Bâtiment : les mises en chantier repartent mais l’activité reste fragile, début 2026

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La conjoncture du bâtiment montre quelques signes d’amélioration au début de l’année 2026, sans pour autant marquer un véritable redressement du secteur.

Dans son dernier point de conjoncture publié le 13 avril 2026, la Fédération Française du Bâtiment (FFB) observe une accélération des ouvertures de chantier de logements. Mais derrière cette reprise apparente, plusieurs indicateurs restent orientés à la baisse, notamment dans la rénovation et dans la situation financière des entreprises.

À fin janvier 2026, les mises en chantier de logements progressent de 24,5 % en glissement annuel sur trois mois. La hausse concerne à la fois le logement individuel (+29,9 %) et le collectif (+22,2 %), ce qui traduit une diffusion du rebond sur l’ensemble du marché résidentiel.

Comme le souligne la FFB, « les ouvertures de chantier de logements continuent d’accélérer, à +24,5 %, individuel et collectif participant tous deux au mouvement ».

Pour autant, le niveau global reste faible. Sur les douze derniers mois, 281 000 logements ont été commencés, soit environ 75 000 unités de moins que la moyenne de longue période.

Les autorisations de construire poursuivent également leur progression (+10,1 %), tirées principalement par l’individuel (+16,8 %). Dans le même temps, les ventes dans l’individuel diffus continuent d’augmenter, autour de +10 %, alors que la promotion immobilière reste en difficulté avec des ventes de logements neufs en baisse de 6,9 % en 2025.

La situation apparaît plus contrastée dans le non-résidentiel neuf. Sur la période allant de novembre 2025 à janvier 2026, les surfaces commencées progressent de 8,3 % par rapport à la même période un an auparavant.

Les bâtiments administratifs jouent un rôle moteur avec une hausse marquée (+32,8 %), tandis que l’hôtellerie, les commerces et les locaux agricoles enregistrent également des progressions comprises entre 10 % et 20 %.

Malgré cette dynamique ponctuelle, le volume global demeure limité. Sur douze mois, les surfaces commencées représentent 21 millions de mètres carrés, soit près de 10 millions de m² de moins que la moyenne de long terme.

Parallèlement, les surfaces autorisées reculent nettement (−15,3 %), notamment dans les bâtiments industriels (−37,3 %), les locaux agricoles (−9,0 %) et les bureaux (−7,8 %).

Le segment de l’entretien-amélioration, qui avait soutenu l’activité ces dernières années, marque également un ralentissement. Après quatre années consécutives de hausse, l’activité recule de 1,1 % en 2025 à prix constants, aussi bien dans le logement que dans le non-résidentiel.

La rénovation énergétique suit la même tendance avec une baisse de 1,4 % entre les quatrièmes trimestres 2024 et 2025. Selon la FFB, les perspectives restent prudentes, puisque « les perspectives se dégradent encore » à l’horizon du début de l’année 2026.

La situation économique des entreprises demeure par ailleurs sous pression. En moyenne sur l’année 2025, le secteur du bâtiment a perdu un peu plus de 20 000 emplois, dont 18 000 salariés.

De son côté, les prix du bâtiment reculent de 1,1 %, pénalisés par le neuf (−3,9 %), alors que les coûts continuent d’augmenter de 1,6 %, notamment sous l’effet de la hausse du coût du travail (+3,1 %).

Certains matériaux restent également soumis à des tensions, à l’image des demi-produits en cuivre ou en alliage dont les prix ont bondi de 49,7 % entre août 2025 et février 2026.

Au final, la conjoncture du bâtiment reste marquée par des signaux contrastés. La reprise des mises en chantier offre un début d’amélioration, mais les volumes restent faibles, la rénovation recule et les marges des entreprises continuent de s’éroder sous l’effet de l’écart croissant entre prix et coûts.