Budget 2026 : un manque de visibilité qui fragilise la filière logement

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Budget 2026

L’absence d’accord parlementaire sur le budget 2026 ne relève plus seulement d’un débat institutionnel. Pour la filière du logement et de la construction, elle se traduit déjà par un manque de visibilité qui fragilise l’ensemble de la chaîne, du financement des projets jusqu’à l’emploi. Dans un communiqué commun publié le 19 décembre 2025, l’Alliance pour le logement alerte sur les conséquences concrètes de cette impasse budgétaire, alors même que la crise du logement continue de s’aggraver sur l’ensemble du territoire. Dans ce contexte, le flou budgétaire agit comme un facteur d’aggravation plutôt que comme une variable neutre.

Le logement neuf pénalisé par l’incertitude budgétaire

La production de logements neufs repose en grande partie sur des signaux publics clairs : dispositifs fiscaux, aides à l’investissement, stabilité réglementaire. Sans cadre budgétaire validé, les projets se figent. Les investisseurs diffèrent leurs décisions, les promoteurs ralentissent leurs lancements, et l’offre peine à se renouveler.

Ce mécanisme, bien connu du secteur, pèse directement sur l’accès au logement, alors même que la demande reste élevée dans de nombreux territoires.

Rénovation énergétique : une ambition fragilisée

La rénovation énergétique constitue l’un des piliers des politiques publiques du logement. Elle suppose toutefois une programmation lisible, à la fois pour les ménages et pour les entreprises.

L’absence de budget compromet cette trajectoire : elle brouille la visibilité des aides, complique la planification des chantiers et fragilise les équilibres économiques des acteurs engagés dans la transition du parc existant. À terme, ce sont les objectifs climatiques et sociaux qui se trouvent affaiblis.

Entreprises et emploi : un signal d’alerte économique

Le secteur du bâtiment ne se limite pas à une production de logements ; il constitue aussi un socle d’emplois et de compétences. La destruction de 65 000 emplois depuis 2022 illustre la vulnérabilité actuelle de la filière.

Derrière ce chiffre, ce sont des entreprises fragilisées, des savoir-faire menacés et une capacité de production qui s’érode. Une situation d’autant plus préoccupante que la relance, une fois les décisions prises, nécessitera du temps et des ressources humaines qualifiées.

Des leviers identifiés mais toujours en suspens

Face à ces tensions, certains outils sont identifiés de longue date. Le statut du bailleur privé vise à relancer l’investissement locatif et à élargir l’offre, tandis que l’ajustement de la réduction de loyer de solidarité constitue un levier économique majeur pour le logement social.

Tant que ces dispositifs restent en suspens, l’action publique peine à produire des effets structurels.


Au-delà des échéances parlementaires, le logement demeure un pilier économique et social. L’absence de décisions claires ne fait que repousser les réponses à une crise déjà installée. Sans vision globale et cohérente, le risque est celui d’une accumulation de mesures tardives, insuffisantes pour enrayer durablement les difficultés du secteur.

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