Après plusieurs années de progression, l’activité d’entretien-rénovation du bâtiment marque un ralentissement. Selon le baromètre publié en février 2026 par le Réseau des CERC et la Fédération Française du Bâtiment (FFB), le marché recule légèrement en 2025. Cette évolution intervient dans un contexte de tensions économiques pour la filière construction et s’accompagne d’anticipations prudentes de la part des entreprises pour le début de l’année 2026.
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Un marché de la rénovation qui marque le pas en 2025
Le bilan annuel met en évidence un léger repli de l’activité d’entretien-rénovation en France. En volume, l’activité recule de 1,1 % sur l’ensemble de l’année 2025, mettant fin à une séquence de croissance continue observée depuis plusieurs années.
Le rapport souligne clairement ce tournant : « L’activité entretien-rénovation concède 1,1 % sur l’ensemble de l’année 2025, après quatre années de hausses consécutives. »
Cette baisse reste toutefois limitée. Sur la période récente, l’activité du secteur avait connu plusieurs cycles de progression et de repli, avec notamment une forte reprise après la crise sanitaire.
La contraction observée en 2025 traduit davantage un ralentissement de la dynamique qu’un effondrement du marché.
Logements et locaux : un recul globalement partagé
L’évolution de l’activité apparaît relativement homogène selon les segments du marché. Les travaux réalisés dans les logements reculent de 1,1 %, tandis que les interventions dans les locaux non résidentiels diminuent de 1 %.
Au quatrième trimestre 2025, la tendance reste similaire. L’activité d’entretien-rénovation diminue de 1 % en volume par rapport au quatrième trimestre 2024, alors qu’en valeur elle progresse légèrement, portée par l’évolution des prix.
Ces résultats traduisent un marché qui se maintient, mais dont la progression s’essouffle progressivement après plusieurs années de croissance.
Des disparités régionales importantes
Derrière la moyenne nationale, les dynamiques territoriales apparaissent contrastées. Certaines régions enregistrent des reculs plus marqués.
L’Île-de-France figure parmi les territoires les plus touchés, avec une baisse de 2,2 % de l’activité d’entretien-rénovation en 2025. Le sud de la France connaît également un ralentissement notable, notamment en Provence-Alpes-Côte d’Azur (-1,8 %) et en Occitanie (-1,6 %).
À l’inverse, quelques régions parviennent à maintenir une légère progression. La Bretagne affiche une hausse de 0,8 %, tandis que les Pays de la Loire enregistrent une croissance de 0,3 %.
Ces écarts témoignent de marchés locaux aux dynamiques différentes selon la conjoncture économique et la structure des activités du bâtiment.
La rénovation énergétique marque également le pas
La rénovation énergétique, pourtant identifiée comme un moteur majeur de la transition du secteur du bâtiment, connaît également un ralentissement.
Au quatrième trimestre 2025, les montants facturés pour ces travaux diminuent de 1,4 % en volume, un recul légèrement supérieur à celui observé pour l’ensemble de l’entretien-rénovation.
Le rapport souligne que plusieurs régions enregistrent des baisses significatives, notamment l’Île-de-France (-2,3 %), l’Occitanie (-2,2 %) et la Provence-Alpes-Côte d’Azur (-2,2 %).
Comme l’indique l’étude : « Les montants facturés pour des travaux de rénovation énergétique se replient de 1,4 % ce trimestre, contre 1 % pour l’ensemble de l’entretien-rénovation. »
Aucune région ne se distingue par une hausse sur ce segment au cours de la période observée.
Des carnets de commandes en recul
Les indicateurs de visibilité des entreprises montrent également un tassement de l’activité à court terme. Les carnets de commandes en entretien-rénovation atteignent en moyenne 13,3 semaines de travail garanties à la fin du quatrième trimestre 2025.
Ce niveau reste relativement solide, mais il recule par rapport aux périodes précédentes. En deux trimestres, les entreprises ont perdu 1,3 semaine de visibilité sur leur activité future.
Certaines régions présentent toutefois des situations plus favorables. Les carnets de commandes atteignent 16,7 semaines en Bourgogne-Franche-Comté et 16,5 semaines en Bretagne, alors qu’ils tombent à 9,5 semaines en Île-de-France.
Des entreprises plus prudentes pour le début de 2026
Les perspectives pour le premier trimestre 2026 confirment un climat de prudence dans la filière.
Seules 11 % des entreprises anticipent une hausse de leur activité, dont 1 % seulement une forte progression. À l’inverse, 40 % des répondants s’attendent à un recul de leur chiffre d’affaires dans l’entretien-rénovation.
Le solde d’opinion des entreprises s’établit ainsi à -29, un niveau particulièrement bas pour cet indicateur conjoncturel.
Le rapport souligne l’ampleur de cette dégradation : « Le solde d’opinion tombe à -29 et égale ainsi son plus bas niveau enregistré depuis 2018 et le début de ce baromètre. »
Cette tendance négative concerne aussi bien les travaux réalisés dans les logements que dans les bâtiments non résidentiels.

Consulter ici l’activité entretien-rénovation du Bâtiment en France au 4ème trimestre 2025









