La ventilation reste peu présente dans les projets de rénovation énergétique. Selon les données présentées lors d’une webconférence du dispositif REX Bâtiment Performant, seuls 3 % des logements financés par MaPrimeRénov’ concernent ce poste de travaux, pourtant directement lié au renouvellement de l’air, à la maîtrise de l’humidité et à la performance du bâtiment.
À partir des enseignements du projet JustAir et de retours de terrain, les intervenants ont mis en lumière des difficultés récurrentes, de la conception à l’entretien, en passant par la coordination entre métiers et la mise en service des installations.
Des systèmes encore peu présents ou défaillants
Les données exposées pendant la webconférence donnent la mesure du décalage. En maison individuelle, environ un tiers des logements seraient équipés d’une VMC, tandis qu’un quart des bâtiments ne disposeraient d’aucun système de ventilation, naturel ou mécanique.
Plus de la moitié des logements équipés présenteraient par ailleurs des dysfonctionnements ou des débits non conformes.
Le retour du dispositif REX Bâtiment Performant va dans le même sens. Sur plus de 1 800 bâtiments audités depuis la RT 2012, les intervenants indiquent relever systématiquement au moins une ou deux non-qualités concernant la ventilation.
Ces défauts peuvent compromettre le renouvellement de l’air intérieur et favoriser l’apparition d’humidité, de condensation ou de moisissures. Ils peuvent aussi générer des nuisances acoustiques ou réduire les performances attendues du système.
Des non-qualités très concrètes sur les chantiers
Les retours de terrain présentés lors de la webconférence montrent que certains dysfonctionnements trouvent leur origine dans des défauts de mise en œuvre parfois simples.
Des pièces principales peuvent être dépourvues d’entrées d’air. Ailleurs, les mortaises réalisées dans les menuiseries sont insuffisantes ou absentes, empêchant le passage du débit attendu.
Le balayage de l’air peut également être perturbé après d’autres travaux. La pose d’un parquet ou d’une barre de seuil peut, par exemple, réduire le détalonnage sous une porte intérieure et freiner la circulation de l’air entre les pièces principales et les pièces humides.
D’autres constats concernent directement le caisson d’extraction : piquage inutilisé mal obturé, bouchon manquant ou fixation sans dispositif permettant de limiter la transmission des vibrations.
Autant de défauts susceptibles d’affecter les débits, le confort acoustique ou le fonctionnement global de l’installation.
Une coordination entre métiers encore fragile
La ventilation constitue un lot particulièrement transversal. Son efficacité dépend des interventions successives du menuisier, du plaquiste, du chauffagiste, de l’électricien ou encore du couvreur selon la configuration du chantier.
Le projet JustAir met notamment en évidence des pratiques de conception parfois minimales et un manque de coordination entre corps d’état.
Le remplacement des fenêtres illustre cette difficulté : sans anticipation entre le lot ventilation et le lot menuiserie, les entrées d’air nécessaires peuvent être oubliées ou mal intégrées.
Les enquêtes menées dans le cadre du projet font aussi ressortir des choix de systèmes encore largement guidés par les habitudes des installateurs, le coût, la simplicité de pose ou l’attachement à une marque.
La simple flux représente ainsi environ 70 % des systèmes évoqués, contre 20 % pour la double flux.
Anticiper les contraintes avant l’exécution
En rénovation, la ventilation doit composer avec un bâtiment existant.
L’architecture des pièces, les menuiseries, l’étanchéité à l’air, l’installation électrique, les conduits existants ou encore la présence d’appareils à combustion peuvent peser sur le choix et la mise en œuvre du système.
La webconférence insiste ainsi sur la phase de diagnostic. Identifier ces contraintes en amont permet de les intégrer à la conception et d’anticiper les interfaces avec les autres travaux. Une difficulté découverte seulement en phase d’exécution devient souvent plus complexe à corriger.
Au-delà du seul équipement, les retours d’expérience présentés replacent ainsi la ventilation dans une chaîne plus large, du diagnostic à l’entretien.
Un constat qui rappelle que la performance d’une rénovation énergétique ne dépend pas uniquement de l’isolation ou du chauffage, mais aussi de la capacité du bâtiment rénové à assurer un renouvellement d’air maîtrisé.









