En février 2026, les coûts du bâtiment et des travaux publics en Guadeloupe amorcent une légère reprise. L’index général du BTP atteint 101,30, en hausse de 0,2 % sur un mois, selon la Cellule économique régionale de la construction (CERC). Une évolution modérée qui masque toutefois des dynamiques contrastées entre les différents segments du secteur. Comme le souligne la publication, « en février 2026, l’index guadeloupéen général du bâtiment et des travaux publics (BTPGP00) repart à la hausse avec une augmentation de 0,2 % ». Derrière ce signal positif, les écarts entre bâtiment et travaux publics restent marqués.
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Une reprise encore fragile des coûts de construction
Après plusieurs mois de relative stabilité, l’indice global du BTP montre un léger redressement. À 101,30 en base 100 décembre 2024, il progresse de 0,2 % sur un mois et de 0,2 % sur un an, tout en restant en retrait de 0,6 % par rapport à la base.
La tendance reste donc mesurée. Les coûts repartent, mais sans véritable accélération. Cette évolution traduit davantage une phase d’ajustement qu’un retournement franc du cycle.
Bâtiment en recul, travaux publics en progression : une fracture nette
L’analyse par secteur met en évidence une divergence marquée. Le bâtiment continue d’afficher des signes de faiblesse. Son index s’établit à 99,80, en recul de 1,1 % sur un an et de 1,3 % depuis décembre 2024. Le gros œuvre concentre les tensions les plus fortes, avec un indice à 97,10, soit une baisse de 3,6 % sur un an.
À l’inverse, les travaux publics poursuivent leur progression. Leur index atteint 103,20, en hausse de 1,7 % sur douze mois. Le génie civil tire particulièrement cette dynamique, avec une progression de 2,0 %, tandis que les travaux spécialisés restent à un niveau élevé, à 104,30.
Cette opposition illustre deux réalités économiques distinctes. D’un côté, un bâtiment encore fragilisé. De l’autre, des infrastructures et réseaux qui soutiennent l’activité.
Matériaux et coûts : des pressions toujours fortes
Derrière la variation globale, les matériaux de construction apparaissent comme le principal moteur de l’évolution des coûts. Leur contribution est déterminante dans la hausse observée en février.
Certains produits enregistrent des progressions particulièrement marquées. Les sables affichent une hausse de 36,2 % sur un an, avec un pic spectaculaire pour le sable de tranchée, à +86,6 %. Le ciment en sac progresse de 10 %, tandis que le bois résineux bondit de 24,5 %.
Ces évolutions traduisent des tensions persistantes sur les chaînes d’approvisionnement et les coûts d’importation. Elles pèsent directement sur les budgets des opérations.
En parallèle, les coûts de transport restent élevés, avec un index à 113,20, même si leur contribution récente à la hausse des coûts apparaît plus modérée. L’énergie, quant à elle, se maintient à un niveau élevé, avec un index de 105,70, confirmant une pression structurelle sur les charges de chantier.
Des dynamiques très contrastées selon les activités
Au-delà des grandes tendances sectorielles, les évolutions varient fortement selon les métiers et les types de travaux.
Dans les travaux publics, certaines activités se distinguent par leur dynamisme. Les travaux d’enrobés progressent de 4,3 % sur un an, les réseaux d’assainissement de 2,8 %, et les infrastructures de télécommunications, notamment la fibre optique, de 3,7 %. Les équipements sportifs enregistrent également une hausse notable de 4,0 %.
À l’inverse, plusieurs segments du bâtiment restent orientés à la baisse. Les installations photovoltaïques en toiture chutent de 15,3 % sur un an, tandis que les plâtres et certaines menuiseries affichent des replis.
Ces écarts traduisent une réalité de terrain : tous les segments ne réagissent pas de la même manière aux évolutions économiques et aux priorités d’investissement.
Un indicateur clé pour sécuriser les marchés
Au-delà de la lecture conjoncturelle, ces index jouent un rôle central dans la gestion des marchés de construction. Ils permettent d’ajuster les contrats face aux variations de coûts.
Le document rappelle que « les index du bâtiment et des travaux publics sont des instruments de mesure de l’évolution des charges auxquelles les entreprises de construction sont confrontées ».
Ils interviennent notamment dans les mécanismes d’actualisation et de revalorisation des marchés.
Dans un contexte de volatilité des prix, leur utilisation devient essentielle pour sécuriser l’équilibre économique des opérations, tant pour les entreprises que pour les maîtres d’ouvrage.










