Les Générateurs : une dynamique renforcée des territoires en 2025

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Les Générateurs

En 2025, le réseau Les Générateurs confirme sa montée en puissance sur le territoire français. Piloté par l’ADEME et déployé depuis 2022, ce dispositif d’accompagnement des collectivités affiche désormais une activité significative, avec au moins 1 531 collectivités accompagnées et 1 287 projets d’énergies renouvelables suivis.

Derrière ces chiffres, l’enquête annuelle 2025 met en lumière une dynamique réelle… mais aussi des déséquilibres structurels qui interrogent la trajectoire de la transition énergétique à l’échelle locale. Comme le rappelle le rapport, le dispositif repose sur un accompagnement en amont, avec un objectif clair : « aider à l’émergence de projets d’énergies renouvelables construits avec les territoires » .

Un réseau qui s’impose progressivement dans les territoires

Trois ans après son lancement, le réseau Les Générateurs s’installe durablement dans le paysage de l’ingénierie territoriale.

En 2025, son activité repose sur un double levier : l’accompagnement de projets et l’animation territoriale. Sur ce second volet, la progression est nette, avec une hausse de 19 % du nombre de collectivités sensibilisées et 1 134 actions réalisées sur l’année.

Cette intensification traduit un changement de posture. Les conseillers ne se limitent plus à répondre aux sollicitations : ils vont désormais au-devant des élus, organisent des réunions, des visites de sites et multiplient les actions de sensibilisation.

L’objectif est clair : acculturer les territoires aux enjeux des énergies renouvelables et structurer les premières étapes des projets.

Dans le même temps, l’accompagnement de projets reste stable. Ce maintien de l’activité, malgré un contexte moins favorable, témoigne d’un besoin toujours fort des collectivités en matière d’appui technique et stratégique.

Photovoltaïque dominant, éolien en retrait : un basculement confirmé

L’un des enseignements majeurs de l’enquête 2025 tient dans la répartition des projets accompagnés. Le photovoltaïque représente 84 % des projets, confirmant une tendance déjà amorcée les années précédentes. À l’inverse, l’éolien terrestre recule nettement, avec seulement 67 projets accompagnés, contre près du double en 2024.

Ce déséquilibre ne relève pas du hasard. Il s’explique d’abord par la nature même des projets. Le photovoltaïque, notamment sur bâti ou en ombrières, s’adapte facilement aux contraintes locales. Il nécessite moins de foncier, présente une meilleure acceptabilité sociale et peut être déployé à différentes échelles.

À l’inverse, l’éolien reste confronté à des obstacles structurels : contraintes réglementaires, enjeux paysagers, opposition locale, délais de développement longs — parfois entre 7 et 10 ans. À cela s’ajoute un contexte politique incertain, qui freine les initiatives.

Le rapport souligne ainsi un ralentissement inédit de la filière éolienne, confirmant une tendance nationale. La transition énergétique avance, mais elle ne progresse pas de manière homogène.

Beaucoup de projets… mais une puissance concentrée

Au-delà du nombre de projets, l’analyse de la puissance installée apporte un éclairage complémentaire. Sur les 1 287 projets accompagnés, seuls 539 disposent d’une estimation de puissance, pour un total de 1 319 MW.

Mais la répartition de cette puissance révèle un paradoxe. Les projets photovoltaïques sur bâti, qui représentent près de la moitié des opérations accompagnées, ne pèsent que marginalement dans la puissance totale.

À l’inverse, des segments comme l’éolien terrestre ou l’agrivoltaïsme, bien que moins nombreux, concentrent une part significative de la capacité installée.

Autrement dit, la transition énergétique ne se joue pas uniquement sur le volume de projets, mais aussi sur leur nature et leur dimensionnement. Ce décalage illustre la complexité des stratégies territoriales : multiplier les petits projets accessibles ou investir dans des installations plus structurantes, mais plus complexes à faire émerger.

L’ingénierie territoriale, maillon clé mais souvent invisible

Derrière ces projets, un acteur joue un rôle déterminant : les conseillers du réseau Les Générateurs. En 2025, ils ont réalisé 2 057 actions techniques, allant de la simple prise de contact à l’évaluation de la pertinence d’un projet, en passant par l’appui au montage ou à la négociation.

Les réunions et échanges constituent le cœur de cet accompagnement. Ils permettent de structurer les projets dès leur phase initiale, d’apporter des informations techniques et de sécuriser les décisions des collectivités.

Cette approche progressive favorise la montée en compétence des élus et des services techniques.

Le rapport insiste sur cette dimension pédagogique, en soulignant que la principale valeur ajoutée du dispositif réside dans la sensibilisation et l’acculturation des collectivités. Dans un contexte où les enjeux énergétiques deviennent de plus en plus techniques, cet accompagnement apparaît comme un levier essentiel.

Des dynamiques territoriales contrastées

L’analyse territoriale met en évidence de fortes disparités. Cinq régions — Pays de la Loire, Bretagne, Hauts-de-France, Normandie et Bourgogne-Franche-Comté — concentrent à elles seules près de 75 % des projets accompagnés.

Ces écarts s’expliquent par plusieurs facteurs : maturité des réseaux locaux, organisation des structures d’accompagnement, spécialisation des conseillers, mais aussi caractéristiques propres aux territoires. Certaines régions se positionnent davantage sur le photovoltaïque, d’autres conservent une activité éolienne plus marquée.

Ces différences traduisent une réalité souvent sous-estimée : la transition énergétique est avant tout territoriale, et son rythme dépend largement des contextes locaux.

Outre-mer : un déploiement encore partiel

Dans les territoires ultramarins, le réseau Les Générateurs reste en phase de structuration. En 2025, la couverture est encore partielle en Guyane et en Guadeloupe, tandis que La Réunion apparaît comme le territoire le plus actif, avec 18 collectivités accompagnées et 100 actions réalisées.

Les projets y concernent majoritairement le photovoltaïque, en cohérence avec les contraintes locales et les opportunités de développement. Toutefois, le faible volume de données disponibles limite l’analyse.

Ce déploiement progressif souligne un enjeu important : adapter les dispositifs nationaux aux réalités spécifiques des Outre-mer, où les besoins en transition énergétique sont pourtant particulièrement élevés.

Une transition engagée, mais sous contraintes

L’enquête 2025 des Générateurs met en évidence un réseau désormais structurant dans l’accompagnement des collectivités. L’activité progresse, les projets se multiplient, et l’ingénierie territoriale se renforce.

Pour autant, la transition énergétique reste confrontée à des contraintes fortes. Le ralentissement de l’éolien, les incertitudes politiques et les disparités territoriales freinent une dynamique qui, bien que réelle, demeure fragile.

Comme le souligne le rapport, les projets accompagnés se situent encore en phase amont, avec des estimations qui « ne garantissent pas que cela correspondra exactement à la puissance des projets finalisés » .


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Consulter ici l’enquête annuelle 2025 du réseau Les Générateurs