Production en hausse, gaz en recul : ce que le bilan énergétique 2025 change pour le logement

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    La transition énergétique continue de produire des effets mesurables. Dans son bilan énergétique 2025 publié en avril 2026, le Service des données et études statistiques (SDES) met en évidence une progression de la production d’énergie primaire en France (+2,0 %), une baisse de la consommation finale (-0,9 %) et un net recul de la facture énergétique, désormais établie à 45,8 milliards d’euros (-21 %). Mais au-delà de ces tendances globales, ce sont surtout les évolutions dans les usages énergétiques, notamment dans le logement, qui dessinent les transformations concrètes à l’œuvre dans le secteur du bâtiment.

    Une consommation qui recule, mais des dynamiques contrastées

    La consommation finale d’énergie atteint 1 609 TWh en 2025, en baisse de 0,9 % sur un an, et de 1,6 % après correction des variations climatiques. Cette évolution confirme une tendance à la sobriété énergétique engagée depuis plusieurs années, avec une consommation finale corrigée du climat en recul de 9,6 % depuis 2012.

    Dans le détail, les trajectoires diffèrent selon les secteurs. L’industrie, construction incluse, enregistre une baisse marquée de 3,4 %, poursuivant une tendance enclenchée depuis 2021.

    À l’inverse, la consommation résidentielle augmente légèrement en données réelles (+1,2 %), sous l’effet de températures moins clémentes en début d’année, rappelant la forte sensibilité des besoins énergétiques du logement aux conditions climatiques.

    Logement : le recul du gaz se confirme

    Dans le résidentiel, les signaux de transformation du mix énergétique se précisent. La consommation de gaz recule de 4,6 % à climat corrigé, tandis que celle d’électricité progresse légèrement (+0,3 %).

    Cette évolution traduit une substitution progressive des usages, en lien avec les politiques de rénovation énergétique et le déploiement d’équipements alternatifs. Elle s’inscrit dans un mouvement plus large de réduction des énergies fossiles dans les logements, même si ces dernières restent encore largement présentes dans le parc existant.

    Pompes à chaleur, bois : des solutions qui montent en puissance

    Les énergies renouvelables thermiques poursuivent leur progression et représentent désormais 29 % de la consommation énergétique du secteur résidentiel.

    Parmi les solutions en développement, les pompes à chaleur affichent une croissance soutenue : leur production atteint 56 TWh en 2025, en hausse de 8,7 %, portée à la fois par un hiver plus rigoureux et par l’augmentation des installations.

    Le bois énergie conserve néanmoins une place centrale. Avec 71 TWh consommés, il reste la première source d’énergie renouvelable dans les logements, devant la chaleur produite par les pompes à chaleur (53 TWh). Cette coexistence illustre la diversité des solutions mobilisées dans la transition énergétique du bâtiment.

    Photovoltaïque : une accélération qui redessine le rôle du bâti

    Autre évolution marquante du bilan 2025 : la forte progression du solaire. La production photovoltaïque augmente de 32,7 %, soutenue par une hausse de 23 % des capacités installées en un an.

    Cette dynamique dépasse le seul secteur énergétique. Elle confirme le rôle croissant du bâtiment comme support de production d’énergie, en particulier à travers les toitures équipées. Dans ce contexte, les enjeux d’intégration du photovoltaïque dans les projets de construction et de rénovation prennent une importance accrue.

    Une facture énergétique en baisse, mais un contexte encore incertain

    La facture énergétique de la France diminue fortement en 2025, à 45,8 milliards d’euros, soit une baisse de 21 % sur un an et de près de deux tiers depuis le pic de 2022. Cette amélioration s’explique principalement par la baisse des prix des énergies importées, notamment du pétrole, dont le prix moyen recule de 17 %.

    Le SDES souligne toutefois que cette accalmie reste relative : les prix du gaz importé, bien qu’en baisse, demeurent encore deux fois plus élevés qu’en 2019. Une situation qui continue de peser sur les équilibres économiques et sur les choix énergétiques des acteurs du bâtiment.

    Une transformation progressive des usages énergétiques

    Au final, le bilan énergétique 2025 met en lumière une évolution progressive mais tangible des usages dans le logement. Comme le souligne le document, « la consommation finale d’énergie baisse de 0,9 % », tandis que les énergies renouvelables thermiques continuent de gagner du terrain.

    Ces tendances traduisent une transformation en cours du mix énergétique dans le bâtiment, entre réduction des consommations, diversification des sources et montée en puissance des équipements performants. Une dynamique encore incomplète, mais désormais bien engagée.