L’économie guyanaise montre des signes de redressement à la fin de l’année 2025. Dans sa publication « Tendances conjoncturelles – 4e trimestre 2025 », l’Institut d’émission des départements d’outre-mer (IEDOM) décrit une activité économique globalement mieux orientée, portée par plusieurs secteurs dynamiques. Tourisme, industrie et activités spatiales contribuent à cette amélioration, tandis que d’autres domaines restent plus fragiles. Dans ce contexte, le secteur du BTP apparaît stable, avec des perspectives légèrement plus favorables pour le début de l’année 2026.
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Un climat des affaires en amélioration
Le redressement de l’économie se reflète d’abord dans l’évolution du climat des affaires. Au quatrième trimestre 2025, l’indicateur suivi par l’IEDOM progresse nettement. Il gagne 2,4 points pour atteindre 105, un niveau désormais supérieur à sa moyenne de longue période.
Cette évolution traduit une perception plus positive de la situation économique par les entreprises. Comme le souligne le rapport, « l’indicateur du climat des affaires témoigne d’une nette amélioration au 4e trimestre 2025 (+2,4 points). Il progresse ainsi au-dessus de sa moyenne de longue période pour le deuxième trimestre consécutif ».
Plusieurs facteurs expliquent ce regain de confiance. L’adoption du projet de loi de finances pour 2026, la hausse du budget global consacré aux Outre-mer et la reprise de l’activité du Centre spatial guyanais offrent aux entreprises davantage de visibilité sur les perspectives économiques du territoire.
Tourisme : un retour de l’activité
Parmi les secteurs les mieux orientés, le tourisme connaît une amélioration notable à la fin de l’année. Après plusieurs trimestres difficiles, l’activité repart progressivement.
Les indicateurs de fréquentation confirment cette tendance. Le nombre de passagers à l’aéroport augmente de 2,6 %, tandis que les nuitées progressent de 9,4 % sur le trimestre.
Cette évolution traduit un retour progressif de la fréquentation touristique et des perspectives jugées plus favorables par les entreprises du secteur.
Industrie et exportations : les ressources naturelles en soutien
L’industrie contribue également à l’amélioration de la conjoncture. Plusieurs filières liées aux ressources naturelles enregistrent une progression notable de leurs exportations.
Les exportations d’or augmentent ainsi de 39,9 % en valeur, confirmant le rôle central de cette activité dans l’économie guyanaise. Les exportations de bois progressent de 11,8 %, tandis que celles issues de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche enregistrent une hausse de 29,8 %.
Ces performances illustrent l’importance des ressources naturelles dans l’activité économique du territoire et leur contribution aux échanges extérieurs.
L’activité spatiale, moteur stratégique de l’économie
Autre pilier majeur de l’économie guyanaise : la filière spatiale. Le Centre spatial guyanais poursuit son activité avec plusieurs lancements réalisés au cours du trimestre.
Au total, trois lancements ont été effectués, dont deux pour Ariane-6 et un pour Vega-C. Cette dynamique devrait se renforcer dans les prochaines années avec la mise en service de l’ensemble de lancement multi-lanceurs (ELM) prévue en 2026, susceptible de générer des retombées économiques importantes pour le territoire.
Les services en progression
Dans le secteur des services, l’activité progresse également, bien que de manière plus modérée. Les entreprises interrogées dans l’enquête de conjoncture font état d’une légère hausse de leur activité, accompagnée de perspectives plutôt favorables pour les mois à venir.
Les trésoreries semblent par ailleurs s’améliorer, même si certains indicateurs, notamment les délais de paiement, restent encore fragilisés.
Dans le BTP, une activité stable
Dans ce contexte de reprise progressive, le secteur du BTP apparaît relativement stable à la fin de l’année 2025. L’activité ne connaît pas encore de véritable accélération, mais elle ne montre pas non plus de dégradation marquée.
Les entreprises du secteur se montrent toutefois plus confiantes pour les prochains mois. Selon l’IEDOM, les chefs d’entreprise anticipent une légère hausse de l’activité au début de l’année 2026, tandis que les prévisions d’investissement, longtemps mal orientées, commencent à se stabiliser.
Le commerce reste sous pression
À l’inverse, le commerce demeure l’un des secteurs les plus fragilisés par la conjoncture actuelle. L’activité y reste dégradée à la fin de l’année 2025 et les perspectives apparaissent encore incertaines.
Certains indicateurs suggèrent néanmoins une amélioration progressive. Les trésoreries, fortement détériorées depuis la fin de l’année 2024, tendent à se stabiliser et les charges d’exploitation apparaissent moins dégradées que lors des trimestres précédents.
Une reprise économique encore contrastée
Au final, l’économie guyanaise termine l’année 2025 sur une dynamique plus favorable. Plusieurs secteurs enregistrent une amélioration sensible et la confiance des entreprises progresse. Le rapport souligne ainsi que « le regain d’activité, perceptible au troisième trimestre, se confirme au quatrième trimestre 2025 ».
Cette amélioration reste toutefois contrastée. Si le tourisme, l’industrie ou la filière spatiale contribuent au redressement de l’activité, certains secteurs demeurent plus fragiles.
Dans ce paysage économique encore en transition, le BTP semble évoluer dans une phase de stabilisation, avec l’espoir d’une reprise progressive au cours de l’année 2026.









