Le projet entre désormais dans sa phase concrète. Le 24 avril 2026, la Banque des Territoires, la SEMPAT Guadeloupe et l’AUDRA ont officiellement posé la première pierre du futur centre de dialyse des Abymes. Avec un financement de 16,3 millions d’euros sur 40 ans, l’opération marque le lancement d’un chantier à la fois sanitaire, technique et environnemental, destiné à répondre à des besoins croissants en Guadeloupe.
Au-delà de la cérémonie, ce projet s’inscrit dans une logique plus large : moderniser les infrastructures de santé tout en intégrant des exigences fortes en matière de construction durable et de résilience climatique.
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Pourquoi la reconstruction s’impose aujourd’hui ?
L’opération s’inscrit d’abord dans une réalité terrain. L’actuel centre de dialyse, situé au sein du CHU, ne répond plus aux exigences actuelles, tant en matière de conformité que de capacité. Jugé obsolète, il ne respecte plus les normes parasismiques ni les exigences d’accessibilité.
Dans ce contexte, le futur équipement doit permettre de répondre à une activité soutenue. Chaque semaine, près de 300 patients sont pris en charge par l’AUDRA, avec un dispositif qui inclut également des traitements à domicile. Le nouveau centre portera la capacité à 40 postes de dialyse, contre 32 aujourd’hui, tout en améliorant les conditions de prise en charge.
Pour Claude Strazel, président du conseil d’administration de l’AUDRA cette étape marque « la concrétisation d’un projet vital » pour ses patients et ses équipes. Il ajoute : « Ce nouveau centre, alliant modernité, sécurité et respect de l’environnement, incarne notre engagement pour une dialyse de qualité en Guadeloupe. Nous remercions la Banque des Territoires pour son soutien indéfectible et la SEMPAT pour son expertise, qui nous permettront de relever ce défi avec sérénité. »
Un projet calibré pour résister aux contraintes locales
Au-delà de la dimension sanitaire, le projet repose sur une opération de construction encadrée par des exigences techniques élevées. Le bâtiment, conçu sur deux niveaux, vise une optimisation des surfaces tout en intégrant les contraintes propres au territoire.
Le chantier est piloté par la SEMPAT Guadeloupe, qui intervient en tant que mandataire. L’objectif est de livrer un équipement conforme aux normes les plus strictes, notamment en matière parasismique et anticyclonique, dans un délai de 18 mois.
« Notre priorité sera de livrer un bâtiment conforme aux normes les plus strictes –
parasismiques, anticycloniques et environnementales – tout en respectant les délais et le budget. Ce projet est une fierté pour nos équipes et pour le territoire. », souligne Pascal Averne, directeur général de la SEMPAT Guadeloupe, évoquant un chantier à la fois technique et structurant pour le territoire.
L’équation énergétique au cœur du projet
Le futur centre se distingue également par son ambition environnementale. Le bâtiment vise une autonomie énergétique à hauteur de 95 %, un niveau particulièrement élevé pour ce type d’équipement.
Plusieurs dispositifs techniques sont intégrés dès la conception :
- protections solaires sur la toiture et les façades afin de limiter les apports thermiques ;
- système de climatisation performant ;
- récupération des eaux de pluie et des eaux issues des osmoseurs pour les usages sanitaires et les espaces verts ;
- production d’énergie photovoltaïque, notamment pour les espaces de vie ;
- gestion des flux d’air par sondes CO₂.
Ces choix traduisent une adaptation aux conditions climatiques locales, tout en intégrant des logiques de performance énergétique et de maîtrise des ressources.
Un financement structurant porté par la Banque des Territoires
Le projet repose sur un montage financier de long terme. La Banque des Territoires mobilise un financement de 16,3 millions d’euros, amorti sur une durée de 40 ans.
Ce schéma permet d’adapter les échéances de remboursement aux capacités financières de l’exploitant, un point présenté comme déterminant pour la viabilité du projet. Il s’inscrit également dans une stratégie plus large du groupe Caisse des Dépôts, qui prévoit de mobiliser 25 milliards d’euros à horizon 5 ans dans le cadre de sa feuille de route « Santé et grand âge ».
Pour Antoine SAINTOYANT, directeur de la Banque des Territoires : « La pose de la première pierre du nouveau centre de dialyse de l’AUDRA est un moment fort qui illustre
pleinement notre mission : accompagner les territoires dans des projets d’intérêt général, porteurs de sens et de résilience. La construction de ce centre de dialyse, financé dans le cadre de la feuille de route « Santé et grand-âge » du groupe Caisse des Dépôts qui mobilisera 25 Md€ à horizon 5 ans, s’inscrit dans les axes prioritaires portés par la Banque des Territoires pour répondre à l’enjeu crucial d’accès aux soins en outremer. Nous sommes fiers de contribuer, aux côtés de l’AUDRA et de la SEMPAT, à un équipement qui allie performance médicale et exemplarité écologique. »
Des effets immédiats pour les patients et les équipes
Au-delà de ses caractéristiques techniques et financières, le futur centre de dialyse des Abymes s’inscrit dans une logique d’amélioration globale du service rendu. Il doit permettre à la fois d’optimiser les conditions de prise en charge des patients et de renforcer les conditions de travail des 115 salariés de l’AUDRA.
Le projet répond également à une contrainte opérationnelle immédiate : la nécessité pour l’établissement de quitter ses locaux actuels dans des délais courts, rendant la reconstruction indispensable.
Un chantier au croisement des enjeux de santé et de construction
Avec un calendrier de livraison annoncé à 18 mois, le futur centre de dialyse des Abymes s’impose comme un projet structurant pour la Guadeloupe. À travers ce chantier, se dessine une articulation concrète entre besoins de santé, exigences constructives et mobilisation de financements publics sur le long terme.
Il illustre également une tendance de fond dans les territoires ultramarins : la nécessité de renouveler les infrastructures essentielles en intégrant à la fois des contraintes climatiques fortes et des objectifs de performance environnementale.









