Face à l’urgence climatique et aux transformations profondes qui touchent les territoires, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) se dote d’une nouvelle feuille de route. L’établissement public vient de présenter son schéma directeur Développement durable et responsabilité sociétale et environnementale (DD & RSE) pour la période 2025-2030.
Ce document stratégique fixe un cap clair : réduire l’empreinte environnementale de l’établissement, adapter ses infrastructures et renforcer son rôle scientifique dans la transition écologique. Plusieurs actions concrètes ont déjà été engagées dès 2025, tandis que de nouvelles mesures sont prévues pour les prochaines années.
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Une stratégie structurée autour de la transition écologique
Le schéma directeur DD & RSE concerne l’ensemble des missions du BRGM : recherche scientifique, appui aux politiques publiques, expertise, gestion de l’après-mine et activités support. L’objectif est d’intégrer les enjeux du développement durable dans toutes les activités de l’établissement.
La stratégie repose sur deux piliers principaux. Le premier concerne le climat, la biodiversité et les ressources naturelles. Le second porte sur le progrès social, avec des engagements en faveur de l’égalité, de l’inclusion et de l’amélioration des conditions de travail.
Cette feuille de route s’appuie sur des objectifs mesurables à horizon 2030. Parmi eux figurent la réduction de l’empreinte carbone des activités, la diminution des consommations d’énergie et d’eau ou encore le développement d’espaces favorables à la biodiversité.
Bâtiments, énergie et eau : un patrimoine immobilier en mutation
La transformation engagée par le BRGM concerne aussi la gestion de ses bâtiments et de ses infrastructures. L’établissement prévoit notamment de renforcer sa stratégie de rénovation immobilière afin de réduire les consommations énergétiques et d’adapter ses sites aux effets du changement climatique.
L’empreinte carbone de référence du BRGM s’élevait à 14,8 tonnes équivalent CO₂ par équivalent temps plein en 2023. L’objectif est désormais d’engager une trajectoire de réduction progressive pouvant atteindre 30 % à l’horizon 2030.
Plusieurs actions concernent directement la gestion des bâtiments et des espaces. Le BRGM prévoit par exemple de moderniser ses infrastructures, d’améliorer les équipements liés à la gestion de l’eau et de développer des surfaces favorables à la biodiversité sur ses sites.
Sur le centre scientifique et technique d’Orléans, des travaux d’économie d’eau ont déjà été engagés, tandis que des dispositifs de récupération d’eau ont été déployés.
L’établissement étudie également l’installation de solutions de production d’énergie renouvelable sur certains sites, notamment via des projets photovoltaïques sur d’anciens sites miniers. Des mesures de végétalisation et de désimperméabilisation des sols sont également envisagées pour améliorer la biodiversité et la résilience des sites.
Mobilités et achats : des pratiques internes repensées
La stratégie du BRGM ne se limite pas à ses bâtiments. Elle concerne aussi les pratiques quotidiennes de l’établissement.
L’organisme souhaite ainsi réduire l’impact environnemental de ses déplacements professionnels en encourageant les mobilités douces, le covoiturage et l’utilisation du train pour certains trajets européens. Le développement des stationnements vélos et le verdissement progressif de la flotte de véhicules s’inscrivent également dans cette logique.
Les achats représentent un autre levier important. Le BRGM prévoit d’intégrer davantage de critères environnementaux dans ses marchés publics, notamment pour les contrats supérieurs à 40 000 euros hors taxes.
En parallèle, une démarche d’économie circulaire se développe. L’établissement privilégie la mutualisation des équipements et la redistribution des matériels inutilisés vers des acteurs de l’économie sociale et solidaire.
Premières actions engagées et nouvelles mesures attendues en 2026
Plusieurs initiatives ont déjà été lancées en 2025 pour amorcer la mise en œuvre du schéma directeur. Le BRGM a notamment intégré des objectifs de réduction de l’empreinte carbone dans les feuilles de route de ses directions et engagé des travaux de modernisation immobilière sur son site d’Orléans.
L’établissement a également développé des actions d’économie circulaire, avec des dons d’équipements et des collectes solidaires. Des formations au numérique responsable et à l’écoconduite ont été proposées aux salariés, tandis que la restauration collective a supprimé la vente de bouteilles en plastique et renforcé l’offre de produits faits maison et biologiques.
La mise en œuvre du schéma directeur doit se renforcer en 2026. Parmi les priorités figurent le suivi de l’empreinte carbone de l’établissement, l’intégration de l’impact du numérique dans le bilan d’émissions de gaz à effet de serre et l’élaboration d’un schéma d’achats responsables.
Le BRGM prévoit également de poursuivre la rénovation de ses bâtiments, de développer des solutions de mobilité moins émettrices de CO₂ et d’étendre certaines initiatives environnementales, comme l’écopâturage pour l’entretien des espaces verts.
Ainsi structurée, la feuille de route vise à inscrire durablement l’établissement dans une trajectoire de transition écologique à l’horizon 2030.










