Appels d’offres ENR : la filière salue la relance mais appelle à accélérer les projets

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À la suite des annonces du gouvernement concernant le lancement de nouveaux appels d’offres pour la production d’électricité renouvelable jusqu’en 2027, le Syndicat des énergies renouvelables(SER) a réagi en saluant une dynamique jugée essentielle pour accompagner l’électrification des usages.

Présentées par les ministres Roland Lescure et Maud Brégeon, ces mesures visent à renforcer les capacités de production d’électricité bas carbone dans un contexte de transition énergétique et de réduction de la dépendance aux énergies fossiles.

Pour le SER, ces annonces confirment les engagements pris par le gouvernement dans le cadre de la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie.

L’organisation professionnelle estime que le développement des énergies renouvelables constitue un levier central pour garantir une offre d’électricité abondante et compétitive dans les années à venir, condition indispensable à la poursuite de l’électrification des usages et à la réduction de l’exposition du pays aux tensions géopolitiques sur les marchés énergétiques.

Concernant l’éolien terrestre, le gouvernement prévoit plusieurs sessions d’appels d’offres d’ici 2027, dont une première session de 800 MW dès mai 2026. Les autorités souhaitent notamment privilégier les projets de renouvellement de parcs existants.

Si le SER accueille favorablement ces orientations, il souligne toutefois que le seul renouvellement des installations actuelles ne permettra pas d’atteindre les objectifs fixés par la Programmation pluriannuelle de l’énergie.

La filière appelle ainsi à simplifier les procédures administratives et à accélérer l’instruction des projets afin de soutenir le développement du secteur.

Le solaire photovoltaïque figure également dans cette nouvelle phase d’appels d’offres. Un appel d’offres simplifié de 288 MWc ainsi qu’un dispositif de 925 MWc pour les centrales au sol doivent être lancés.

Si ces volumes sont accueillis positivement par la filière, le SER pointe un manque de visibilité sur les appels d’offres prévus en fin d’année, alors que la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie prévoit un volume global de 2,9 GWe pour l’année 2026.

Au-delà des volumes annoncés, la filière met également en avant les enjeux industriels associés au développement du photovoltaïque. Selon le SER, le règlement européen Net-Zero Industry Act ne permet pas encore de garantir des retombées industrielles suffisantes en Europe.

L’organisation appelle donc à introduire un critère plus explicite de « Made in Europe » dans les futurs appels d’offres afin de soutenir la production industrielle européenne et renforcer la souveraineté énergétique du continent.

Pour Jules Nyssen, président du Syndicat des énergies renouvelables, le développement des énergies renouvelables doit s’inscrire dans une stratégie énergétique plus large. Il estime que la poursuite de l’électrification des usages devra s’accompagner d’un plan de décarbonation de la chaleur, encore fortement dépendante des énergies fossiles, ainsi que d’une accélération du verdissement du gaz via le développement du biogaz.


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