Le programme Adapt Bâti Confort (ABC), piloté par l’ADEME avec le CEREMA, le CSTB et plusieurs partenaires du secteur, lance un appel à manifestation d’intérêt pour intégrer 9 experts ultramarins à ses travaux.
L’objectif est de s’appuyer sur des retours d’expérience déjà éprouvés en climat chaud pour améliorer le confort d’été des bâtiments en France hexagonale, confrontée à une intensification des épisodes de chaleur.
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Un parc bâti sous pression face à la montée des températures
Le contexte climatique accélère cette dynamique. Selon les projections de référence, la France pourrait atteindre +2,7°C d’ici 2050 et +4°C à l’horizon 2100, avec des conséquences directes sur le parc bâti. Entre 26 % et 27 % des bâtiments pourraient être exposés à un risque très fort, une proportion susceptible de grimper jusqu’à 61 % à 65 % en l’absence de régulation climatique .
Dans ce cadre, le recours massif à la climatisation apparaît comme une réponse immédiate, mais pose déjà des limites : surconsommation énergétique, aggravation des îlots de chaleur urbains, et risques de mal-adaptation.
C’est précisément pour éviter cet effet d’emballement que le programme ABC mise sur des solutions alternatives, en particulier les dispositifs passifs.
Le projet prévoit notamment de tester et d’évaluer des stratégies de rafraîchissement sur 50 opérations pilotes réparties dans quatre régions particulièrement exposées : Provence-Alpes-Côte d’Azur, Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle-Aquitaine.
L’ambition est de produire des résultats mesurables et diffuser des pratiques opérationnelles auprès des professionnels du bâtiment.
L’expertise ultramarine, un levier technique désormais reconnu
Dans ce dispositif, le recours à l’expertise ultramarine constitue un levier central. Les territoires d’outre-mer disposent en effet d’un recul important sur la gestion des fortes chaleurs, notamment à travers des approches fondées sur la ventilation naturelle, la réduction des apports thermiques et l’adaptation des usages.
Ces savoir-faire, développés dans des contextes contraints, sont aujourd’hui mobilisés pour enrichir les méthodes déployées dans l’Hexagone. Le programme reconnaît explicitement l’intérêt de ces retours d’expérience, encore peu consolidés à l’échelle nationale, mais déterminants pour améliorer l’efficacité des solutions passives.
Concrètement, les experts sélectionnés interviendront à plusieurs niveaux. Ils analyseront les solutions techniques envisagées sur les opérations pilotes, formuleront des recommandations, contribueront à l’élaboration des méthodes d’évaluation et à l’analyse des retours d’usage.
Leur rôle portera également sur l’identification de ressources techniques et de retours d’expérience destinés à alimenter les livrables du programme et les actions de formation.
L’ensemble de ces contributions vise à structurer une base de connaissances opérationnelles, encore largement insuffisante aujourd’hui pour accompagner la transition du secteur.
Un dispositif qui traduit une évolution des pratiques
Au-delà de cet appel, le programme Adapt Bâti Confort traduit une évolution plus large des pratiques. Le confort d’été, longtemps secondaire dans la conception et la rénovation, devient un enjeu central, au croisement des problématiques énergétiques, climatiques et d’usage. Dans ce contexte, les solutions passives et les approches bioclimatiques s’imposent progressivement comme des alternatives crédibles, à condition d’être mieux documentées, partagées et adaptées aux réalités locales.
Infos pratiques – AMI Adapt Bâti Confort
- Objet : sélection de 9 experts ultramarins pour contribuer au programme
- Profils recherchés : experts issus d’entreprises, d’associations ou d’universités, avec expérience en instrumentation, audit ou exploitation de bâtiments
- Ouverture des candidatures : 23 avril 2026
- Date limite : 28 mai 2026
- Démarrage des missions : septembre 2026
- Cahier des charges
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