements, engager des travaux ou soutenir des opérations d’aménagement sans dépendre exclusivement de l’emprunt.

Le rapport souligne également une amélioration de la situation de la dette. L’encours moyen s’établit désormais à 717 euros par habitant, en baisse d’environ 18 % depuis 2017. La capacité de désendettement moyenne ressort à 4,1 années d’épargne, un niveau considéré comme globalement maîtrisé. Cette évolution redonne progressivement de la capacité d’action à certaines communes pour financer leurs futurs investissements.

Dans ce contexte, les dépenses d’équipement repartent à la hausse depuis 2023 après plusieurs années perturbées par la crise Covid et le ralentissement traditionnel du début de mandat municipal. Les communes guadeloupéennes ont atteint 269 euros d’investissements par habitant en 2024. Un retour à des niveaux proches de ceux observés avant la pandémie, même si la Guadeloupe reste encore en dessous de la moyenne des autres DROM.

Le document met également en avant le rôle majeur des subventions dans cette reprise. En Guadeloupe, 80 % des recettes d’investissement proviennent de subventions et participations extérieures. Ce niveau élevé de cofinancement permet aux collectivités de soutenir des projets qu’elles ne pourraient pas porter uniquement sur leurs ressources propres.

Des fragilités budgétaires toujours très présentes

Mais l’amélioration observée reste fragile. Les dépenses de fonctionnement demeurent les plus élevées des territoires ultramarins, avec 1 693 euros par habitant. Surtout, les frais de personnel représentent à eux seuls près des deux tiers des dépenses de fonctionnement. Les communes guadeloupéennes affichent ainsi le niveau de charges de personnel le plus élevé des DROM.

Cette situation pèse directement sur la rigidité budgétaire des collectivités. Le taux de rigidité des dépenses atteint 69 %, limitant fortement les marges d’ajustement à court terme. Dans les faits, cela signifie qu’une grande partie des budgets reste contrainte par des dépenses difficiles à réduire rapidement.

L’AFD rappelle également que les moyennes masquent des situations très contrastées selon les communes. Certaines disposent désormais d’une capacité retrouvée à investir, tandis que d’autres restent dans une situation beaucoup plus tendue, avec une épargne insuffisante voire négative.

Au-delà des indicateurs financiers, l’observatoire dessine finalement une question centrale pour les prochaines années : les communes pourront-elles maintenir cette reprise des investissements tout en absorbant durablement le poids de leurs charges de fonctionnement ? Pour les acteurs du BTP et des infrastructures, l’évolution de cette trajectoire financière sera déterminante dans la capacité des collectivités à lancer de nouveaux équipements publics et à poursuivre les grands projets structurants sur le territoire.


Cliquez pour consulter l’observatoire des communes de la Guadeloupe 2025, par l’AFD