Travaux publics : activité, commandes et emploi en recul début 2026

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Travaux publics

Depuis plusieurs mois, les indicateurs du secteur des travaux publics montrent des signes de ralentissement. Le dernier bulletin de conjoncture de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) confirme cette tendance. En février 2026, l’activité du secteur recule nettement en France métropolitaine, avec une baisse des travaux réalisés, des prises de commandes et des heures travaillées sur les chantiers. Depuis le début de l’année, les travaux réalisés diminuent de 4,1 %, tandis que les marchés conclus chutent de 12,8 %, traduisant un affaiblissement de la demande dans un contexte économique incertain.

Une activité qui décroche en février

Le mois de février marque une accentuation du ralentissement. L’activité des travaux publics recule de 3,4 % sur un mois et de 7,3 % sur un an à prix constants. Depuis le début de l’année, la baisse cumulée atteint 4,1 %, tandis que la tendance sur douze mois glissants devient également négative.

La FNTP résume la situation de manière explicite dans son bulletin : « En février 2026, l’activité des travaux publics diminue de -3,4 % sur un mois (…) et de -7,3 % sur un an, accélérant l’érosion observée ces derniers mois. »

Plusieurs facteurs expliquent ce recul. Les conditions météorologiques ont fortement perturbé les chantiers en début d’année, avec un nombre d’heures chômées pour intempéries en nette hausse.

La fédération indique que ces heures d’arrêt ont doublé depuis le début de l’année par rapport à 2025, contribuant directement au ralentissement de l’activité sur les chantiers.

Les commandes chutent nettement

Au-delà de l’activité immédiate, l’évolution des prises de commandes constitue l’indicateur le plus préoccupant pour la profession. Les marchés conclus reculent de 12,8 % depuis le début de l’année et de 11 % sur douze mois glissants, confirmant une contraction durable de la demande.

Même si certaines attributions liées au projet du Canal Seine-Nord Europe ont atténué la baisse en février, la tendance générale reste clairement orientée à la baisse. La FNTP évoque une « contraction toujours à deux chiffres des prises de commandes », signe que les carnets de commandes pourraient rester sous pression dans les mois à venir.

Cette évolution concerne à la fois la commande publique et la commande privée, dans un contexte où les donneurs d’ordre adoptent une attitude plus prudente face aux incertitudes économiques.

Moins d’heures travaillées sur les chantiers

Le ralentissement de l’activité se répercute directement sur l’organisation du travail dans les entreprises du secteur. Les heures travaillées par les ouvriers permanents diminuent de 4,5 % depuis le début de l’année, et de 6,3 % sur un an en février.

La baisse est encore plus marquée pour l’intérim. Les heures intérimaires reculent de 13,1 % depuis janvier et d’environ 16 % sur un an, confirmant que les entreprises ajustent en priorité le recours à la main-d’œuvre temporaire lorsque l’activité ralentit.

Cette évolution constitue souvent un indicateur avancé de la conjoncture dans le secteur, l’intérim servant de variable d’ajustement rapide pour les entreprises de travaux publics.

L’emploi commence à reculer

La contraction de l’activité commence également à se traduire par une baisse progressive de l’emploi dans la filière. Les effectifs ouvriers permanents diminuent de 1,9 % sur un an, confirmant une tendance à l’érosion des effectifs.

Même si ce recul reste pour l’instant relativement modéré, il traduit l’adaptation progressive des entreprises face à une activité moins dynamique et à des perspectives de marché plus incertaines.

Des coûts de production qui restent sous tension

Dans ce contexte de ralentissement, les entreprises doivent également composer avec l’évolution des coûts de production. L’index TP01, qui mesure les coûts dans les travaux publics, affiche une progression de 0,8 % entre janvier 2025 et janvier 2026.

Cette hausse reste limitée, mais elle s’ajoute aux tensions économiques déjà présentes dans la filière, notamment sur les matériaux, l’énergie et les charges d’exploitation.

Un contexte économique et géopolitique incertain

Pour la FNTP, la baisse d’activité observée en février dépasse la seule question des conditions météorologiques. Elle s’inscrit dans une dégradation plus large de l’environnement économique.

Le bulletin souligne notamment l’impact du cycle municipal, période traditionnellement marquée par un ralentissement des investissements publics à l’approche des élections.

La fédération insiste également sur le contexte international. Dans son analyse, elle note que « les tensions géopolitiques au Moyen-Orient (…) alimentent à la fois les incertitudes et les pressions sur les coûts », ce qui pourrait peser davantage sur les perspectives d’activité et la situation financière des entreprises du secteur.

Dans ce contexte, les prochains mois seront déterminants pour la filière. L’évolution des prises de commandes, en particulier dans la commande publique, sera un indicateur clé pour mesurer la capacité du secteur à retrouver une dynamique plus favorable au cours de l’année 2026.


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Consulter ici le bulletin de conjoncture – Février 2026 publié par la FNTP