Dans les entreprises du BTP, la préparation technique et économique des projets occupe une place de plus en plus centrale. Plans, métrés, chiffrages, définition des solutions techniques, préparation des méthodes d’exécution : autant d’activités qui structurent la phase amont des chantiers et conditionnent souvent leur réussite. Une étude publiée récemment par l’Observatoire des métiers du BTP met en lumière le poids de cette fonction dans le secteur et les évolutions qui l’accompagnent.
Selon les données analysées dans ce travail, plus de 92 000 salariés exercent aujourd’hui un métier dédié à la fonction études dans le BTP, dont 58 320 dans le bâtiment et 33 696 dans les travaux publics. Dans ce dernier secteur, la fonction représente 10,2 % des effectifs, contre 5,2 % dans le bâtiment, signe d’une structuration particulièrement forte dans les activités les plus techniques.
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Une fonction au cœur de la préparation des projets
La fonction « études » regroupe l’ensemble des activités visant à analyser, concevoir et préparer les projets de construction avant le lancement des travaux.
Elle couvre notamment :
- l’analyse technique et architecturale des projets,
- la réalisation des plans et modélisations,
- l’estimation des coûts,
- ainsi que la définition des méthodes d’exécution et l’implantation des ouvrages.
Cette phase amont constitue un maillon essentiel du processus de production. Elle permet d’anticiper les contraintes techniques, d’évaluer la faisabilité des opérations et d’optimiser les solutions retenues avant le démarrage du chantier.
Dans un contexte où les projets deviennent plus complexes et les marges plus contraintes, la qualité des études conditionne de plus en plus la performance globale des opérations.
Des métiers techniques au cœur de la chaîne de production
La fonction études mobilise une grande diversité de profils techniques et d’expertises. Dans les entreprises du bâtiment, on retrouve notamment les dessinateurs-projeteurs, les métreurs, les techniciens ou ingénieurs d’études, les chargés d’affaires ou encore les BIM managers.
Dans les travaux publics, les équipes peuvent également intégrer des chargés d’études de prix, des chargés de méthodes ou des géomètres-topographes.
Dans les travaux publics, la fonction études se caractérise par une forte présence de cadres techniques. Les ingénieurs et cadres d’études représentent ainsi environ 34 % des effectifs, auxquels s’ajoutent les métreurs et techniciens spécialisés.
Au total, plus de la moitié des professionnels de cette fonction sont des ingénieurs ou des cadres, ce qui illustre le niveau d’expertise requis pour préparer les projets.
Une organisation très liée à la taille des entreprises
L’étude souligne également des différences importantes selon la taille des entreprises. Dans les structures de grande dimension, la fonction études est généralement organisée autour d’équipes dédiées, avec une répartition précise des rôles entre projeteurs, techniciens méthodes, chargés d’études de prix et ingénieurs. Ces services constituent alors un maillon identifié de la chaîne de production.
À l’inverse, dans les petites entreprises, la fonction est souvent moins formalisée. Les tâches liées aux études sont fréquemment assumées par le dirigeant ou par des salariés polyvalents, qui interviennent à la fois sur la préparation des projets, la réalisation des devis et parfois même le suivi de chantier.
Cette organisation reflète les contraintes économiques et le volume d’activité des structures de plus petite taille.
Internaliser les études pour mieux maîtriser les projets
Pour de nombreuses entreprises, disposer d’une fonction études en interne constitue un levier stratégique. Elle permet notamment de mieux maîtriser les coûts, d’améliorer la réactivité face aux demandes des clients et de conserver les savoir-faire techniques au sein de l’entreprise.
Certaines activités restent toutefois plus fréquemment externalisées, en particulier lorsque les compétences spécifiques ne sont pas disponibles en interne ou lorsque le volume d’activité ne justifie pas la création d’un poste dédié. Le recours à des bureaux d’études externes demeure ainsi une pratique répandue dans certaines configurations.
Une fonction appelée à se renforcer
Dans un secteur confronté à des exigences techniques, réglementaires et environnementales de plus en plus élevées, la fonction études devrait continuer à se renforcer dans les années à venir.
La montée en puissance des outils numériques, la généralisation des maquettes numériques et la complexification des projets contribuent à accroître le rôle stratégique de ces métiers.
Au-delà de la conception des projets, la fonction études apparaît désormais comme un levier clé pour sécuriser les opérations, optimiser les solutions techniques et renforcer la compétitivité des entreprises du BTP.










