Créé en 2023 pour soutenir la transition écologique dans les territoires, le Fonds vert poursuit son déploiement en 2026 avec 837 millions d’euros mobilisés pour accompagner les collectivités dans leurs projets d’adaptation et d’aménagement durable. Depuis son lancement, le dispositif a déjà soutenu plus de 25 000 projets, représentant 4,5 milliards d’euros de subventions entre 2023 et 2025, selon le guide du Fonds vert 2026 publié par le ministère de la Transition écologique à destination des décideurs locaux.
Cette nouvelle édition marque une évolution notable : l’adaptation au changement climatique devient désormais la priorité du dispositif, avec près de la moitié des moyens consacrés à la prévention des risques et à la résilience des territoires face à l’intensification des phénomènes climatiques.
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Bâtiments publics : un levier majeur pour réduire les consommations d’énergie
Parmi les mesures les plus structurantes du Fonds vert figure la rénovation énergétique des bâtiments publics locaux.
Les collectivités disposent en effet d’un patrimoine bâti particulièrement énergivore : selon les données citées dans le guide du dispositif, 81 % des consommations énergétiques des communes proviennent de leurs bâtiments communaux.
Le fonds soutient donc les projets permettant d’améliorer significativement la performance énergétique du parc public. Les opérations financées doivent viser au moins 40 % de réduction de la consommation d’énergie finale, tout en contribuant à diminuer les émissions de gaz à effet de serre.
Concrètement, les travaux concernés peuvent porter sur l’isolation et la performance de l’enveloppe du bâtiment, le remplacement d’équipements de chauffage ou d’éclairage par des solutions plus performantes, ou encore l’amélioration du confort thermique des bâtiments.
Cette dernière dimension devient particulièrement importante face à l’augmentation des vagues de chaleur, qui affectent notamment les établissements scolaires et les bâtiments accueillant du public.
En 2025, cette mesure a déjà permis de soutenir 1 235 projets de rénovation, représentant 207,5 millions d’euros de subventions pour un volume d’investissement global supérieur à 1,5 milliard d’euros.
Ces projets concernaient près de 2 000 bâtiments publics, pour une surface totale d’environ 1,1 million de mètres carrés.
Outre-mer : renforcer la résistance des bâtiments face aux cyclones
L’adaptation climatique concerne particulièrement les territoires ultramarins, régulièrement exposés à des événements météorologiques extrêmes. Le Fonds vert prévoit ainsi une mesure spécifique visant à renforcer la protection des bâtiments publics face aux vents cycloniques.
Les collectivités de Guadeloupe, Martinique, Mayotte, La Réunion, Saint-Martin et Saint-Barthélemy peuvent bénéficier d’un soutien financier pour des opérations de réhabilitation lourde, de reconstruction ou de renforcement ciblé des éléments les plus vulnérables des bâtiments, notamment les toitures et les ouvertures.
L’objectif est de réduire la vulnérabilité des infrastructures publiques tout en facilitant la gestion de crise lors d’événements météorologiques majeurs.
Les catastrophes climatiques récentes illustrent l’ampleur de ces enjeux. L’ouragan Irma, qui a frappé Saint-Martin et Saint-Barthélemy en 2017 avec des vents dépassant 285 km/h, a provoqué des dégâts estimés à 2 milliards d’euros.
Le dispositif prévoit également, pour les territoires ultramarins, une nouvelle sous-mesure visant à améliorer le confort thermique des bâtiments non climatisés, un enjeu important dans des régions où les épisodes de chaleur deviennent plus fréquents et plus intenses.
Prévenir les risques naturels : inondations, incendies et recul du littoral
Au-delà du patrimoine bâti, le Fonds vert intervient aussi sur les grands risques naturels auxquels les territoires doivent désormais faire face.
La prévention des inondations constitue l’un des volets majeurs du dispositif. En France, ce phénomène représente le premier risque naturel, avec des dommages évalués à environ 604 millions d’euros par an en moyenne pour les bâtiments assurés sur la période 1982-2022.
Les financements peuvent soutenir des études de vulnérabilité, des travaux de protection, la restauration de zones d’expansion de crue ou encore le renforcement des systèmes d’endiguement.
L’objectif est d’améliorer la protection des populations tout en favorisant des solutions fondées sur la nature.
Les risques d’incendies de forêt et de végétation font également l’objet d’un soutien spécifique. Après une année 2022 marquée par 70 000 hectares brûlés, les collectivités poursuivent leurs efforts de prévention et d’aménagement des territoires situés à l’interface entre zones urbanisées et espaces forestiers.
Enfin, le Fonds vert accompagne l’adaptation des territoires littoraux confrontés à l’érosion. En France, 20 000 kilomètres de côtes sont soumis à un phénomène de recul du trait de côte, accentué par l’élévation du niveau de la mer.
Entre 1960 et 2010, près de 30 km² de territoires côtiers ont déjà été perdus en métropole et dans les outre-mer.
Renaturation et recyclage foncier : repenser l’aménagement urbain
Au-delà de la gestion des risques, le Fonds vert soutient également des opérations d’aménagement visant à transformer durablement les territoires.
La renaturation des villes et des villages constitue l’un des axes d’intervention majeurs.
L’objectif est de réduire les effets des îlots de chaleur urbains et de renforcer la résilience des espaces urbanisés face aux épisodes de chaleur et aux phénomènes de ruissellement. La végétalisation joue ici un rôle clé : la présence d’arbres d’ombrage peut permettre de réduire localement la température urbaine de 3 à 5 °C.
En 2025, près de 667 hectares d’espaces urbains ont ainsi été renaturés grâce au soutien du fonds.
Le dispositif soutient également le recyclage foncier, qui vise à reconvertir les friches urbaines ou industrielles afin de limiter l’étalement urbain et préserver les espaces naturels et agricoles. En France, ces friches représentent environ 150 000 hectares de surfaces potentiellement mobilisables pour de nouveaux projets d’aménagement ou de logements.
Un outil stratégique pour la transition écologique des territoires
Avec ses trois axes d’intervention et quinze mesures, le Fonds vert s’impose progressivement comme un instrument central de la politique de planification écologique territoriale.
Géré au plus près du terrain par les préfets, il permet d’accompagner des projets portés par les collectivités territoriales, leurs groupements et leurs partenaires locaux.
Rénovation énergétique du patrimoine public, adaptation des infrastructures face aux risques climatiques, transformation des espaces urbains ou protection des territoires littoraux : les projets soutenus couvrent désormais l’ensemble des enjeux liés à la transition écologique.
Dans un contexte d’intensification des événements climatiques et de transformation rapide des territoires, le Fonds vert confirme ainsi son rôle de levier financier pour concrétiser, au niveau local, les politiques publiques d’adaptation et de transition écologique.










