La Fédération des élus des Entreprises publiques locales (FedEpl) tire la sonnette d’alarme sur les conséquences de la baisse annoncée des crédits de la ligne budgétaire unique (LBU), principal dispositif de financement du logement social en Outre-mer. Dans un communiqué publié le 26 mai 2026, l’organisation estime que cette contraction budgétaire pourrait fragiliser durablement la production de logements sociaux et affecter directement l’activité du BTP dans les territoires ultramarins.
Les Entreprises publiques locales occupent aujourd’hui une place centrale dans le logement social ultramarin. Les seules Sociétés d’économie mixte (Sem) géraient près de 143 910 logements en 2023, soit environ 80 % du parc social dans les territoires d’Outre-mer. Elles ont également mis en chantier plus de 3 000 logements la même année.
Dans ce contexte, la FedEpl considère que la réduction des crédits de la LBU menace directement l’équilibre économique des opérations. « Elle fragilise directement l’équilibre économique des opérations et pourrait entraîner un ralentissement significatif de la production de nouveaux logements, voire l’abandon de projets engagés », indique le communiqué.
Une pression croissante sur les bailleurs et les opérations
La fédération souligne que cette baisse intervient dans un environnement déjà fortement contraint pour les bailleurs sociaux ultramarins. Les opérateurs doivent composer avec une hausse des coûts de production, des opérations de plus en plus complexes et des contraintes financières accrues.
Selon la FedEpl, les conséquences pourraient rapidement dépasser le seul secteur du logement social. Le communiqué évoque un « effet domino sur le secteur du BTP, fortement dépendant de la commande publique en Outre-mer ».
Cette inquiétude intervient alors que les besoins restent particulièrement importants dans plusieurs territoires ultramarins. La fédération rappelle que près de 45 000 logements devront être construits au cours des dix prochaines années, dans un contexte marqué par l’aggravation du mal-logement.
PLOM 3 et NPNRU3 au cœur des inquiétudes
La FedEpl pointe également les contradictions entre les ambitions affichées des politiques publiques et les moyens financiers mobilisés. Le déploiement du PLOM 3 (Plan logement Outre-mer 2024-2027) impose selon elle des exigences croissantes aux bailleurs sociaux : produire davantage de logements, notamment très sociaux, améliorer la qualité du bâti et intégrer les enjeux climatiques.
Mais la fédération estime que ces objectifs deviennent difficilement soutenables avec des budgets en diminution. Elle parle d’une « injonction contradictoire » imposée aux opérateurs.
Le communiqué mentionne aussi les limites du futur NPNRU3. Si le Nouveau programme national de renouvellement urbain a permis plusieurs transformations dans les quartiers ultramarins, la FedEpl estime que son futur déploiement risque d’être « limité et inégal face à des problématiques urbaines et sociales souvent plus aiguës qu’en métropole ».
Un appel à une mobilisation dans le PLF 2027
Au-delà de la seule LBU, la fédération s’inquiète également de la fragilisation du Fonds national des aides à la pierre (FNAP), considérée comme le signe d’une tension plus large sur les financements du logement social au niveau national.
Face à cette situation, la FedEpl appelle à une mobilisation dans le cadre du projet de loi de finances 2027. Elle demande « une trajectoire budgétaire ambitieuse et pérenne pour la LBU, à la hauteur des besoins des territoires ultramarins ».
Pour la fédération, les arbitrages budgétaires à venir auront des conséquences directes sur la capacité des acteurs locaux à poursuivre les projets de logements sociaux, mais également sur l’activité économique et la filière construction dans les territoires ultramarins.









