La question de l’eau revient au centre du débat public en Guadeloupe. À l’approche du Congrès des élus annoncé pour juin 2026, la CCI des Îles de Guadeloupe, l’UDE-MEDEF Guadeloupe et la CPME Guadeloupe ont publié un communiqué commun saluant cette initiative tout en réclamant des mesures concrètes. Pour les représentants du monde économique, la crise de l’eau constitue désormais un frein direct à l’activité et à l’attractivité du territoire. Prévu à l’initiative du président du Conseil départemental, Guy Losbar, ce Congrès consacré à l’eau intervient dans un contexte marqué par plusieurs décennies de dysfonctionnements structurels.
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Une crise structurelle qui fragilise les entreprises
Selon le communiqué, la situation actuelle résulte de décennies de sous-investissement, d’une gouvernance fragmentée et d’un réseau vieillissant affichant plus de 60 % de pertes. Les organisations estiment que cette situation traduit une défaillance durable dans la gestion des infrastructures d’eau potable.
Pour les entreprises guadeloupéennes, les conséquences sont devenues quotidiennes. Coupures récurrentes et tours d’eau obligent de nombreux professionnels à multiplier les dépenses : achat de citernes, installation de surpresseurs, stockage d’eau ou recours à des solutions alternatives d’approvisionnement.
Des coûts supplémentaires qui pèsent directement sur les exploitations locales.
La restauration, l’hôtellerie, l’agroalimentaire et le commerce figurent parmi les secteurs les plus touchés. Les organisations patronales évoquent un coût indirect de plusieurs dizaines de millions d’euros par an pour l’économie guadeloupéenne, avec des répercussions sur l’attractivité touristique et l’image du territoire.
Certaines entreprises auraient également été contraintes de ralentir leur activité ou de reporter des investissements faute d’un accès fiable à l’eau, dans un contexte déjà marqué par des coûts d’exploitation élevés et la vie chère.
Des engagements attendus lors du Congrès de l’eau
À travers cette prise de parole commune, la CCI IG, l’UDE-MEDEF et la CPME souhaitent désormais que le Congrès débouche sur des engagements précis.
Les organisations demandent notamment un calendrier de rénovation des réseaux, l’identification de financements sécurisés ainsi que la création d’indicateurs de performance et de mécanismes de suivi.
Leur message est clair : la Guadeloupe n’a plus besoin de nouveaux diagnostics, mais de décisions opérationnelles et planifiées.
Le communiqué élargit aussi le débat à d’autres chantiers prioritaires : assainissement, déchets, sargasses, logement, transports ou formation professionnelle.
Les représentants économiques appellent également à préserver les capacités de financement du territoire via les fonds européens et la solidarité nationale afin d’éviter une hausse supplémentaire de la pression fiscale.
Un rendez-vous politique attendu en juin
Attendu en juin prochain, le Congrès de l’eau pourrait devenir un moment clé pour la Guadeloupe. Les représentants économiques demandent d’ailleurs à être pleinement associés aux travaux afin de contribuer à la recherche de solutions durables.
Au-delà des enjeux techniques, cette séquence politique est désormais perçue comme un test de crédibilité sur la capacité du territoire à restaurer un accès fiable à l’eau et à sécuriser les conditions de son développement économique.









