GUADELOUPE. 32 % d’énergies renouvelables dans le mix électrique au S2 2025

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La transition énergétique continue de progresser en Guadeloupe, mais à un rythme encore contrasté.

Dans son bulletin du second semestre 2025 publié en avril 2026, l’Observatoire régional de l’énergie et du climat (OREC) met en évidence une hausse significative de la part des énergies renouvelables dans le mix électrique, dans un contexte de production globalement stable.

Derrière ces évolutions, les données suggèrent une transformation en cours du système énergétique, encore fortement dépendant des énergies fossiles, mais progressivement réorienté sous l’effet de nouvelles capacités et de mutations structurelles.

Une production stable, portée par la progression des renouvelables

Au second semestre 2025, 859 GWh d’électricité ont été livrés au réseau, soit une légère baisse de -1 % par rapport à la même période en 2024. Sur plusieurs années, la production apparaît globalement stable, avec des volumes oscillant autour de 850 à 870 GWh selon les semestres.

Dans ce contexte relativement constant, la part des énergies renouvelables progresse. Elle atteint 32 % du mix électrique, soit 271 GWh, en hausse de 4 points sur un an. Cette évolution indique que la transformation du système ne passe pas par une augmentation de la production globale, mais par une modification progressive de sa composition.

Un mix encore dominé par le fossile

Malgré cette progression, le mix énergétique reste largement structuré par les énergies fossiles, qui représentent encore 68 % de la production électrique.

Du côté des renouvelables, la production repose principalement sur quelques filières dominantes. La biomasse importée constitue à elle seule 36 % de la production renouvelable, suivie par le photovoltaïque (25 %) et la géothermie (16 %). L’éolien, l’hydraulique, le biogaz et la bagasse locale complètent ce mix, avec des contributions plus limitées.

Ces données suggèrent une transition engagée, mais encore dépendante de ressources spécifiques, notamment importées, et donc d’équilibres qui restent à consolider.

Biomasse et solaire en moteurs, des filières encore contrastées

L’évolution des différentes filières renouvelables met en évidence des dynamiques différenciées. La biomasse importée enregistre la plus forte progression, avec une hausse de +69 %, liée notamment à la substitution du charbon par des pellets de bois dans certaines installations.

Le photovoltaïque poursuit également sa montée en puissance (+24 %), porté à la fois par un ensoleillement favorable et par l’augmentation des capacités installées, notamment avec la mise en service de nouvelles centrales. L’hydraulique progresse aussi (+28 %), dans un contexte de pluviométrie soutenue en fin d’année et de renforcement des équipements.

À l’inverse, certaines filières reculent. La géothermie baisse de 8 %, le biogaz de 20 %, tandis que la bagasse locale diminue de 17 %, notamment en raison d’une fin anticipée de la campagne sucrière. L’éolien, lui, reste globalement stable.

L’ensemble met en évidence une progression des renouvelables tirée par quelques leviers principaux, avec des variations sensibles selon les conditions techniques, climatiques ou industrielles.

Une consommation influencée par le climat et les prix

Les évolutions de la production et de la consommation apparaissent également liées à des facteurs conjoncturels. Le second semestre 2025 a été marqué par des températures globalement moins élevées qu’en 2024, avec une baisse du nombre de jours et de nuits dépassant les seuils de chaleur.

Cette situation pourrait expliquer en partie la légère diminution de la production électrique, dans un territoire où la demande reste fortement corrélée aux besoins de climatisation. Seuls les mois d’août et de septembre font exception, avec des températures plus élevées et une production en hausse.

Par ailleurs, le taux d’occupation hôtelier reste globalement stable, avec un léger recul de -1 %, tandis que le tarif réglementé de l’électricité a diminué de 2,5 % en août 2025. Ces éléments suggèrent une influence modérée mais réelle des facteurs économiques et touristiques sur la consommation.

Mobilités : une baisse des carburants mais une transition encore hésitante

Sur le volet des transports, la consommation de carburant routier s’établit à 1 440 GWh, en baisse de -2,8 % sur un an. Cette évolution pourrait être liée à la hausse du prix du gazole (+2,5 %), dans un contexte de relative stabilité du prix du super, ainsi qu’à l’évolution progressive du parc automobile.

Pour autant, la transition vers l’électrique apparaît moins dynamique sur la période. 582 véhicules électriques neufs ont été vendus au second semestre 2025, soit une baisse de -2,8 %, avec un recul plus marqué pour les modèles rechargeables (-31 %). La part de marché de l’électrique atteint ainsi 7 %, en diminution de 2 points.

Le covoiturage recule également fortement (-44 %) sur le semestre, traduisant des usages encore instables. Dans ce contexte, le transport routier demeure largement dominant, représentant 62 % des consommations de carburant du territoire.

Des infrastructures pour accompagner l’évolution du système

Au-delà des volumes et des usages, le bulletin met en avant des évolutions structurantes du système électrique. L’inauguration en décembre 2025 d’un compensateur synchrone à Jarry, porté par EDF Archipel Guadeloupe, constitue à ce titre un élément notable.

Ce type d’équipement permet de renforcer la stabilité et la résilience du réseau, en assurant un rôle de régulation comparable à celui d’une turbine à combustion, mais sans recourir à un combustible et donc sans émissions directes de gaz à effet de serre.

Cette infrastructure illustre les adaptations nécessaires pour accompagner la montée en puissance des énergies renouvelables, dont l’intégration nécessite un pilotage plus fin du réseau.


Cliquez sur l’image pour consulter le Bulletin de l’énergie 2ème semestre 2025


La Guadeloupe s’inscrit dans une dynamique progressive de transition énergétique, marquée par la montée des énergies renouvelables mais encore structurée par une forte dépendance au fossile. Les évolutions attendues, notamment sur la biomasse, pourraient accélérer cette trajectoire, dans un contexte où les équilibres du système restent en cours d’ajustement.